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Damien Van Achter, l'accélérateur de médias

Sarah Godard

Ex-Monsieur réseaux sociaux de la RTBF, Damien Van Achter, aka Davanac, a cofondé l’accélérateur de start-ups Nest’Up, qui présentait hier à Louvain-la-Neuve, son demo day placé sur le thème de la gamification.

Journaliste, entrepreneur, professeur, blogueur, stratège du web, idéaliste numérique. Damien Van Achter est difficile à faire rentrer dans les cases. "Le plus important pour moi, c’est de rester consistant et cohérent dans tout ce que j’entreprends", résume-t-il, un brin songeur. À bientôt 40 ans, ce père de trois filles conserve intacte cette soif d’apprentissage et de compréhension du monde qui le guide depuis le début.

Damien Van Achter, alias Davanac sur les réseaux sociaux, fait ses premiers pas dans le petit monde des médias belges au début des années 2000. À son retour des Etats-Unis où il a séjourné pendant deux mois, il entame une formation pour apprendre le néerlandais. "Comprendre comment les choses fonctionnent, comprendre les langues (HTML, Java, C ++), c’est essentiel pour moi et ça m’a toujours guidé", confie celui qui considère l’agence de presse Belga comme une "belle école".

La carte de presse

En 2011, Damien Van Achter informe la Commission d’agréation qu’il ne tire plus l’essentiel de ses revenus d’activités strictement journalistiques. Il se voit donc retirer sa carte de presse. Cet épisode, il le perçoit comme le symbole d’un monde à deux vitesses. C’est le déclic: Davanac plonge dans le monde entrepreneurial.

Vie privée

En matière de vie privée sur internet, Damien Van Achter a une devise. "Tout ce que je veux garder pour moi, je ne le numérise pas." Simple et efficace.

Il y fera ses premières classes entre 2002 et 2007 et y apprendra la rigueur, le poids des mots.

Un expérimentateur

C’est durant cette période aussi qu’il se spécialise dans les matières technologiques et économiques de l’information. "C’était une époque où ça commençait à bouger pas mal dans les médias. On s’interrogeait sur l’avenir de son modèle économique", se souvient celui qui n’a jamais arrêté de bloguer depuis 2005. "J’ai plus de 3.000 posts. Ce blog m’a littéralement servi de terrain d’expérimentations. Ma cave est remplie de podcasts", s’amuse-t-il.

Alors qu’il faisait déjà des chroniques radio et TV pour la RTBF, il quitte Belga pour rejoindre les rangs de l’entreprise publique. En 2008, il est nommé social media manager. Son job? Construire et implémenter toute la stratégie de réseaux sociaux de l’entreprise. Parallèlement, il organise et participe à la première webmission à San Francisco avec notamment Xavier Damman, le fondateur de Storify.

Durant ces années, il traverse souvent l’Atlantique pour s’imprégner de l’évolution numérique des médias américains et rencontrer des personnes de référence dans le secteur de la communication. "Quand le département d’Etat américain m’a offert la possibilité de participer à un International Visitor Leadership, je n’y ai pas cru tout de suite", se souvient-il. Sur place, il rencontre notamment l’équipe de Barack Obama qui pilote sa stratégie médias.

Après la RTBF, Damien Van Achter met le cap sur Paris où il rejoint Owni.fr, un média d’enquête et de data-journalisme dédié aux cultures numériques. "C’était une aventure magnifique, j’ai appris à coder, j’ai développé des notions de design et tout ce qu’il ne faut pas faire quand on lance sa boîte", assure-t-il.

  • Né à Namur en 1977, Damien Van Achter est diplômé en communication à l’ISFSC.
  • Marié et père de famille, il a débuté comme journaliste chez Belga en 2002.
  • En 2008, il est nommé social media manager à la RTBF.
  • En 2011, il rejoint l’équipe de Owni.fr à Paris et lance ses premières Masterclass Media.
  • En 2012, il lance le lab.davanac et cofonde Nest-Up, le premier accélérateur de start-ups en Belgique francophone.

Professeur invité à l’Ihecs, il lance ses premières masterclass en 2011. "L’idée, c’est d’offrir une expérience aux étudiants en journalisme en les plaçant dans un cadre propice pour qu’il y ait des étincelles. C’est non seulement un cadre technique mais c’est aussi le fait d’insuffler un état d’esprit entrepreneurial."

Toujours dans la même veine, Damien Van Achter lance alors sa boîte: le lab.davanac, un van ultra-connecté qui exploite largement technologies de captation et de diffusion de contenus audioviduels en mobilité.

S’il ne se considère pas comme un professeur, Davanac applique, à l’instar d’une flopée d’entrepreneurs, le principe du "Pay it Forward" en créant un pont entre le monde des start-ups et celui des médias. C’est sans doute dans le même esprit qu’il a cofondé avec Olivier Verbeke Nest’Up, le premier accélérateur de start-ups en Belgique francophone.

L’aventure est loin d’être terminée pour celui dont la devise est: "First, learn the rules, then break them". Mais les valeurs qui le guident sont immuables tout comme les raisons qui poussent ce grand gaillard à se lever le matin. Continuer obstinément à expérimenter des "solutions innovantes pour améliorer les systèmes éducatifs, culturels, médiatiques, politiques et donner les meilleures cartes aux acteurs du changement".

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