Dans le garage de Michel Leempoel, vélo d'un genre nouveau et oldtimers se côtoient

©Frédéric Pauwels / HUMA

Après 39 ans au volant de l’hebdo le plus lu en Belgique francophone, Ciné Télé Revue, le patron se concentre désormais sur deux autres projets: Ecce Cycles et Racingold.

Dans un vaste espace vitré, en plein cœur du Brabant wallon, ils sont là, nichés entre une Lancia Fulvia HF 1600, une Maserati Mistral ou encore Ferrari 365 GT 2 + 2. Ces fameux vélos d’un genre nouveau, nés de l’imagination du designer belge Pierre Lallemand: les Ecce Cycles.

L’idée? De s’affranchir du cadre classique, triangulaire, afin "de créer des vélos d’exception destinés à se balader". Et de fait, avec un prix oscillant entre les 7.000 et 9.000 euros, il est clair que les vélos ici présents ne sont "pas faits pour la vie de tous les jours", reconnaît Michel Leempoel, instigateur du projet qui nous reçoit dans son bureau.

Un choix. Résultat: trois ans après la sortie d’usine du premier vélo, 4 unités seulement ont pour l’heure trouvé preneur, deux en version carbone, deux en version bois. Si l’une d’elles est partie "jusqu’au Mexique via le Brésil" par exemple, achetée par un milliardaire d’Amérique latine qui collectionne les vélos de prestige, une autre est, elle, exposée au Canterbury (famille Niels), ce resto situé aux bords des étangs d’Ixelles.

Un déclic. Et pour cause, fort de cette réalité d’objet d’exposition plus que d’utilisation, un nouveau champ d’action a récemment été défini par Ecce: les collectionneurs de vélos et les amateurs d’art. Une vague nouvelle que l’homme, qui est aussi propriétaire de Ciné Télé Revue, a décidé d’embrasser après avoir vu ses créations customisées par divers artistes.

À présent, les vélos de la marque peuvent être vus dans toutes les couleurs, du rose au vert fluo, au gré des envies des créateurs entre les mains desquels ils passent. Et c’est tant mieux, car "quand un artiste décore un vélo, il le rend encore plus unique", glisse le patron. À l’instar des sept exemples que les regards les plus attentifs (et curieux) auront pu observer à la mi-année, par exemple, au Strokar Inside, ce temple du graffiti hébergé temporairement dans les murs de l’ancien Delhaize Molière, à Ixelles, propriété de Besix Red. L’événement clôturé, "l’objectif est maintenant de les faire tourner dans des expositions de street art".

Recherche de partenaire

"Avec Ecce Cycles, nous visons un marché de niche, d’exception."
Michel Leempoel
Propriétaire de Ciné télé Revue, Ecce Cycles et Racingold

Du reste, pour 2019, le patron entend étudier un déploiement dans le haut de gamme, ce qui n’a rien d’une mince affaire. Pour y parvenir, il confie chercher un partenaire prêt à co-investir dans le développement de l’entreprise, amenant de la trésorerie, certes, mais qui s’impliquerait dans le même temps dans la distribution de la marque, "même s’il est clair qu’on ne fera jamais de gros volume. En fait, avec Ecce, nous visons un marché de niche, d’exception".

En ce sens, il nous revient que des contacts ont été pris avec la maison française Louis Vuitton (groupe LVMH). Pourquoi pas un acteur du monde du vélo? Parce qu’Ecce n’aura de l’avenir que dans le grand luxe – ce qui nécessiterait d’aller encore plus loin dans les finitions –, d’après Michel Leempoel, là où le prix n’est plus un facteur. "Dès lors, cela ne ferait pas sens d’être présent dans des magasins de vélos où se côtoient une vingtaine de marques plus en adéquation, rapport qualité-prix, avec ce que les gens veulent faire d’un vélo". Avant de blaguer: "Ce serait comme de vendre une Ferrari dans un supermarché."

Côté image, la marque a fait appel aux frères Borlée pour sa communication – "le rêve aurait été Clooney ou Federer, mais, dans l’état actuel des choses, c’est impayable", sourit notre interlocuteur. Pour ça, il n’aura eu qu’à faire jouer son réseau… familial, puisque son fils, Sébastien Leempoel (actif au sein de la scale-up spécialisée en big data Riaktr), n’est autre que le mari d’Olivia Borlée.

Aidé par Ridley

©Frédéric Pauwels / HUMA

Si Michel Leempoel est tombé dans le vélo, c’est sur un coup de cœur, tirant sa source d’une passion véritable pour tout ce qui roule. Puis, l’idée s’est transformée "en challenge", avec son lot de difficultés techniques pour lesquelles l’équipe aux commandes a été jusqu’à frapper à la porte du fabricant belge de vélos Ridley "qui nous a pris en sympathie et a permis à un de ses ingénieurs de nous consacrer du temps".

Désormais, le projet est là. Un peu en gestation, faute de ressources pour mener la barque plus loin. Pour autant, Michel Leempoel, de son côté, ne manque pas d’activités. Après avoir nommé un nouveau CEO pour le remplacer après 39 ans passés à la tête de Ciné Télé Revue (l’hebdo le plus lu de Belgique francophone, créé en 1944 déjà par Jean Leempoel, son grand-père, et Joe Van Cottom, et toujours entre les mains de la famille), l’homme s’adonne aujourd’hui pleinement à une autre passion dans les 2.500 mètres carrés de locaux qu’il occupe, mais sur quatre roues cette fois: les oldtimers.

Sur plusieurs niveaux, se côtoient une activité de dépôt/vente, un service d’entretien et de réparation confié au mécanicien et carrossier Stéfano Valenti (passés 17 ans par Alfa Roméo), ainsi qu’une activité de gardiennage haut de gamme "full service".

Une idée qui a germé il y a six ans de cela déjà, pour déboucher sur "trois années de folie", à l’heure du boom des oldtimers. "Malheureusement, on s’est retrouvé face à une bulle." Aujourd’hui, si l’activité est plus calme du côté des transactions, elle passionne toujours autant le patron qui entend continuer de plus belle l’aventure.

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