David Goffin | L'ascension réfléchie d'un surdoué

David Goffin est le premier joueur belge de tennis à entrer dans le top 10 mondial. Mais gare aux lendemains qui déchantent. Le Liégeois a beaucoup de points à défendre dans les semaines qui viennent.

Il l’attendait depuis longtemps, cette fois, ça y est: David Goffin est enfin entré dans le top 10 mondial suite à sa finale dimanche à Rotterdam. Il est le premier tennisman belge à entrer dans le saint des saints, le 4e si on compte les filles, Justine Henin, Kim Clijsters et Dominique Monami.

Cette accession confirme la lente mais régulière progression du Liégeois, qui s’était fait connaître en 2012 en malmenant le roi Roger Federer en huitième de finale de Roland-Garros. Comme s’il avait eu du mal à digérer cette ascension rapide, il chuta ensuite au classement ATP (Association des joueurs de tennis professionnels) pour tomber au-delà du top 100 début 2014. Il prit alors la sage décision de jouer des tournois moins prestigieux et moins rémunérateurs, histoire d’enchaîner des victoires et donc de la confiance. Bien vu. Au passage il signa ses premiers – et seuls – succès en tournoi ATP et, en une demi-année, passa de la 106e à la 22e place, ce qui lui valut d’être récompensé du prix du come-back de l’année par l’ATP.

Le profil
  • Né en 1990 à Liège.
  • Débute le tennis à 6 ans avec son père, entraîneur au club de Barchon. Droitier, revers à deux mains. Professionnel depuis 2009
  • Alors inconnu, il malmène Roger Federer en 1/8e de finale à Roland Garros en 2012
  • Gagne ses deux seuls tournois ATP en 2014 (à Kitzbühel et à Metz)
  • Premier quart de finale en Grand Chelem à Roland Garros en 2016
  • Entre dans le Top 10 de l’ATP le 20 février 2017

La suite, ce fut une progression régulière: en 2015, David Goffin fut le leader de l’équipe belge qui se hissa en finale de Coupe Davis et en 2016, il atteignit les demi-finales de ses deux premiers "Masters 1000", des tournois situés juste en dessous de ceux du grand chelem ainsi que les quarts de finale de Roland-Garros. Rebelote en début d’année avec un quart à l’Open d’Australie.

Dans le même temps, David Goffin a continué à atteindre régulièrement des finales de tournoi… avant de les perdre, soit huit finales pour six défaites. "C’est un peu son problème, il manque encore de gnaque dans les matchs décisifs, observe Pierre-Olivier Beckers, ex-CEO de Delhaize et président du COIB, qui a appris à le connaître lors des derniers JO: je l’ai entendu dimanche dire qu’il était content d’entrer dans le top 10, j’aurais préféré l’entendre râler d’avoir perdu la finale!" De fait, et c’est un de ses autres blocages, il peine à s’imposer contre les tout meilleurs: même s’il a triomphé de solides joueurs du top comme Wawrinka, Cilic, Thiem, Berdych ou Raonic, il n’a jamais battu en tournoi officiel les méga-stars que sont Federer, Djokovic, Murray ou Nadal. "Cela viendra, ajoute Pierre-Olivier Beckers, c’est quelqu’un de réfléchi qui n’a jamais voulu brûler les étapes."

David Goffin ne manque pas de mérites. À l’heure où le tennis est composé essentiellement de gros frappeurs de fond de court culminant à plus d’un mètre nonante, c’est un des plus petits et un des plus légers joueurs du circuit professionnel: 1,80 mètre pour 68 kilos. Des "handicaps" qu’il compense par un excellent jeu de jambes, une grande vivacité et une rare intelligence de jeu. Bref, David Goffin est "beau à voir jouer". Avec son physique de jeune premier et sa progression dans le ranking, il intéresse de plus en plus les sponsors, qui apprécient ce joueur au look plutôt "classe". Comme nous le confiait son agent, la Française Karine Molinari, à la veille du dernier Roland Garros: "Désormais, ce sont les sponsors qui viennent à nous alors qu’auparavant, on devait les démarcher."

Mais en tennis, sans doute encore plus que dans d’autres sports, le plus dur n’est pas d’arriver au sommet mais bien de s’y maintenir.

Dans quelques semaines, David Goffin enchaînera les tournois Masters 1000 d’Indian Wells et de Miami, où il aura beaucoup de points à défendre (pour rappel, deux demi-finales). Il pourra pour ce faire s’appuyer à la fois sur une de ses plus grandes qualités – un calme à toute épreuve – et sur son nouveau statut: désormais, David Goffin fait peur à ses adversaires…

Un portefeuille déjà bien garni

À 26 ans à peine, David Goffin a déjà empoché plus de 5,3 millions d’euros en tournoi. A cela s’ajoutent ses contrats publicitaires, dont le montant est top secret. En mai 2016, son agent nous indiquait qu’il gagnait encore davantage d’argent sur le court qu’en dehors, seule une infime minorité de stars gagnant plus en contrats commerciaux qu’en tournoi.

Un héros très discret

David Goffin est tout sauf bling-bling. Personnage assez lisse, il aime se détendre à Monaco, où il réside, et jouer au golf. On ne lui connaît guère de passion extravagante et il ne fait jamais la une de la presse people.

Chéri des sponsors

David Goffin est sous contrat avec Asics (chaussures et textile), Wilson (raquettes), Peugeot, AA Drink (boissons énergisantes) et Piaget (montres). "C’est un vrai passionné d’horlogerie, assure Barbara Honorez, porte-parole de la marque, il est très accessible et humble; son image colle bien à celle de Piaget, une marque de prestige, mais jeune et assez accessible et plus lifestyle."

 

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