Des boîtes à tartines soutenues par le fonds de Pierre Mottet

©Dieter Telemans

Parmi les projets qui seront soutenus cette année par le fonds SE’nSE, créé par Pierre Mottet, président d’IBA: Oh My Box!, qui livre des ‘lunchboxes’ saines dans les écoles. Une idée de de Julie Vandeput et Aline Goffin.

Leur coopérative est encore à créer – ce sera chose faite le 30 novembre – mais elles livrent déjà 22 écoles. C’est en étant confrontées elles-mêmes à la difficulté qu’il y avait souvent, dans la vraie vie, à préparer la boîte à tartines de rêve pour ses enfants – colorée, équilibrée et délicieuse – que le projet a commencé à germer. Oh My Box! livre à la demande des parents sandwiches, salades, wraps ou quiches pour le midi dans les écoles.

Deux autres lauréats du fonds SE'nSE

Deux autres projets ont été retenus par le fonds SE’nSE cette année et vont également bénéficier d’un prêt de 50.000 euros: la coopérative Urbike, qui teste en Région de Bruxelles-Capitale la livraison de marchandises par vélo-remorque, et Usitoo, un dépôt installé à Anderlecht qui contient des milliers d’objets, des robots ménagers au matériel de fêtes, que l’on peut emprunter plutôt qu’acheter.

L’entreprise, couvée par la coopérative Azimut, a démarré en mode test en mai 2017, avec quatre écoles seulement. Elle est aujourd’hui installée chez les Artisans de Bossimé, à Loyers, qui dispose d’une cuisine partagée. "Cela nous a permis de tester notre modèle et de procéder par essais et erreurs, étant donné qu’au moment où nous nous sommes lancées, il n’y avait guère de benchmark", explique Julie Vandeput.

Après avoir tenté de livrer chaque école tous les jours, elles ont ainsi décidé de se concentrer, dans un premier temps, sur un jour par semaine. "Cela permet d’optimiser les livraisons, et cela facilite la gestion de l’approvisionnement et les préparations", poursuit Julie Vandeput.

Depuis, d’autres initiatives concurrentes ont vu le jour, mais les deux partenaires veulent les voir plutôt comme une émulation que comme une menace. "Nous voulons créer une entreprise qui fonctionne et qui soit rentable, mais si d’autres sont actifs sur le même créneau, ce n’est pas un souci", affirme Aline Goffin.

Un mariage, au sens propre

Aline Goffin (à gauche) et Julie Vandeput (à droite), les cofondatrices de Oh My Box! ©Dieter Telemans

C’est grâce à une amie commune, dont elles ont été témoins de mariage, qu’elles se sont rencontrées. "Chacune de notre côté, nous pensions à travailler sur l’alimentation dans les écoles. Cette amie nous a encouragées à en discuter, nous sommes allées ensemble à un week-end entrepreneurs, et nous avons décidé de nous lancer", expliquent les deux cofondatrices de Oh My Box!

Ingénieur en gestion de l’UCLouvain, Julie Vandeput (36 ans) avait commencé sa carrière au département Finance d’ArcelorMittal, avant de rejoindre Bidfood, un grossiste alimentaire qui livrait les grandes cuisines des collectivités. "J’avais envie de revenir à des produits plus bruts et plus sains, et de parler produits plutôt que prix et actions promotionnelles", raconte-t-elle.

Aline Goffin (34 ans) est, elle, bioingénieur de l’UCLouvain. Après un bref passage dans un bureau d’étude, elle a travaillé dans la dépollution des sols, pour Universoil puis pour Ecoterres. "J’avais envie d’autonomie et de liberté, et d’un boulot plus en phase avec mes valeurs", explique-t-elle.

Leur volonté? Proposer des produits sains et équilibrés, en privilégiant l’approvisionnement local. "Mais au-delà de la lunchbox, qui n’est qu’un moyen, nous voulons sensibiliser à l’alimentation durable, souligne Julie Vandeput. Nous avons ainsi organisé un atelier grands-parents/enfants axé sur la confection d’un menu durable. Ou un brunch avec des activités autour de l’alimentation durable."

Cette dimension de leur projet a joué dans sa sélection par le fonds SE’nSE, créé par Pierre Mottet, président d’IBA, afin de soutenir des jeunes entreprises à impact environnemental élevé – un fonds géré par la Fondation pour les générations futures. Le prêt subordonné convertible de 50.000 euros qu’elles vont recevoir doit en effet les aider à renforcer ces actions de sensibilisation auprès des enfants.

La collaboration plutôt que la concurrence

Les cofondatrices d’Oh My Box! n’ont pas hésité à accueillir plusieurs mois durant de futurs concurrents dans leur cuisine. "C’est peut-être un peu naïf, mais nous n’avons rien à cacher, et si nous partageons les mêmes valeurs, on se dit qu’il vaut mieux collaborer."

Le déclic

Le week-end entrepreneurs auquel elles ont participé ensemble a servi de déclic à leur projet. "En discutant avec des gens qui ont fait cette démarche, des barrières tombent et on se sent plus forts. Cela nous a permis de nous dire: allez, go!"

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