Elizabeth Warren, l'ennemie préférée de Trump se lance

La sénatrice Elizabeth Warren, régulièrement dénigrée par un Donald Trump qu’elle déteste profondément, vient de faire un premier pas vers une candidature à la présidentielle américaine de 2020.

Elizabeth Warren a annoncé le 31 décembre sur Twitter qu’elle mettait sur pied un "comité de soutien" à une très probable candidature à l’investiture démocrate en vue de la présidentielle américaine de 2020. C’est emmitouflée dans sa doudoune que la sénatrice du Massachusetts a ensuite répondu aux questions de la presse depuis le pas de sa porte à Cambridge. "Je me bats parce que je comprends ce qui arrive aux familles de travailleurs", a-t-elle lancé, flanquée de son mari, Warren Mann, un professeur de droit à Harvard, et de son golden retriever.

Le Globe dit "non"

Début décembre, l’équipe éditoriale du Boston Globe, le journal de référence du Massachusetts, a appelé Warren à ne pas se présenter. D’après elle, la sénatrice représente une figure politique trop clivante. Le Boston Globe estime également que Warren a fait son temps. En 2015, le journal l’avait pourtant appelée à se présenter contre Hillary Clinton.

Rien n’aura été laissé au hasard pour dresser un contraste avec les fastes dont raffole son ennemi juré, Donald Trump. Mais c’est sur le terrain populiste qu’affectionne tant le Président que Warren a décidé de le défier. La lutte contre un système politique corrompu, inféodé aux riches et aux grandes entreprises, était au cœur du message de la sénatrice. C’est sur cette même lutte qu’elle basera sa campagne une fois qu’elle annoncera officiellement sa candidature (ce qui ne saurait tarder).

Mais Warren parviendra-t-elle à rassembler un parti démocrate plus diversifié et déchiré que jamais avec une telle approche? En 2016, le sénateur du Vermont Bernie Sanders avait failli faire dérailler la candidature d’Hillary Clinton à l’investiture démocrate en galvanisant l’aile gauche du parti et les jeunes électeurs. Pas sûr que ça marchera en 2020 pour Warren, surtout si Sanders retente sa chance. Puis, tous les idéaux égalitaires qui en avaient tant séduit en 2016 pourraient s’évanouir devant l’ampleur du défi qui se présentera aux démocrates en 2020: trouver la perle rare qui pourrait déloger Trump de la Maison-Blanche.

Un test ADN polémique

Qualifiée de "Pocahontas" par le président Trump qui se moquait du fait qu’elle revendiquait des origines amérindiennes, Warren a révélé en octobre les résultats d’un test ADN prouvant qu’elle a bel et bien de lointains ancêtres amérindiens. Sa démarche n’a pas fait l’unanimité dans les rangs démocrates et a suscité des grincements de dents au sein de la communauté amérindienne.

 

Les plus pragmatiques pourraient se dire que ce n’est pas une passionaria de gauche, blanche et septuagénaire qui y parviendra. D’autres candidats potentiels pourraient s’avérer plus séduisants comme la sénatrice Kamala Harris, son confrère Sherrod Brown ou Beto O’Rourke, le jeune député qui a failli réussir l’exploit de ravir un siège de sénateur du Texas en novembre. Sans oublier l’ancien vice-président Joe Biden qui pourrait sortir du bois dans les prochains mois.

Déjà prête

Elizabeth Warren dispose déjà d’une équipe prête à faire campagne dès qu’elle annoncera sa candidature. Elle a passé 2018 à sillonner le pays, officiellement pour soutenir des candidats démocrates aux élections de mi-mandat de novembre dernier. Fin novembre, elle disposait de 12,5 millions de dollars en cash, selon le site internet Opensecrets.org.

Ses combats

C’est en plaidant avec acharnement pour une plus grande régulation de Wall Street que Warren s’était fait connaître du grand public au lendemain de la crise financière de 2008. Sa réputation était telle que les républicains bloquèrent sa nomination à la tête de l’Agence financière de protection des consommateurs qu’elle avait largement contribué à mettre sur pied.

Entrée au Sénat en 2013, elle s’y bat avec acharnement contre les efforts déployés par l’administration Trump pour vider de leur substance les mesures prises par l’administration Obama et le Congrès pour mieux encadrer le secteur financier. Elle y plaide également pour des soins de santé et un enseignement universitaire plus accessibles et s’y fait régulièrement l’avocate d’une hausse de l’impôt frappant les grosses fortunes.

Le profil
  • Née Elizabeth Herring en 1949 à Oklahoma City. Warren est le nom de son premier mari.
  • Logopède et juriste de formation. Se spécialise dans le droit des faillites.
  • Enseigne dans plusieurs universités, dont Harvard.
  • Contribue à mettre sur pied l’Agence financière de protection des consommateurs en 2010.
  • Elue sénatrice en 2013.
  • Refuse de se présenter à la présidentielle de 2016, malgré de nombreux appels en ce sens.
  • Annonce le 31 décembre 2018 la mise sur pied d’un "comité de soutien" pour la présidentielle de 2020.

Lire également

Publicité
Publicité