Gianni Infantino, le candidat inattendu veut rempiler

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À l’époque, on ne l’avait pas vu venir. Gianni Infantino, président de la Fifa, a lancé sa campagne pour être réélu en 2019. Ce juriste est prêt à secouer le foot mondial pour convaincre un plus grand nombre.

A un an du vote pour la présidence de la FIFA, Gianni Infantino a reçu le soutien de Vladimir Poutine, hôte du Mondial 2018. ©AFP

Assis à côté du puissant Vladimir Poutine sur la Place Rouge, le président de la Fifa, Gianni Infantino assiste à un concert de musique classique et d’opéra. Un peu plus tôt dans la journée de mercredi, l’homme fort de la Russie l’encensait. "Il a repris la barre de la Fifa à un moment compliqué mais c’est un combattant", déclarait le président russe, saluant "son engagement dans les principes du sport" et son "ouverture d’esprit", avant d’échanger une franche poignée de main devant les photographes. La première image d’une campagne, bel et bien lancée. Gianni Infantino brigue un second mandat à la tête de la Fifa.

Le profil
  • Juriste de formation, Gianni Infantino débute sa carrière comme conseiller des ligues italienne, espagnole et suisse.
  • En 2000, il rentre à l’UEFA au service juridique. Il gravit les échelons et devient secrétaire général en 2009.
  • En 2015, suite à la suspension de Michel Platini, il annonce sa candidature à la présidence de la Fifa. Il gagne au second tour avec 115 voix sur 207.

Il paraît loin le temps où Gianni Infantino était le bras droit de Michel Platini à l’UEFA. À l’époque, le juriste italo-suisse natif du canton du Valais était surtout connu du grand public comme le chauve des tirages au sort. Secrétaire général de l’UEFA de 2009 à 2016, l’Europe pouvait l’apercevoir tous les ans lors du tirage au sort de la prestigieuse Ligue des Champions. Il avait également été maître de cérémonie pour le tirage au sort de l’Euro 2012 et de l’Euro 2016.

Quand les ennuis avaient frappé à la porte de son patron Michel Platini, l’homme avait réussi à habilement se placer. Alors que beaucoup s’interrogeaient sur sa volonté de prendre la tête de l’association européenne des clubs, c’est en fait plus haut qu’il visait. Le coup était magistral. Tout le monde donnait l’Europe perdante après les 17 années de Sepp Blatter. Surtout que le reste du monde du football a une dent contre le poids de l’Europe au sein de l’organisme.

Depuis, l’homme a tenté de prouver sa volonté de réformer l’institution qui allait, il est vrai, de scandale en scandale. En clôture du 68e Congrès réunissant les 210 fédérations affiliées, à Moscou, à la veille du coup d’envoi du Mondial 2018 en Russie, Gianni Infantino avait le sentiment du devoir accompli. Tout d’abord, l’attribution du Mondial 2026 en faveur du trio Etats-Unis/Canada/Mexique, enjeu central de la réunion, s’est déroulée sans fausses notes ni accrocs. Le vote électronique des 203 membres votants de la Fifa (sans les pays concernés ou trop liés), mis en place pour la première fois, "s’est passé merveilleusement bien", s’est félicité Infantino, satisfait de ce "processus inédit, clair et transparent".

Redorer le blason

Gianni Infantino a réalisé une double première: partager un Mondial entre trois pays - le trio USA-Mexique-Canada accueillera la compétition en 2026 - et le faire par un vote ouvert des 203 membres de la FIFA. ©Photo News

Le dirigeant de 48 ans, qui s’est efforcé de redorer l’image de l’instance par la mise en place de réformes institutionnelles (limitation de la durée des mandats, contrôle d’intégrité des membres du Conseil…), a également mis en avant ses bonnes pratiques sur le plan financier. Il entend également réformer le marché des transferts de joueurs pour protéger la formation.

Reste maintenant à convaincre les affiliés. Infantino veut lancer une Coupe du monde des clubs, ce qui a pour don d’irriter les clubs qui ne font pas partie du super-top et des championnats comme celui de la Belgique, qui ne seront certainement pas conviés à l’événement. Qui plus est, la formule pourrait fâcher son ancien employeur, l’UEFA, qui ne veut pas voir sa Ligue des Champions se faire voler la vedette (et les sous qui vont avec) par une autre compétition internationale. L’autre idée d’Infantino est de créer une ligue dans laquelle s’affronteraient les sélections nationales, en plus des Coupes du monde tous les 4 ans. De quoi à nouveau fâcher l’Europe, qui vient de mettre une compétition similaire sur pied au niveau continental.

Mais il en coûtera peut-être ça à Infantino pour séduire en dehors de l’Europe et être réélu le 5 juin 2019 à Paris. Surtout que ses propositions s’accompagnent d’un gros chèque d’un consortium d’investisseurs saoudiens, chinois et japonais, de 25 milliards de dollars de revenus sur douze ans pour ces nouvelles compétitions.

Fair-play financier

Gianni Infantino avait réussi à se faire une carte de visite auprès des clubs en Europe après avoir contribué à la mise en place du fair-play financier.

Polyglotte

Gianni Infantino possède une qualité importante comme patron d’un organisme international. Il parle l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais et même un peu l’arabe.

Un Belge

Peu le savent, mais le football mondial a été dominé l’espace d’un an et 108 jours par un Belge. En 1954, Rodolphe Seeldrayers, ancien journaliste sportif, prend la tête de la Fifa, poste qu’il occupera un peu plus d’un an jusqu’à son décès.

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