Gilles Bazelaire, celui qui décloisonnait les mondes

©KIKK

L’homme qui se cache derrière le KIKK Festival, qui débute ce jeudi à Namur, est un homme éclaté. Un touche-à-tout curieux et sans limite dans son appétence pour l’innovation et le monde en général.

"J’adore voyager. Mais j’aime autant visiter des endroits inconnus que revenir dans des lieux connus comme cette microstation de ski italienne où l’on retourne chaque année en famille", explique Gilles Bazelaire. Le fondateur du KIKK Festival à Namur est un millénial, un "homme éclaté", dit-il. "Je m’intéresse à toutes sortes de choses et je suis vite excité par l’innovation", avoue ce père de famille, vice-président du club de Hockey de Namur où il est né il y a 42 ans.

Impossible de faire rentrer ce web designer de formation dans une case en particulier. S’il a travaillé pendant dix ans à Bruxelles dans diverses entreprises après ses études à l’école 75, Gilles Bazelaire et son frère Mathieu, qui fait aussi partie de l’aventure Dogstudio, sont des geeks purs et durs. "On a toujours aimé chipoter, reconnaît-il. Quand Flash est sorti à l’époque, on a commencé à créer toutes sortes de sites internet." Les premiers clients sont conquis.

Dogstudio à Chicago

Il y a environ une dizaine d’années, alors qu’il revient de Paris avec son ami Gaetan, Gilles Bazelaire et son comparse ont l’idée de créer Dogstudio, une agence digitale qui propose des solutions haut de gamme aux entreprises pour leur campagne de communication et/ou pour rebrander leur image. Ses clients sont principalement issus des secteurs du luxe, du divertissement, de la culture et de la biotech. L’entreprise, qui compte 7 associés, emploie aujourd’hui une trentaine de personnes et devrait réaliser un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2017.

Il y a un an et demi, la société a levé quelque 400.000 euros auprès de Wallimage pour accélérer son développement international. "La Belgique représente 65% de nos activités, commente Gilles Bazelaire. Le reste est à l’étranger, principalement le Moyen-Orient et les Etats-Unis." Il y a trois mois, Dogstudio a ouvert un bureau à Chicago. "C’est assez logique comme choix, c’est un pôle d’attractivité vraiment intéressant en termes de sciences, d’arts et d’industries", estime Gilles Bazelaire.

Œuvres en mouvement

En 2010, Gilles Bazelaire confonde également Superbe, un studio hybride spécialisé dans les installations interactives. "Le digital accélère un peu tout, commente Gilles Bazelaire. L’idée qui préside au développement de tous nos projets, que ce soit chez Dogstudio ou Superbe, c’est d’ouvrir toujours plus le champ des possibilités. On ne se fixe aucune limite."

Chez Superbe, on mélange l’électronique avec des objets physiques et numériques. "Pour le moment, par exemple, on a installé une œuvre générative au château de Namur, détaille Gilles Bazelaire. C’est un tableau accroché au mur dans une chambre. A chaque fois qu’on passe devant, il capte le mouvement et au final, cela crée une œuvre abstraite."

Un autre exemple? "On a créé une boîte noire dans lesquelles les gens sont invités à rentrer. On leur donne un ballon et une épingle. La lumière s’éteint. A ce moment-là, ils éclatent le ballon et une photo est prise", témoigne encore cet amateur de street food.

Un festival inclassable

Avec le KIKK Festival lancé il y a 7 ans, Gilles Bazelaire poursuit son rêve de décloisonner des mondes qui habituellement ne se croisent pas: les arts, les sciences et les technologies. "C’était notre impulsion de départ mais on n’a jamais pensé que ça marcherait aussi bien", reconnaît-il.

Le KIKK festival poursuit une belle croissance organique en parvenant à se faire rencontrer la crème du monde digital et un public toujours plus grand. L’année passée, il a attiré 15.000 personnes à Namur. En 2017, le thème choisi est celui de "la narration invisible", autrement dit de tout ce qu’on ne voit pas derrière le numérique.

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