Ibrahim Ouassari et Julie Foulon de MolenGeek: un exemple à suivre

L’ONU en septembre, Séoul en novembre. Le projet MolenGeek n’en finit pas d’être salué à l’international. Une reconnaissance pour ses cofondateurs, un exemple à suivre pour le monde?

Après les Etats-Unis où l’incubateur technologique/école de codage avait été mis à l’honneur à New York lors d’une conférence sur l’innovation numérique, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, les cofondateurs de MolenGeek s’envoleront pour Séoul ce mercredi. L’équipe, emmenée entre autres par Julie Foulon et Ibrahim Ouassari, qui a changé le visage de Molenbeek, y recevra l’un des premiers prix du Global Citizenship Awards, organisé par Samsung, pour son implication citoyenne. Une belle reconnaissance pour l’ASBL de la part d’un des leaders de la tech et les prémisses d’un développement international.

"MolenGeek a remporté un prix interne à Samsung pour son implication citoyenne et c’est très important pour nous", se réjouit Julie Foulon. Cela n’a l’air de rien comme ça mais pour l’ASBL, cela représente une reconnaissance internationale au sein d’un des groupes techs les plus puissants au monde. "Littéralement, cela signifie que MolenGeek est le meilleur projet international avec lequel ils travaillent."

Le profil
  • Lancé en mai 2015, MolenGeek n’a, au départ, l’intention que d’organiser des événements ponctuels pour aider les jeunes de la commune face aux inégalités de recrutement.
  • Le projet, qui reçoit progressivement le soutien public et privé de différents acteurs du domaine technologique, prend la forme d’une ASBL en juin 2016.
  • En plus d’être un incubateur technologique et social, MolenGeek a lancé sa propre école de codage en 2017.
  • MolenGeek a été invité à présenter son projet à l’ONU en septembre dernier.

Et cette reconnaissance va plus loin encore. "C’est important pour nous parce que cela solidifie notre partenariat avec Samsung dans le futur", explique Ibrahim Ouassari, cofondateur de MolenGeek. "Le fait d’aller sur place va nous permettre de rencontrer des CEO et responsables mondiaux", renchérit Julie Foulon. S’ils n’en diront pas plus, les cofondateurs de MolenGeek admettent, entre les lignes, qu’ils ont donc bel et bien des projets à l’international. Mais il est encore trop tôt pour en parler.

En quête de sens…

C’est que depuis le lancement en mai 2015, MolenGeek en a fait du chemin. A l’origine, le projet n’avait pas l’envergure qu’il a aujourd’hui. "MolenGeek, c’est la réponse d’entrepreneurs aux inégalités de recrutement auxquelles font face certains Molenbeekois", affirmaient les cofondateurs de l’époque lors du premier événement. Dès le départ, ils affirment clairement leurs ambitions: redonner confiance et montrer que l’entrepreneuriat est aussi accessible à ceux et celles qui n’ont pas réussi leurs études, qui n’ont pas une famille d’entrepreneurs, qui viennent d’ailleurs.

Assez rapidement, l’initiative recueille le soutien d’Alexander De Croo et d’une série d’acteurs privés et publics comme Google, Dell, Innoviris, Impulse et les incubateurs de KBC et de Microsoft. Ce n’est finalement qu’en juin 2016 que l’ASBL est créée. "Au début, nous sommes obligés d’investir et pour cela, nous avons besoin de subsides", explique Ibrahim Ouassari. "Mais aujourd’hui, on arrive à un moment où les jeunes de notre communauté commencent à apporter de la plus-value. Notre objectif, c’est d’atteindre l’indépendance financière. Nous devons montrer l’exemple", estime-t-il.

Dernièrement, MolenGeek a annoncé faire partie du projet qui a remporté l’occupation d’une partie des anciennes écuries Van de Tram à Schaerbeek. Objectif plus ciblé cette fois: développer un nouveau pôle de compétence axé sur les nouvelles technologies dans le domaine de l’audiovisuel. "On a eu la proposition en début d’année. On a évalué le marché. La thématique choisie a du sens, l’emplacement et le public visé aussi", explique Julie Foulon.

… et d’indépendance

L’ASBL part d’un constat: une poêlée de jeunes a appris à coder mais cela n’est pas suffisant. Ils sont nombreux à vouloir faire du design, de la communication, du e-marketing… "On sent un manque de diversité dans le panel de formations, estime Ibrahim Ouassari. L’idée c’est d’avoir les trois branches pour créer ta start-up: codage, design et marketing (ventes comprises). On essaye de les rendre indépendants pour qu’ils n’aient pas d’excuse à la non-activité."

Avec cette nouvelle antenne, MolenGeek veut favoriser la mobilité sociale et contribuer au développement des compétences digitales. "Pour nous, c’est un échec quand un jeune qui a fait toutes les formations nous annonce qu’il veut être chauffeur de bus, par exemple. A l’inverse, quand ils restent dans le domaine de la tech, on estime qu’on a gagné", conclut le cofondateur de MolenGeek.

Entrepreneur aussi
Pour Ibrahim Ouassari, MolenGeek n’est pas son unique projet. Il est également lui-même entrepreneur et a fondé UrbanTech et Crowdlfy.

Girleek
MolenGeek n’est pas non plus le seul projet de Julie Foulon. Elle a notamment lancé dès 2011 Girleek, un blog pour les femmes, autour des nouvelles technologies. Depuis, Girleek organise des événements où les femmes entrepreneurs sont invitées à présenter leur projet.

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