PORTRAIT: Il fonde sa start-up et devient la 5e fortune des USA en un mois

©ripple

Le fondateur de la start-up Ripple, Chris Larsen, profite de la forte hausse de la cryptomonnaie qu’il a créée. Mais sa fortune reste encore virtuelle.

S’il ne fallait retenir qu’un seul symbole de l’actuelle folie autour des cryptomonnaies, ce serait certainement lui: Chris Larsen, le cofondateur de la start-up américaine Ripple, à l’origine de la devise virtuelle XRP. La semaine dernière, cet entrepreneur chevronné est devenu brièvement le cinquième homme le plus riche des Etats-Unis, avec une fortune théorique de 60 milliards de dollars. Davantage que Larry Page et Sergeï Brin, les deux créateurs de Google, ou que les héritiers de Sam Walton, le fondateur de Walmart.

Fondée en 2012, Ripple a d’abord conçu un nouveau protocole permettant de réaliser des transactions électroniques transfrontalières en utilisant la blockchain, la technologie derrière la monnaie virtuelle bitcoin. La société fait miroiter deux avantages: des opérations quasiment instantanées et des commissions réduites. Elle affirme avoir signé des partenariats avec plus d’une centaine d’établissements, dont UBS, American Express ou encore Bank of America

Le profil
Le profil
  • 1960: Naissance à San Francisco
  • 1996: Crée la start-up E-Loan
  • 2005: Lance la plateforme de prêts Prosper
  • 2012: Fonde OpenCoin, qui deviendra ensuite Ripple
  • 2018: Devient brièvement la cinquième fortune américaine

En 2013, la start-up basée à San Francisco a lancé sa monnaie virtuelle, le XRP. À terme, son ambition est de convaincre ses clients de ne plus transférer des dollars, euros et autres devises traditionnelles, au profit du XRP. Selon Forbes, Chris Larsen possède un peu plus de 5% de l’ensemble des XRP en circulation. Il détient aussi 17% du capital de Ripple, qui garde la main sur 61% des XRP.

Pendant longtemps, le cours de la monnaie est resté assez faible. En janvier 2017, il ne s’élève qu’à 0,6 centime de dollars. Il commence à grimper au printemps, pour atteindre 25 cents début décembre. Puis monte en flèche, finissant 2017 à 2,50 dollars. Cela représente un bond de 36.000% sur l’année. La dynamique se poursuit en 2018. Jeudi dernier, le XRP bat un nouveau plus haut historique, à 3,82 dollars.

De 100 millions à 60 milliards

En un peu plus d’un an, la fortune en XRP de Chris Larsen est ainsi passée de moins de 100 millions de dollars à près de 60 milliards! Comme d’autres cryptomonnaies, le XRP ne sert pourtant à rien ou presque. Seul l’établissement mexicain Cuallix y a recours. Ripple promet que trois des cinq plus importantes firmes de transfert d’argent y recourront dès cette année. Une affirmation qui laisse de nombreux observateurs sceptiques.

Diplomé de Stanford, Chris Larsen est un vétéran de la Silicon Valley. Il a lancé sa première start-up en 1996, en plein boom internet: E-Loan, une plateforme qui offre des prêts immobiliers en ligne. L’entreprise entre en Bourse trois ans plus tard. L’entrepreneur quitte son poste de directeur général en 2005 pour fonder Prosper, la première plateforme de prêts entre particuliers sur internet. Le succès est à nouveau au rendez-vous.

En 2012, Chris Larsen démissionne une seconde fois pour créer une nouvelle société, OpenCoin, qui deviendra Ripple un an plus tard. Et qui fait aujourd’hui sa fortune. Mais celle-ci reste encore bien virtuelle. L’entrepreneur ne peut en effet pas vendre ses XRP. Et il est dépendant des fluctuations importantes du cours. Depuis le record de jeudi dernier, la devise a chuté de plus de 35%.

En bref

L’eBay des prêts personnels

À son lancement en 2006, Prosper ressemble à un eBay des prêts entre particuliers. Chaque emprunteur doit créer une annonce, qui donne ensuite lieu à une enchère pour déterminer le taux.

Défenseur de la vie privée

Au début des années 2000, Chris Larsen milite en Californie pour une loi obligeant les banques à obtenir l’accord de leurs clients pour utiliser leurs données personnelles. Il dépense un million de dollars en lobbying et obtient gain de cause.

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