James Reinhart, l'homme qui vide votre dressing

ThredUp, start-up spécialiste du seconde main, lève 100 millions de dollars et réalise des partenariats avec de grandes enseignes. Derrière ce succès, James Reinhart, un CEO qui en avait marre de son dressing inutilement rempli.

Il incarne l’imaginaire du jeune entrepreneur accomplissant ce rêve dans lequel personne ne croyait. Alors qu’il n’a jamais été attiré par le monde de la mode, James Reinhart occupe aujourd’hui le siège de cofondateur et CEO de ThredUp, une plateforme de vente en ligne de vêtements de seconde main.

Le profil
  • 39 ans, marié, trois enfants.
  • Diplôme en histoire et philosophie au Boston College, en 2001.
  • Entre 2001 et 2008 est actif dans l’éducation. Il aide au développement de la Pacific Collegiate School (Californie) et devient cofondateur de Beacon Education Network.
  • Diplôme d’Harvard Business School et Harvard Kennedy School en 2009.
  • Cofondateur et CEO de ThredUp à partir de 2009.

L’idée lui vient alors qu’il étudie encore à l’université. Frustré de ne pouvoir se débarrasser de ses vêtements encombrants, l’étudiant de Harvard se rend compte qu’il se trouve face à une opportunité. Il veut mettre en place un système pour faciliter la circulation du vêtement de seconde main. Aider les gens à vider leurs armoires, pour ensuite mettre en vente des pièces de marque et de qualité à prix drastiquement réduits. Convaincu de tenir la clé du succès, il commence alors à développer la start-up avec deux amis: Oliver Lubin et Chris Homer. L’un, rencontré au Boston College, établissement où James Reinhart a obtenu un premier diplôme d’histoire et philosophie. L’autre, durant ses années à la Business School de Harvard.

Les enfants grandissent, l’entreprise aussi

Prometteur

En 2015, Forbes inclut ThredUp dans sa liste des compagnies les plus prometteuses d’Amérique. Forbes estimait alors les revenus de celle-ci à près de 100 millions de dollars. James Reinhart ne révèle pas son chiffre d’affaires exact.

Persévérant

James Reinhart confie avoir été rejeté 27 fois par des investisseurs. Ceux-ci riaient ou s’endormaient lors de la présentation de son projet. Mais il ne se décourageait pas. Pour lui, parmi les centaines d’investisseurs disponibles, il suffisait de trouver le bon. À tout jeune rêveur, il conseille la persévérance.

Passionné d’éducation

ThredUp n’est pas son premier projet. En 2006, il a cofondé le Beacon Education Network, une organisation au service des étudiants à faibles revenus en Californie. Il a également aidé au développement d’une école publique californienne et a lui même enseigné.

 

Le concept a du mal à démarrer. Les investisseurs ne sont pas convaincus, ce qui pousse James Reinhart à injecter son argent, non sans l’aide de proches et d’amis. Lorsque le nom de la start-up commence à se répandre, les ventes ne sont toujours pas suffisantes. Jusqu’à ce qu’une statistique attire l’attention des jeunes entrepreneurs: les parents dépensent annuellement près de 1.000 dollars par enfant en achat de vêtements. Réorientation immédiate pour ThredUp: "Les enfants grandissent, les vêtements pas", devient son nouveau slogan. Désormais focalisé sur la revente des habits devenus trop petits pour les enfants, James Reinhart voit ses ventes décoller.

Presque par magie, les investisseurs accourent. Plus de 131 millions de dollars sont récoltés grâce à Goldman Sachs Investment Partners, Highland Capital Partners et Trinity Ventures, parmi d’autres. Aujoud’hui, la plateforme s’est étendue aux pièces féminines, chaussures, accessoires, etc. De plus, plusieurs magasins physiques ouvrent leurs portes aux États-Unis. Et, grâce à des partenariats, la firme va placer ses vêtements de seconde main chez  Macy's et JC Penney.

 

Approche pédagogique

James Reinhart se dit mener une "culture d’apprentissage", probablement liée à son passé de professeur. En effet, après Boston et avant Harvard le désormais businessman aidait au développement d’une école californienne. Au sein de son entreprise en expansion, il s’estime garder des vestiges de son passé pédagogique. Ainsi, deux fois par semaine, il instaure des "Maker Days", encourageant ses employés à plancher sur leurs projets et à se cultiver individuellement. Aucune réunion ne se prévoit durant ces journées particulières, travailler depuis chez soi est autorisé et les contacts sont limités.

Pour se ressourcer, James Reinhart aime consacrer du temps à sa femme et ses trois enfants. Après une virée camping, il se sent particulièrement énergique et prêt à affronter les difficultés. Il se dit aussi amateur de cyclisme, de golf et de whisky.

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