Joshua Wong, le visage de la jeunesse rebelle hongkongaise

Joshua Wong ©AFP

Le militant prodémocratie Joshua Wong, figure du Mouvement des parapluies, est sorti de prison. Sa bête noire? Carrie Laam, la chef de l’exécutif.

Hasard du calendrier, Joshua Wong a été libéré de prison lundi, au lendemain de la gigantesque manifestation qui a rassemblé plus de 2 millions de personnes dans les rues de Hong Kong ce dimanche. Après cinq semaines de prison, il affichait la même détermination derrière ses petites lunettes noires et son visage juvénile. Ce jeune garçon de 22 ans incarne depuis 2014, et la révolution des parapluies, une jeunesse hongkongaise révoltée.

Génie de la politique

À peine libéré de prison, il réclame la tête de la chef du gouvernement et rejoint un mouvement essentiellement composé comme lui de jeunes hongkongais. Quand on discute avec Joshua Wong il a sans cesse les yeux en mouvement. Il vit dans une course permanente contre la montre, enchaînant les interviews avec la presse du monde entier, les réunions politiques et les manifestations. Quand on le voit monter sur l’estrade comme lors des manifestations de 2014, ou encore comme lundi à sa sortie de prison, il ressemble à un frêle boxer traversant une foule en délire. Derrière ses airs d’étudiant sage, il est en fait un ancien mauvais élève qui a grandi dans une famille de la classe moyenne de Hong Kong. Peu brillant à l’école, il se révèle être un petit génie de la politique et se fait connaître dès 2011. Il n’a alors que 14 ans et se bat déjà à l’époque contre le pouvoir communiste de Pékin, un régime qu’il exècre.

Le profil
  • Ancien élève d’un lycée anglican à Hong Kong, il a étudié à l’Open University de Hong Kong.
  • Il est arrêté pour la première fois le 27 septembre 2014. Il est une des figures de proue du Mouvement des parapluies qui avait bloqué le cœur financier de la ville pendant des semaines pour demander le suffrage universel.
  • Il est incarcéré en mai 2019 et libéré le 17 juin 2019.

Son combat de l’époque: la volonté de Pékin d’imposer des cours d’éducation patriotique dans les écoles de Hong Kong. Il parle alors de "lavage de cerveau". L’année suivante, il lance un premier mouvement politique, Scholarism, et parvient à réunir plus de 12.000 manifestants devant le siège du gouvernement. Il sort alors de l’anonymat et devient le symbole de cette jeunesse hongkongaise révoltée, voire indépendantiste.

Il sera ensuite de tous les combats: Occupy central, le Mouvement des parapluies et maintenant celui contre la loi sur l’extradition vers la Chine. Sa bête noire c’est Carrie Lam la chef de l’exécutif, une marionnette de Pékin selon lui, dont il demande la démission.

Un habitué des coups de force

Joshua est habitué des coups de force, arrêté plusieurs fois pour des manifestations non autorisées il avait même eu l’audace de pénétrer dans les bureaux du gouvernement local. Un coup de force qui lui vaudra de voir sa chambre d’adolescent étudiant fouillée par la police, son ordinateur saisit tel un criminel. Il restera quarante heures en garde à vue avant qu’un juge n’ordonne sa libération. Les coups de force vont ensuite s’enchaîner jusqu’à sa condamnation à de la prison ferme.

Pour le gouvernement local et les autorités chinoises, Joshua Wong est un traître à la solde des Etats-Unis. On l’accuse d’être financé par la CIA et il est suivi en permanence par des agents de la sécurité chinoise.

Dans cette ville où le commerce passe avant tout et où la civilité est une religion, il a bousculé les habitudes d’une jeunesse hongkongaise que l’on disait endormie. Il doit forcément regretter de ne pas avoir manifesté avec ses camarades ces deux derniers dimanches, mais à coup sûr, il sera de toutes les manifestations à venir. Aujourd’hui, il est considéré comme un héros par de nombreux jeunes hongkongais.

Il a créé une app
Il a créé l’application mobile FireChat utilisée pendant le Mouvement des parapluies par les étudiants de Hong Kong pour se rassembler.

Qui sont ses modèles?
Ses modèles ne viennent pas de l’Occident mais il cite souvent Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix chinois mort en prison, et l’artiste chinois Ai Weiwei comme ses sources d’inspiration.

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