Karel Van Eetvelt, un sportif chez Febelfin

Après avoir dirigé l’Unizo pendant 13 ans, ce fan de vélo prendra le 1er octobre prochain les rênes de Febelfin et de l’ABB.

Du sport à Febelfin, c’est en quelque sorte le grand écart. Avec Karel Van Eetvelt, le lobby bancaire sera dirigé par un athlète, ce qui n’est sans doute pas un luxe vu les parcours d’obstacles auxquels la fédération bancaire est régulièrement confrontée. Karel Van Eetvelt quittera en effet le 1er octobre prochain l’Unizo, la fédération des indépendants et des PME en Flandre, après 13 années de bons et loyaux services, pour prendre la direction de Febelfin et l’ABB, l’Association belge des Banques et des Sociétés de Bourse. Il succède ainsi à Michel Vermaerke qui avait annoncé en mars dernier son intention de rendre son tablier.

À la base, Karel Van Eetvelt n’avait pas la fibre de l’indépendant. Très tôt en effet, ses parents le dissuadent de monter sa propre affaire. "Trop risqué", selon eux. Lui-même avoue qu’il a pendant longtemps nourri un a priori négatif à l’égard des indépendants, "des magouilleurs et des profiteurs roulant dans de grosses voitures". Comme quoi seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis…

Le profil
  • Né le 21 mars 1966 à Bornem (province d’Anvers)
  • Marié, deux enfants
  • Licencié en éducation physique (KU Leuven)
  • En 1991, il intègre le cabinet du ministre-président flamand Gaston Geens
  • En 1992, il entre chez Bouwunie, la fédération de la construction en Flandre
  • En 2004, il succède à Kris Peeters à la tête de l’Unizo
  • En 2009, il est nommé régent à la Banque nationale
  • Le 1er octobre 2017, il sera le nouvel administrateur délégué de Febelfin

"Mes parents me voyaient plutôt étudier le droit ou l’économie", se souvient-il. Pour faire de la politique probablement. Son père, Jozef Van Eetvelt, a été député CD&V pendant vingt ans ainsi que bourgmestre de la commune de Bornem pendant quarante ans, un record de longévité en Flandre.

Le jeune Karel se destinait pour sa part à une carrière sportive. "Mais je me suis rapidement rendu compte que je n’avais pas le niveau." Il se console donc avec une carte de supporter d’Anderlecht et une pratique intensive du vélo. Le 17 juin dernier, Van Eetvelt faisait partie des personnalités qui ont escaladé le Mont Ventoux en hommage à Tom Simpson, disparu tragiquement voici 40 ans.

Van Eetvelt considère le sport comme une bonne école. "En tant que professeur ou entraîneur, vous devez être à l’écoute des gens avec qui vous travaillez et pouvoir leur parler avec une certaine autorité. Dans des négociations difficiles, cela peut compter."

Les sirènes de la N-VA

Ce qui motive Karel Van Eetvelt, c’est l’engagement pour améliorer la société, "tout en sachant que la société idéale n’existe pas". Mais la politique ne le tente pas pour autant. En 2014, Bart De Wever a pourtant bien failli l’attraper dans ses filets. Comme il l’avait fait avec l’administrateur délégué du Voka, Philippe Muyters. Mais le patron de l’Unizo a refusé les avances. "Ce qui me dérange en politique, c’est l’absence de vision à long terme, justifie-t-il. Même s’il y a des exceptions. C’est pour cette raison que j’ai beaucoup de respect pour des gens comme Frank Vandenbroucke ou Yves Leterme."

Karel Van Eetvelt n’a jamais caché qu’il ne resterait pas éternellement à la tête de l’Unizo. Il se serait bien vu lancer sa propre boîte ou gérer une fédération sportive. Avec Febelfin, il a pris tout le monde de court, lui qui avoue parfois ne pas être très porté sur l’argent ou l’investissement. À nos confrères du Standaard, il déclarait récemment n’avoir jamais acheté pour plus de 1.000 euros d’actions en tout et pour tout, "surtout pour apprendre à connaître la Bourse". Qu’importe finalement, puisqu’il ne se voyait pas non plus à la base défendre les intérêts des indépendants.

Homme de consensus

Au traditionnel compromis belgo-belge, Karel Van Eetvelt préfère la notion de consensus. "Le compromis se résume souvent à accorder à chacun un petit quelque chose et à assembler le tout à la manière d’un puzzle. Le consensus, lui, s’appuie sur une approche nouvelle. On construit l’avenir. La réussite dépendra des gens qui sont autour de la table."

Recadré par Onkelinx

Homme de consensus (lire par ailleurs), Karel Van Eetvelt s’est pourtant mis les féministes à dos en déclarant en 2014 que la difficulté de combiner famille et travail ne concernait qu’une minorité parmi les femmes… Il faut dire qu’il avait été quelque peu poussé à la faute par la revendication du groupe de pression Femma en faveur de la semaine des 30 heures sans perte de salaire. Aujourd’hui, il admet que c’est Laurette Onkelinx qui l’a conscientisé par rapport aux difficultés que vivent les femmes actives.

 

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