Leo Goovaerts, l'homme qui fait venir la lumière

Une belle victoire pour l’homme d’affaires flamand, avocat et ancien politicien libéral: sa société, EcoNation, a reçu un prestigieux prix européen de l’environnement.

Leo Goovaerts est aux anges. Sa société, EcoNation, a reçu lundi soir à Lyon le prix européen de l’environnement pour les entreprises. Cette distinction, décernée tous les deux ans, récompense la firme européenne la plus innovante en matière environnementale. Pour cet homme d’affaires flamand au caractère bien trempé, avocat d’affaires et ancien politicien libéral, c’est une belle victoire. Le prix lui a été remis lundi soir à Lyon par le nouveau commissaire européen à l’environnement, le maltais Karmenu Vella (Parti travailliste). La cérémonie avait lieu en marge du 17e Forum européen sur l’éco-innovation, une rencontre formulant des recommandations sur l’écologie et les entreprises auprès de l’Union européenne.

EcoNation commercialise depuis quatre ans le "LightCatcher", une technologie qui permet d’intensifier la lumière du jour dans les bâtiments et de se passer d’éclairage artificiel. Ce système capture, filtre et optimise la lumière du jour via une coupole en polymère dotée d’un miroir et de lentilles motorisées. Il permet d’éteindre la lumière en moyenne pendant 3.650 heures par an, ce qui lui confère une empreinte écologique 6,2 fois inférieure à un éclairage traditionnel.

D’une rencontre à Davos avec Bill Gates, Leo Goovaerts a retenu deux conseils: ne pas vendre trop vite les actions de sa société, et se méfier des CEO qui développent le complexe de propriété.

Le négociateur

Associé au cabinet d’avocats NovaLex, professeur à la Vlerick School, élu deux fois sénateur VLD, Leo Goovaerts parcourt depuis vingt ans la Flandre et les Pays-Bas pour enseigner la négociation. Un parcours qui lui vaut d’être cité dans la presse flamande comme "L’homme qui a appris à la Flandre à négocier".

Pour le jury du prix européen, c’est "la meilleure idée depuis l’invention de l’ampoule". Le "LightCatcher" est utilisé par l’industrie et les administrations dans une quinzaine de pays européens. En Suède, par exemple, il équipe le toit d’une centrale nucléaire. La société EcoNation, PME au capital de départ de 500.000 euros, vise un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2015.

Sa vie, une suite de batailles

A 74 ans, Leo Goovaerts est au sommet de son art. Sa vie, il la voit comme une suite de batailles où il a trouvé la sagesse, sans se départir de l’ardeur commune aux battants de son espèce. Associé au cabinet d’avocats NovaLex, professeur à la Vlerick School, élu deux fois sénateur VLD, il sillonne depuis vingt ans la Flandre et les Pays-Bas pour enseigner la négociation aux entreprises et aux personnes privées. Un parcours qui lui vaut d’être cité dans la presse flamande comme "L’homme qui a appris à la Flandre à négocier" (Trends Tendance).

"Un beau jour, un de mes étudiants de la Vlerick est venu me trouver avec cette idée de coupole. Nous sommes immédiatement allés à l’Université de Gand et nous avons trouvé deux ingénieurs capables de la mettre en œuvre", nous confie Leo Goovaerts. "C’est une merveille", poursuit-il. "Les miroirs installés sur le toit suivent la lumière du jour et la redirigent vers l’intérieur du bâtiment. Un nuage passe et ils s’orientent tous vers le moindre filet de lumière".

La prochaine étape? "Nous allons intégrer de la nanotechnologie dans la coupole". Pour cela, et pour financer la croissance, EcoNation devra lever des fonds.

Les conseils de Bill Gates

Leo Goovaerts a sorti de sa poche le capital de départ. Pour trouver de l’argent frais, il ne songe ni à une IPO, ni aux soutiens publics. "Ce sera un prêt obligataire en interne. Pas question, à ce stade, de donner mes actions à la Gimv ou à un autre investisseur externe. On ne me la fait plus", lâche-t-il.

EcoNation s’est séparé au début de cette année de son premier CEO. "Il faisait des conférences un peu partout sur la manière de démarrer une start-up et pensait aussi qu’il fallait à tout prix s’installer sur le marché chinois, ce qui est beaucoup trop tôt pour nous", confie Leo Goovaerts, qui occupe la présidence du conseil d’administration de sa société. "Le jour où il faudra donner des conférences, c’est moi qui m’en chargerai".

Le nouveau patron d’EcoNation n’est autre que Marc De Groote, l’ex-CEO de Callataÿ and Wouters, la firme spécialisée dans les progiciels dédiés au secteur bancaire.

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