Michael Cohen, le pitbull de Trump dans la tourmente

Michael Cohen se retrouve au cœur de scandales à répétition. Versements à l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels, paiements encaissés de la part de Novartis et AT&T, perquisitions du FBI… Qui est l’avocat de Donald Trump?

L’affaire Michael Cohen continue de faire tomber des têtes. Le directeur juridique de Novartis, Felix Ehrat, a annoncé hier son départ du groupe pharmaceutique en raison de son rôle dans la conclusion d’un contrat de 1,2 million de dollars (1 million d’euros) avec l’avocat de Donald Trump, Michael Cohen. Ce contrat signé en 2017 prévoyait des versements au cabinet Essential Consultants de l’avocat américain, pour obtenir des renseignements sur la manière dont la nouvelle administration Trump pourrait aborder certaines questions de politique de santé.

Le profil
  • Né en 1966, fils d’un immigrant rescapé d’un camp de concentration en Pologne, il a grandi à Long Island.
  • Diplômé de l’American University à Washington en 1988 et de la Western Michigan University Cooley Law School en 1991.
  • Il commence sa carrière de droit à New York en 1992 en tant qu’avocat pour différents cabinets.
  • Il se présente en 2003 aux élections du Conseil municipal de New York et échoue.
  • En 2006, il rencontre Donald Trump par l’intermédiaire de son fils Donald JR, et en 2007, il devient le conseiller spécial de la Trump Organization.

Parmi les autres bienfaiteurs de Michael Cohen figure l’opérateur de télécoms AT&T (600.000 dollars), qui a reconnu les versements, non sans gêne. "Tout ce que nous avons fait était légal et légitime", a ainsi indiqué Randall Stephenson, le patron d’AT&T, mais "notre collaboration avec Michael Cohen représente une grave erreur de jugement". Le directeur des affaires juridiques du groupe, Bob Quinn, a d’ailleurs été poussé vers la sortie.

Fidèle parmi les fidèles

Michael Cohen a monnayé la proximité qu’il entretenait avec Donald Trump et touché des millions de dollars via une société écran. Mais depuis quelques mois, et les scandales à répétition impliquant son avocat – mi-avril le FBI a perquisitionné les bureaux à New York de Michael Cohen – le président s’est éloigné de celui qu’on surnomme "le pitbull de la tour Trump". Michael Cohen, qui est entré au service de Donald Trump au milieu des années 2000, est reconnu pour sa loyauté sans faille. Fidèle parmi les fidèles, le juriste de 51 ans faisait d’ailleurs pratiquement partie de la famille Trump, dînant régulièrement à la même que les enfants du locataire de la Maison-Blanche. "Si quelqu’un fait quelque chose que M. Trump n’aime pas, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour régler le problème au profit de M. Trump. Si vous faites quelque chose de mal, je vais venir, vous attraper par le col et je ne vous lâcherai pas tant que ce ne sera pas terminé", expliquait-il à la chaîne ABC en 2011. En septembre 2017, il en rajoutait au cours d’un entretien avec Vanity Fair et se disait prêt "à prendre une balle" pour le grand patron.

Prêt à tout

Diplômé d’une école de droit controversée, la Western Michigan University Cooley Law School, propriétaire de taxis, homme d’affaires dans l’immobilier, l’avocat, natif de Long Island (New York), est fragilisé par une autre affaire juridique. En 2016, Michael Cohen a versé de sa poche 130.000 dollars à l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels, en échange de son silence sur une relation sexuelle présumée avec le futur Président dix ans plus tôt. L’avocat n’est pas étranger à ces tactiques d’intimidation, prêt à débourser de l’argent pour éviter un procès et pour protéger farouchement les intérêts de Donald Trump. En 2015, il avait par exemple menacé de transformer en "enfer" la vie d’un reporter du Daily Beast, qui l’avait contacté à propos d’accusations formulées par l’ex-femme de Donald Trump, Ivana, qui avait assimilé leurs relations conjugales à un "viol".

Magnat de l’immobilier

Michael Cohen est un homme d’affaires dans l’immobilier. Dans les années 2000, il a commencé à investir dans les propriétés de Donald Trump. En 2001, il achète notamment pour 1 million de dollars un appartement dans la Trump Tower.

Fan n°1 de Trump

Il a toujours cru en Donald Trump. En 2011, il a aidé à la création d’un site internet intitulé "Est-ce que Trump doit se présenter à l’élection présidentielle?", afin de jauger l’opinion publique.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content