Ozark Henry, le retour de l'artiste en clair-obscur

Avec "Us", son nouvel album aux sonorités électro-pop, le Courtraisien alerte ses contemporains et délivre un message d’espoir.

Le terme "technologie" comporte plusieurs sens. Le premier fait référence à la science de la technique, la création d’outils et de savoirs-faire que nous utilisons désormais au quotidien. L’autre sens se rapporte à la musique technologique ou "techno", soit une musique créée à partir d’instruments synthétiques qui provoque dans notre imaginaire une projection vers un futur imaginé et fantasmé. C’est de ce terme, dans son entièreté, que s’est nourri Ozark Henry tout au long de sa carrière.

"Us", huitième album de l’artiste, s’inscrit dans la musique électro moderne avec une certaine ambiance en clair-obscur, celle-là même qui lui a permis de se faire adouber à ses débuts par David Bowie "himself".

Le profil
  • 29 avril 1970: Né Piet Goddaer à Courtrai.
  • 1996: Sort son premier album "I’m Seeking Something That Has Already Found Me".
  • 1998: Obtient le Zamu Award du "Best Songwritter".
  • 2001: Son album "Birthmarks" est certifié disque de plantine.
  • 2012: Reçoit un Magritte de la meilleure musique originale pour "The World Belongs to Us".
  • 2017: Sortie de "Us".

Ozark, artiste complet (peintre, producteur, musicien, chanteur, vidéaste), utilise ici la technologie à la fois dans la forme en enregistrant cet album grâce à une captation en 3D pour une écoute immersive, mais aussi dans le fond, avec l’utilisation d’instruments synthétiques et une ambiance à l’image de celle qui baigne actuellement notre monde: oppressante, mais pleine d’espoir.

Très accessible par son côté pop dansant, ce nouvel album produit par Tim Bran (producteur de London Grammar et Birdy) porte néanmoins des valeurs humanistes et universelles ("Uno Di Noi", "Africa") et offre le choix à l’auditeur, celui de faire travailler son déhanché ou sa tête.

Le "jeune Bowie flamand"

Le magazine français "Les Inrockuptibles" a qualifié Ozark Henry en 1996 de "jeune Bowie Flamand", tant les sonorités et l’esprit de son premier album se rapprochaient du vrai Bowie. Plusieurs artistes de renoms ont par la suite emboîté le pas aux Inrocks, comme Trent Reznor des Nine Inch Nails ou encore Moby, pour qui il assura d’ailleurs les premières parties.

©doc

Durant ses 20 ans de carrière, le flamand s’est toujours nourri de l’ambiance du monde de l’époque en s’adaptant aux courants musicaux en vogue, comme avec "This Last Warm Solitude" (1998) aux accents trip-hop ou "Hvelreki" (2010) qui oscille entre le rock de Jack White et la pop de Coldplay. Une tendance qui a certes stimulé la créativité du chanteur, mais qui a également eu pour effet de lui faire perdre sa véritable identité artistique lors de la dernière décennie. Par sa conception, son message et son identité, ce nouvel album pourrait bien redonner à Ozark Henry un peu de la fraîcheur perdue.

Invité par Google

Le géant américain l’a invité à participer à une conférence "Talk@Google" à New York pour présenter son travail sur le son immersif en trois dimensions dont il est l’un des pionniers. Il a également tenu une conférence TedxTalk sur le même sujet à Liège.

En concert à l’Ancienne Belgique le 29 avril. Infos sur www.abconcerts.be.

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