Philippe Stassen, entrepreneur en série, touché en série…

Philippe Stassen dirige ses différentes activités depuis son domicile en recourant tous les matins à Skype pour travailler en vidéoconférence avec ses lieutenants.

Dans le secteur des boissons, certains sont davantage affectés par la crise que d’autres. Philippe Stassen en sait quelque chose, lui qui exploite surtout des marques festives ou de luxe. Il garde toutefois le moral et distille des messages d’encouragement à l’ensemble de ses troupes.

Philippe Stassen est un "serial entrepreneur": il dirige non seulement Néobulles, à travers laquelle il exploite la marque de boissons pour enfants Kidibul, les vins sans alcool Vintense ou la Bière des Amis, mais aussi l’agence de voyages Blue Sky Travel et le bureau marketing Vitamine, sans oublier la société de désalcoolisation MIS dont il partage la propriété avec Olivier et Patrick Meurens. Aujourd’hui, on pourrait dire qu’il est "serial affecté" par la crise du coronavirus, car celle-ci a touché toutes ses entreprises sans distinction.

"Chez Néobulles, on a une permanence de garde pour recevoir les appels, traiter la facturation, mais dans les rayons des supermarchés, nos produits ne sont pas en première ligne car pas de première nécessité."
Philippe Stassen
Fondateur et CEO de Néobulles

"Chez Néobulles, on a une permanence de garde pour recevoir les appels, traiter la facturation, mais dans les rayons des supermarchés, nos produits ne sont pas en première ligne, car pas de première nécessité, explique Philippe Stassen. Dans le ‘food retail’, on a perdu 25% de nos volumes. Dans l’horeca, notre équipe est en chômage temporaire puisque tout est à l’arrêt. À l’exportation, on ne vend plus rien. Le bureau Vitamine, qui emploie six personnes, n’a plus d’activité non plus. Chez MIS, il n’y a rien à produire. Quant à Blue Sky Travel, ses huit collaborateurs émargent également au chômage temporaire. Ils ont décroché quelques commandes pour la fin d’année, mais on ne sait pas quand l’activité pourra redémarrer."

Des mois de perdus en France

Jouant de malchance, il avait programmé pour ce printemps le lancement commercial de sa Bière des Amis en France et au Japon. "On avait signé un partenariat exclusif pour l’Hexagone avec La Martiniquaise. On avait déjà livré deux camions chez Intermarché, mais les bières restent dans les entrepôts: on va perdre trois à quatre mois."

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Philippe Stassen s’est retranché à son domicile, où il dirige ses troupes depuis son bureau. Avec les cinq autres dirigeants du groupe, il se réunit tous les matins via Skype. De 8h30 à midi, ils passent tout en revue. "On met des plans en route, dit-il, on essaie de travailler sur des dossiers avec nos collaborateurs." Exercice délicat, tant on manque de visibilité pour la suite. "C’est mon job de prévoir ce qu’il va se passer ensuite et de maintenir le bateau au-dessus de la ligne de flottaison. Je discute notamment avec nos banquiers, car nous avons des emprunts à honorer; je dois dire qu’ils nous envoient des messages très positifs, mais encore faudra-t-il traduire tout cela en chiffres et voir comment on pourra reporter certaines charges."

Business models à revoir

Les exportations représentent 30 à 35% du chiffre d’affaires de Néobulles. Ce ne sera pas le cas cette année. Et quid en Belgique? "On y vend encore nos produits dans les grandes surfaces, certes, mais on en vend moins que l’an dernier et que le budget, car les gens stockent avant tout des produits de base, pas de luxe."

"Comment les gens vont-ils se comporter désormais? Je crois qu’il faut profiter du temps disponible aujourd’hui pour revoir nos business models."
Philippe Stassen

Tous les vendredis soirs, il envoie un message de soutien à l’ensemble de son personnel. "Il faut les encourager et rester positif", martèle-t-il. Il embraie en jugeant très bon le bulletin des autorités face à la crise: "Le gouvernement fédéral a bien réagi, on reçoit beaucoup d’infos, on sent les responsables motivés et qu’ils nous soutiennent."

Sa compagne est infirmière, elle opère à l’hôpital de Verviers, où on l’a réaffectée au service d’urgence en raison de la crise. Elle a les mains pleines; il a dès lors une bonne vision des efforts déployés par les personnels des soins de santé. "Que restera-t-il après la crise? conclut-il. Comment les gens vont-ils se comporter désormais? Je crois qu’il faut profiter du temps disponible aujourd’hui pour revoir nos business models."

 

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