Sophie Lambrighs, ambitieuse dans une sphère de machos

La discrète mais efficace CEO de Home Invest Belgium vient de débrancher la prise. Officiellement, elle et ses actionnaires flamands de référence se séparent en bons termes. Vraiment?

Officieusement, il se dit que la manager, régulièrement short-listée ailleurs, se sentait de plus en plus à l’étroit dans ses bureaux du boulevard de la Woluwe. Et il est vrai que Sophie Lambrighs, forte de ses plus de 20 ans d’expérience pointue et variée dans le sérail immobilier, est clairement la femme qui revient partout aujourd’hui dans le top 5 des chasseurs de têtes actifs sur le segment de la brique de haut vol.

Il se dit d’ailleurs qu’elle aurait été short-listée récemment chez Cofinimmo  , avant de jeter le gant… et qu’elle le sera sans doute prochainement chez Befimmo  , une fois que la succession de Benoît de Blieck sera officiellement sur la table du conseil d’administration.

Le profil
  • Née le 28 juin 1971 et maman de deux filles
  • 1994: ingénieur civil en construction de l’ULB
  • 2004: replonge à l’ULB, où elle a enseigné, pour un master en management
  • 2003: débute chez AXA Belgium comme senior project manager puis investment manager real estate
  • 2013: devient conseillère et membre du comité exécutif chez Immobel
  • 2014: CEO de Home Invest Belgium

Derrière la façade

Mais pour ambitieuse et bardée de bons diplômes qu’elle soit, la discrète ingénieure civil diplômée de l’ULB ne se résume heureusement pas à un nom déjà reconnu dans un univers de machos, où la quasi-totalité des patrons sont masculins, chasseurs et aimant les belles carrosseries.

Maman de deux filles qui comptent avant tout, Sophie, qui vient de fêter son 47e été, aime courir et voyager loin. Dans un récent entretien accordé à L’Echo, deux de ses chiffres fétiches concernaient d’ailleurs la course à pied: 1h41 pour son meilleur temps aux 20 km de Bruxelles, et 400 (mètres) pour la distance sur laquelle elle a été championne du Brabant. Côté "j’aime pas", on la dit rabique à la soutane et à la grosse voiture.

Sans vouloir répondre à chaud aux vraies raisons de son départ précipité de chez Home Invest   après quatre ans de bons et loyaux services, elle nous a malgré tout avoué faire ses valises en famille pour partir au Vietnam un long moment bien mérité. On reprendra donc contact à la rentrée pour le reste, une fois la poussière retombée et les chasseurs de têtes les plus vifs sur la (bonne) balle.

Bon timing pour rebondir

Pour motiver son actuel mercato professionnel, certains évoquent des divergences de vue en matière d’investissements stratégiques avec les frères Van Overstraeten, Liévin et Johan. Des maçons flamands qu’on dit avoir la tête parfois près du casque de chantier. Mais d’autres, bien informés, parlent d’un calendrier mûrement réfléchi et d’une pur-sang qui rongeait son frein depuis trop longtemps déjà dans les écuries réglementées du boulevard de la Woluwe.

La tête sur les épaules, elle a d’ailleurs toujours su faire bouger les lignes trop figées et placer ses billes, de plus en plus polies. Elle serait partie chez Home Invest, où elle officiait déjà comme représentante au comité d’investissement pour le compte d’AXA Belgium, son employeur depuis 2003, parce que ce dernier rechignait à lui accorder 500 euros d’augmentation par mois.

Avant de signer chez Home Invest en 2014, elle a trouvé un moment refuge chez Immobel  , où Marnix Galle a d’ailleurs su conserver sous le boisseau son expertise de développeur aguerri en la nommant administrateur. Certains la verraient d’ailleurs bien atterrir à la rentrée prochaine rue de la Régence, dans une société immobilière cotée qu’elle connaît parfaitement de l’intérieur. Mais la concurrence risque d’être également aux aguets.

Sophie, forte de plus de 20 ans d’expertise immobilière, sait que son heure est venue. Et que celui qui voudra l’avoir dans son écurie devra y mettre le prix et nourrir durablement ses ambitions. Sans se tromper, cette fois, sur la largeur de ses ailes.

Short-listée

"C’est le moment, c’est l’instant", prédisent ceux qui connaissent sa vraie valeur. Et dans l’immobilier coté, il faut savoir conserver et (se) vendre au bon moment. 2018 sera donc pour Sophie Lambrighs l’année idéale pour trouver le poste où valoriser son expertise.

Mobile… s’il le faut

Tout en bas de son CV, comme en point d’orgue, une invitation au voyage figure en quatre mots: "Open to international mobility". Ses filles et son partenaire sont prévenus, eux qui aiment les voyages en famille…

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