Timothée Chalamet, la nouvelle étoile d'Hollywood

©AFP

Un charme désarmant, un français pratiqué presque sans accent, une insouciance à la James Dean, et déjà un rôle emblématique dans l’un des meilleurs films de l’année… Timothée Chalamet s’impose avec grâce, et cette certitude où l’on reconnaît les plus grands.

Timothée Chalamet… Retenez bien ce nom. Dans le somptueux "Call Me By Your Name" (dès aujourd’hui sur les écrans), le jeune acteur new-yorkais irradie. Français par son père, Américain par sa mère, le jeune homme semble appartenir à cette intelligentsia internationale, polyglotte et culturelle, qui sert précisément de toile de fond au film de Luca Guadagnino. Dans l’Italie des années 80, une magnifique maison de famille au charme désuet, la chaleur de l’été, et la visite d’un étudiant de son père (Armie Hammer), qui va déclencher chez le jeune homme de 17 ans (Chalamet en a en fait 22) toute une série d’émotions diverses…

Le profil
  • 1995: Naissance à New York.
  • 2008: Premier rôle dans un épisode de "New York, Police Judiciaire".
  • 2016: Prix Lucille Lortel (pour sa performance au théâtre au Manhattan Theatre Club).
  • 2017: Nomination à l’Oscar du Meilleur acteur pour "Call Me By Your Name".

Timothée Chalamet y est d’une justesse totale, comme s’il n’interprétait aucun rôle, comme si c’était sa vie qu’il menait, ses expériences qu’il faisait, dans un décor qui avait toujours été le sien. Résultat: une nomination à l’Oscar, avec verdict ce 4 mars, aux côtés de monstres sacrés tels que Gary Oldman et Daniel Day-Lewis.

"Homeland"

Mais le jeune acteur n’est pas totalement inconnu, puisque les amateurs de série ont pu le remarquer dès 2011 dans la première saison de "Homeland", où il incarnait le fils du héros, ce militaire qui rentre au pays après être resté otage d’Al-Qaïda pendant des années. Il y était déjà torturé, et de cette beauté mystérieuse où la lumière semble vouloir émerger au milieu des tourments.

L’acteur continue à jouer les "fils de" dans "Interstellar" (2014). La première séquence le voit pourchasser les drones en compagnie de sa sœur et de son père, Matthew McConaughey. Il tient ensuite l’un des premiers rôles dans l’agréable "Miss Stevens", qui voit une prof escorter quelques-uns de ses élèves vers un concours d’éloquence.

Choisi par Woody Allen

Depuis l’expérience "Call Me By Your Name", Timothée Chalamet a réalisé le rêve de tout jeune comédien anglophone: être choisi par un certain Woody Allen. Et dans un premier rôle s’il vous plaît, puisque dans "A Rainy Day in New York", dont le tournage vient de s’achever, il tiendra la vedette face à Elle Fanning. Entre-temps, notre jeune prodige aura eu le temps de jouer face à Christian Bale dans un western dramatique avec des Indiens ("Hostiles", bientôt sur nos écrans), mais aussi dans le très attendu "Lady Bird" (nommé pour 5 Oscars, où il aurait pu en ajouter un 6e en tant que Meilleur acteur dans un rôle secondaire).

Et la cerise sur le gâteau? C’est la présence du jeune homme dans un film… belge, ou en tout cas réalisé par un Belge, notre compatriote Felix van Groeningen ("La merditude des choses", "The Broken Circle Breakdown"). Il incarnera en effet le fils de Steve Carell dans "Beautiful Boy", où il sera un jeune drogué qui se bat pour sortir de la dépendance. Pour cela, rendez-vous fin 2018.

"Call me by your name"

Note: 5/5

Sur un scénario original signé par la légende James Ivory (également nommé à l’Oscar), Luca Guadagnino signe un nouveau chef-d’œuvre de subtilité, de sensualité, d’émotions. Après l’extraordinaire "Io Sono l’Amore" (2009), où Tilda Swinton apportait son incandescence à chaque plan, c’est au tour d’Armie Hammer ("The Man from U.N.C.L.E") et de Timothée Chalamet de vibrer à l’unisson.

On est loin ici de ces films de vacances où le soleil inonde tout, et où l’on découvre son corps et sa sexualité: tout ici est d’une subtilité, d’un humour, et d’une grâce sans pareil. Une caméra épidermique suit les corps sans rien surligner, la narration prend son temps, les éléments (air, eau, musique…) et les textures baignent le spectateur jusqu’à un enivrement qu’on partage totalement, et jusqu’au trouble, avec les protagonistes.

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