Volker Germann, un Allemand à la tête d'Audi Brussels

Benjamin Everaert

Patrick Danau, l’homme qui a amené les Audi électriques à l’usine de Forest, raccroche à la fin du mois. Dès le 1er avril, c’est un fidèle du groupe Volkswagen qui reprend le flambeau: Volker Germann.

L’usine d’Audi Brussels va passer à une nouvelle étape de sa vie. La transformation complète de l’usine derrière lui, Patrick Danau prend sa retraite à la fin du mois. L’Echo apprend que son successeur sera Volker Germann. Ce dernier prendra ses fonctions le 1er avril.

Diriger des usines, il connaît. L’homme est actif dans le groupe Volkswagen depuis plus de 30 ans. Il a notamment été à la tête de l’usine de São José dos Pinhais dans la banlieue de Curitiba au Brésil. Une usine qui compte 3.600 employés et a produit des Volkswagen et des Audi.

Son dernier poste est peut-être le plus impressionnant dans son CV. Il a dirigé les opérations à l’usine de Changchun, en Chine, depuis 2016. Une usine crééé en joint-venture avec le groupe chinois FAW qui emploie 30.000 personnes et sort près de 900.000 voitures par an.

Le profil
  • Arrivé chez Volkswagen en 1986, Volker Germann n’a jamais quitté le groupe.
  • Il a notamment géré la planification de production de différentes usines.
  • Son expérience s’est internationalisée avec la direction des opérations d’une usine au Brésil puis en Chine.

Challenge électrique

En arrivant à Bruxelles, l’homme trouvera donc une usine à taille humaine. Le challenge restera grand alors que la production en série de la nouvelle Audi e-tron n’a commencé que fin d’année passée et qu’il s’agit d’assurer les capacités requises pour un nouveau modèle bien accueilli par le marché. L’éternelle question est de savoir si une troisième équipe de nuit est envisagée à l’usine forestoise. "Une telle décision ne sera prise que si cela a du sens à plus long terme, sur 5 ou 6 ans", nous explique-t-on en interne. Pas question en effet de former de nouvelles équipes à l’électro-mobilité pour devoir les remercier dans les deux ans.

Volker Germann devra relever aussi le défi de l’arrivée sur les lignes d’ici la fin de l’année d’un second modèle, l’e-tron Sportback.

Pari réussi

Pour Patrick Danau, cette page se tourne avec le sens du devoir accompli . Arrivé en 2014 à la tête de l’usine, il a été au four et au moulin pour trouver un successeur à l’Audi A1 vouée à déménager à l’usine de Martorell en Espagne. À l’heure où tout le monde se dirige vers la mobilité électrique, Audi Brussels est la première usine d’Audi à produire un véhicule électrique. Il a fallu entièrement transformer l’usine tout en continuant à produire des A1. Désormais, tout le monde est formé à l’électro-mobilité à Bruxelles où on assemble même des batteries.

Le choix de Bruxelles ne s’est toutefois pas fait sans quelques grincements de dents au sein du groupe Volkswagen. Au salon de Genève, Wolfgang Porsche lui-même a indiqué dans une interview que produire cette voiture en dehors de l’Allemagne était peut-être une mauvaise décision.

Les syndicalistes allemands se sont aussi inquiétés par le passé de voir cette compétence développée en dehors des frontières nationales. Ils sont quelque peu rassurés alors que les voitures électriques vont se multiplier au sein du groupe Audi. Cinq voitures entièrement électriques dès la fin de l’année prochaine, 30 modèles électrifiés rechargeables sur secteur d’ici 2025. L’Allemagne est déjà assurée d’en produire plusieurs.

Le volet électrique des choses était peut-être ce qui manquait à Volker Germann qui a occupé bon nombre de positions au sein de Volkswagen. Arrivé au sein du groupe en 1986, il a dirigé la planification de la production de pièces et de voitures dans différentes usines en Espagne et en Allemagne avant de diriger des usines à proprement parler.

À Bruxelles, l’un de ses premiers défis sera en tout cas de s’occuper des livraisons vers l’Asie qui doivent encore débuter. Les Etats-Unis et l’Europe sont déjà en cours. Les versions avec différentes options directement commandées sur le configurateur par les clients arrivent aussi sur les lignes avec leurs lots de petits détails à régler.

  • Le bien nommé

Entre Volker et Germann, il semble que le nouveau patron d’Audi Brussels était prédestiné à travailler pour le groupe allemand Volkswagen.

  • Taille humaine

Pour le nouveau patron d’Audi Brussels, c’est le retour à la gestion d’une usine à taille humaine.Un contraste avec son dernier job à Changchun, en Chine, où l’usine emploie 30.000personnes.

  • Futur polyglotte?

Volker Germann parle allemand, anglais et portugais.Son passage en Chine fait qu’il a de bonnes notions de chinois également.Apprendre le néerlandais et le français serait aussi l’un de ses challenges à Bruxelles.

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