Weelingua fait cogiter les petites têtes

L’éditeur belge de jeux éducatifs Weelingua s’est distingué à Paris au prestigieux Concours Lépine. Derrière la médaille d’or, une belle histoire d’amitiés et de passionnés de pédagogie active.

Les jeux Weelingua sont en vente dans 80% des magasins spécialisés en Belgique. On les trouve également chez Dreamland et à la Fnac.

"Jusqu’à l’âge de 15 ans, je ne comprenais pas trop ce qu’on me voulait à l’école. J’y allais la boule au ventre", se souvient Louis Sorlat, qui regrette qu’aujourd’hui les professeurs ne soient pas plus formés à détecter les micro-pathologies chez les jeunes enfants. À 37 ans, ce Français d’origine, mais hispanophone de cœur à l’instar de son meilleur ami et associé Elie Casamitjana, est convaincu que l’apprentissage par le jeu joue un rôle primordial dans l’éducation et l’insertion des petits écoliers.

  • Français d’origine, Elie Casamitjana (32) et Louis Sorlat (37) se sont rencontrés à Bruxelles.
  • Le premier a étudié le commerce, le second la communication.
  • Ensemble, ils ont fondé en 2013 la maison d’édition Weelingua, spécialisée dans les jeux éducatifs.
  • Les Winifutés ont remporté la médaille d’or au concours Lépine à Paris.

À l’origine, c’est pourtant un concours de circonstances qui l’a conduit à créer sa maison d’édition bruxelloise. "J’ai fini mes études dans un lycée à Madrid. Je ne savais pas quoi faire et c’est ma soeur qui m’a inscrite à l’ULB en Communication", explique-t-il. Et comme le journalisme, c’est bien connu, mène à tout à condition d’en sortir, c’est finalement vers l’enseignement que ce féru d’écriture et de bons petits plats se tourne au sortir des études.

Devenu professeur spécialisé en communication pour les adultes, il enseigne auprès de la Communauté européenne, ce qu’il fait d’ailleurs toujours aujourd’hui. Parallèlement, il se spécialise en programmation neuro-linguistique (PNL). "En très résumé, l’idée c’est qu’on peut enseigner n'importe quelle matière à n’importe qui à condition de comprendre le profil des personnes à qui l’on s’adresse", commente Louis Sorlat.

La tête et les jambes

Entre-temps, Louis Sorlat a rencontré Elie Casamitjana. "Je quittais la capitale belge pour rejoindre une femme au Brésil. Lui revenait de Hongrie pour vivre avec sa petite amie à Bruxelles. Je ne savais pas quoi faire de mes meubles, il en avait besoin. En échange, il a fait suivre mon courrier", sourit-il. "Lui, c’est la tête, moi je suis les jambes".

"Elie permet de canaliser la créativité et d’en faire quelque chose de rentable."
Louis Sorlat

Lorsqu’ils commencent à créer leurs propres jeux, ceux-ci sont surtout destinés aux professeurs et aux spécialistes (logopèdes, orthophoniste,…). La maison d’éditions, Weelingua, du nom du premier jeu commercialisé, est créée en 2013. "Depuis le début, nous avons une dizaine de jeux dans le pipeline", ajoute Louis Sorlat. Pour le moment, cinq ont été commercialisés.

Passions partagées

Les Winifutés, le jeu qui affûte les neurones, a reçu la médaille d’or au concours Lépine à Paris. Plus de 1.800 exemplaires ont été vendus depuis novembre. WiniPlume, jeux d’écriture, et WiniPlus, jeux de math, ont également été primés. "C’est évidemment une belle reconnaissance pour nous mais aussi pour notre communauté. Si nous n’avions pas reçu autant de soutien, nous n’aurions certainement pas continué", avoue Louis Sorlat. Les jeux éditables sont imprimés en Pologne, les autres chez le Paki du coin à Ixelles.

"Elie, c’est un peu comme Chandler dans Friends. Je n’ai jamais vraiment compris ce qu’il faisait comme métier", déclare Louis Sorlat qui le décrit comme quelqu’un de rationnel et de visionnaire.

Ils ne sont présentés que lors de salons spécialisés. "Nous souhaitons en éditer plus, reconnaît le cofondateur. C’est pour cette raison que nous réinjectons directement les bénéfices perçus sur les ventes et que nous ne nous rémunérons pas".

Tout comme son associé Elie, qui travaille chez Ingenico, société spécialisée dans le paiement en ligne, Louis Sorlat n’a pas l’intention d’abandonner son métier d’enseignant. "Je suis comblé dans mon métier et je n’ai pas l’intention de l’arrêter", conclut-il.

©rv

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