André de Barsy, l'actionnaire toujours dans le contrôle

André de Barsy a décidé d’acheter le château de l’Étoile, à Limal.Quand il s’agit de passer à l’action, cet actionnaire activiste y va rarement par quatre chemins.

Espérons qu’il ne le prenne pas mal, mais lorsqu’André de Barsy reçoit dans ses bureaux avec vue sur le parc Royal, c’est un peu un voyage dans le temps, un retour dans la Belgique de papa. Le local, comme figé dans le temps, témoigne d’une activité passée dans l’industrie minière. Ce que confirme le principal intéressé. Ingénieur commercial de formation (Solvay), il a effectivement travaillé dans le secteur minier, au Portugal. "J’ai débuté mes activités dans l’industrie minière et chimique avant de me tourner vers les investissements. Aujourd’hui, je suis plutôt porté sur l’analyse financière en recherchant toujours les paramètres qui guident la profitabilité à terme d’une société."

Le profil
  • Né en 1939.
  • Titulaire d’un diplôme d’ingénieur commercial (Solvay).
  • Actionnaire actif dans plusieurs sociétés belges cotées depuis plus d’une trentaine d’années.
  • À la fin des années 60, il a dû choisir entre devenir partenaire d’une chasse ou jouer au golf. Il a choisi la deuxième option et est devenu bon joueur.
  • Vit au Luxembourg.

Dans les assemblées générales, André de Barsy est connu – et redouté – comme le vieux loup blanc. Il n’est pas rare qu’il remette une dizaine de pages de questions avant la tenue de la réunion en question. "Et souvent, en posant mes questions, je me rends compte que mes interlocuteurs sont étonnés", explique André de Barsy qui maîtrise ses sujets.

"Il est pointu, mais il est courtois et il pose souvent les bonnes questions", nous explique un habitué des assemblées générales. Il faut dire que l’actionnaire activiste ne laisse rien au hasard. Jamais. "Il est convaincu de ce qu’il fait, il ne cherche pas le regard du public", nous explique un autre, selon qui André de Barsy est un individualiste.

Solitaire

Quand il tient un os, André de Barsy ne le lâche pas. ©Jonas Roosens

En effet, l’homme semble rouler pour son écurie. Il s’est une fois allié à Deminor pour s’opposer au squeeze-out envisagé par Marc du Bois, le patron de Spadel. Mais pour le reste, André de Barsy est un solitaire. C’est sans doute cette façon de faire qui lui a permis de récupérer ses billes dans l’affaire Schneider/Didier Pineau-Valencienne. En 1992, le français Schneider avait lancé une offre d’acquisition sur ses filiales belges Cofibel et Cofimines. Dans le cadre de cette opération, la justice belge a enquêté sur des soupçons de malversations impliquant le patron français Didier Pineau-Valencienne (DPV). En 2006, ce dernier sera reconnu coupable, mais il faudra encore des années de procédure pour que les victimes de cette opération soient dédommagées. André de Barsy n’attendra pas d’aller jusque-là et il négociera une transaction, en marge de la procédure.

André de Bersy a acheté le château de l'étoile de Limal pour 3,8 millions. ©Immoweb

André de Barsy est un jusqu’au boutiste. Quand il tient un os (lisez dossier), il ne le lâche pas. Et ce qu’il aime par-dessus tout, c’est lever des lièvres que personne n’avait vu passer. "Quand je me rends dans des cocktails, des gens me demandent sur quel dossier je suis, mais ce n’est pas mon métier, je ne suis pas Deminor. Je n’ai jamais investi dans une société dans le but de faire de l’obstruction ou de flanquer le pétard." Certes, mais quand il entend défendre ses droits, tous les moyens sont bons. Ainsi, il y a trois ans, ayant jugé l’OPA lancée par Spadel trop faible, il n’a pas hésité à augmenter sa position dans la société en achetant près de 26.000 actions Spadel supplémentaires pour un total de 2,5 millions d’euros.

Il y a quelques années, des promoteurs avaient envisagé de créer un parcours de golf dans le domaine du château de l’étoile. Ne l’entendant pas de cette oreille, André de Barsy a intenté une action devant le Conseil d’État à propos de ce projet. Ça vous étonne?

Équilibre

André de Barsy se bat en permanence pour que les droits des petits actionnaires soient respectés. Et n’hésite pas à monter sur les barricades judiciaires quand cela s’avère nécessaire. Il est le premier à avoir obtenu un accord dans l’affaire Schneider/Didier Pineau-Valencienne.

Contrôle

André de Barsy a décidé d’acheter le château de l’étoile en une semaine. "Au moins les belles pierres auront un toit", explique-t-il. Il a acheté ce domaine car il jouxte une de ses propriétés. "Il vaut mieux être maître dans son domaine que de devoir subir les différents projets imaginés par des promoteurs."

Pointu

Avant chaque intervention en assemblée générale, l’actionnaire activiste épluche les documents officiels de l’entreprise et prépare une liste de questions. Certains avouent parfois être désarçonnés par le niveau et la précision de ses questions.

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