Anna Wintour, l'impératrice de la mode

Anna Wintour ne quittera pas son poste de rédactrice en chef du Vogue US. N’en déplaise à certains, la journaliste continuera de faire la pluie et le beau temps dans le milieu de la mode.

Cette annonce fait taire des mois de rumeurs. Anna Wintour ne quittera pas Vogue US après le bouclage du numéro de septembre. La Britannique de 68 ans a "accepté" de rester "indéfiniment" rédactrice en chef du magazine et directrice artistique de Condé Nast, a indiqué le PDG du groupe de presse, Bob Sauerberg. "Anna Wintour est une leader incroyablement talentueuse et créative dont l’influence ne peut être mesurée", a écrit le patron.

Le profil
  • Née le 3 novembre 1949 à Londres en Angleterre.
  • En 1965, elle quitte l’école pour commencer à travailler chez Harrods.
  • En 1975, elle part s’installer à New York et rejoint l’édition américaine du Harper’s Bazaar.
  • Elle rejoint le groupe de presse Condé Nast, qui possède le magazine Vogue, en 1983.
  • Elle devient rédactrice en chef de Vogue US en 1988.

Peu de personnes peuvent se vanter d’avoir été incarnées à l’écran par Meryl Streep. Anna Wintour en fait partie. Dans "Le diable s’habille en Prada" (2006), l’actrice interprète la prêtresse de la mode, une femme glaciale — pourtant réputée très drôle — redoutée, au caractère exigeant, et à l’influence mondiale.

Avec sa légendaire coupe au carré, ses lunettes noires et ses tailleurs Chanel, Anna Wintour s’est imposée dans le monde impitoyable de la mode pour devenir une référence dans le secteur. Dotée d’un flair à faire pâlir d’envie ses collègues et concurrents, et d’un sens aigu des tendances, elle a complètement modifié la ligne éditoriale de Vogue pour l’orienter d’avantage vers la mode.

Et ses choix ont payé, car depuis qu’elle a pris les rênes de Vogue US en 1988, ce titre a connu un succès phénoménal: avec un tirage à plus d’un million d’exemplaires, le Vogue d’Anna est dix fois plus important que son équivalent français. Elle a su imposer son style, parfois très progressiste, en proposant notamment le premier mannequin noir en couverture de Vogue. "Ça a fait du bruit!" commente-t-elle. Anna Wintour est accompagnée par deux solides gardes du corps qui la suivent partout depuis l’attaque d’un militant du mouvement Peta (association de protection des animaux), furieux que la rédactrice en chef soutienne publiquement le port de la fourrure.

Fan de Federer

Anna Wintour ne fréquente pas que les podiums, mais aussi les courts de tennis, comme ici à Wimbledon. ©REUTERS

Fille d’un journaliste réputé, Anna Wintour est éduquée dans un milieu bourgeois anglais et scolarisée dans des établissements privés, avec ses quatre frères et sœurs. Dans les années 1960, cette passionnée de mode depuis l’adolescence arrête ses études et fait ses premières armes chez Harrod’s, magasin luxueux londonien. Elle rejoint ensuite le monde du journalisme de mode lorsqu’elle entre à l’édition britannique du magazine Harper’s Bazaar, avant d’être mise à la porte. Vogue n’arrivera que bien plus tard, mais qu’importe, c’est son poste à la tête du magazine américain qui a fait sa notoriété.

Autant adulée que crainte par les professionnels du secteur, Anna Wintour s’impose une discipline quotidienne minutée: elle se lève tous les matins à 5h30 pour suivre des cours de tennis, sa passion (elle est fan de Roger Federer), avant de rejoindre à 8 heures les bureaux de Vogue. Elle est aussi philanthrope, soutient les jeunes créateurs à travers le fonds CFDA/Vogue, et a également récolté plusieurs millions de dollars pour la lutte contre le sida.

Si Anna Wintour est et restera le visage de Vogue aux Etats-Unis, elle est aussi le visage du gala du Metropolitan Museum of Art de New York, un dîner caritatif au profit du musée et qui fêtait cette année ses 70 ans… loin d’être, comme le laissaient entendre certains, sa dernière édition.

Anna Wintour se sépare rarement de ses lunettes, même dans la pénombre des défilés de mode. ©REUTERS

Engagement politique

Démocrate, elle a régulièrement levé des fonds pour les campagnes de Barack Obama. Elle a récolté au moins 500.000 dollars lors de réceptions prestigieuses.

Paris ou Londres

Anna Wintour se rêvait, dit-on, ambassadrice des Etats-Unis en Grande-Bretagne ou en France. Mais ses ambitions s’arrêtent brusquement lorsqu’elle commet l’erreur de publier dans le Vogue de mars 2011 un article sur Asma al-Assad, l’épouse du dictateur syrien, quelques jours avant le début des massacres contre les civils.

Avec Bob Marley

Anna Wintour aurait eu plusieurs liaisons avec des hommes aux parcours bien différents. Des rumeurs lui prêtent notamment une histoire avec la légende du reggae, Bob Marley.

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