Antoine Lehebel, le meilleur sommelier du monde?

©Thomas Van Den Driessche

À 36 ans, le Français Antoine Lehebel représentera la Belgique au prochain concours qui élira le meilleur sommelier du monde. Il aura lieu en mars 2019 à Anvers.

Le parcours professionnel de ce Nantais de naissance passe tout d’abord par Londres. Il y travaille dans un restaurant indien, étoilé, le "Rasoi Vineet Bhatia". C’est ici que le jeune Français commence à s’intéresser au vin. Il suit des cours et reste sept ans dans la City avant de revenir en France.

Le profil
  • Naissance à Nantes en 1982.
  • Travaille 7 ans à Londres puis 4 ans dans, notamment, deux restaurants prestigieux français en tant que sommelier.
  • Arrive à Bruxelles en 2013, engagé comme sommelier à La Villa Lorraine.
  • Élu meilleur sommelier de Belgique en 2014.
  • Depuis mai de cette année, il est sommelier de Bon Bon, le restaurant bruxellois doublement étoilé de Christophe Hardiquest.

Durant quatre ans, il travaillera dans des restaurants réputés comme celui de Michel Guérard (trois étoiles), à Eugénie-les-Bains, dans le sud-ouest. Puis chez Chabran, à Pont de l’Isère, dans la Drôme, et encore au Charlemagne, à Pernand-Vergelesses, au cœur du vignoble bourguignon. Et puis, il décide de quitter la France afin de travailler dans un pays non producteur, afin d’avoir une meilleure ouverture d’esprit. Comprenez: ne pas être conditionné par un seul pays, une seule région. La Belgique était sur sa liste.

Et le voici engagé à La Villa Lorraine, restaurant mythique bruxellois qui eut ses heures de gloire lorsqu’il fut élu, jadis, premier trois étoiles en dehors de la France. "Un coup de chance", reconnaît le sommelier, qui fut engagé en 2013 après avoir envoyé son CV. Depuis le mois de mai de cette année, il œuvre au restaurant Bon Bon de Christophe Hardiquest, deux étoiles au Michelin et une cotation de 19,5/20 au Guide Gault & Millau.

20e en Argentine

Antoine Lehebel a déjà participé à ce type de concours. C’était en 2016 en Argentine où il termina vingtième. Il a été sélectionné cette année suite à un concours organisé par la Guilde des sommeliers de Belgique, l’association officielle belge des sommeliers, la seule reconnue par l’ASI (Association de la sommellerie internationale), qui rassemble 60 pays et est organisatrice du concours mondial tous les trois ans.

Quelles sont les difficultés qu’il appréhende le plus en préparant ce concours dont les questions portent, évidemment, sur le vin, mais aussi sur les alcools, les thés, les cafés, les bières? "Les questions sont évidemment très difficiles, très pointues. Tant théoriques que pratiques. On peut vous demander, sur une carte géographique, d’inscrire les régions, appellations et même les noms de certains producteurs. Lors du concours en Argentine, on a demandé quelles étaient les cinq appellations d’origine contrôlées de Belgique. Là, j’étais ravi… Je travaille plusieurs heures tous les jours en préparant des petites fiches. Côté recto, les questions. Côté verso, les réponses. J’y travaille depuis trois ans, depuis mon expérience en Argentine. Je crains les questions sur les boissons hors vin: je ne suis pas un grand spécialiste. Côté pratique, je m’entraîne avec des collègues qui m’aident en me faisant déguster: ‘à l’aveugle’ bien sûr."

Ses cépages préférés

"Le pinot noir évidemment. Et aussi le nebbiolo italien, que l’on retrouve dans le Piémont avec les grands rouges de Barolo et de Barbaresco."

Ses vins préférés

"J’aime toujours les bourgognes, blancs et rouges. Les rieslings allemands, les vins du nouveau monde, ceux d’Australie, de Californie, d’Afrique du Sud. Ils sont faciles d’accès."


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