Arnaud Lagardère, l'héritier prend le pouvoir chez Europe 1

Suite aux mauvais résultats de la célèbre radio périphérique, Arnaud Lagardère s’est emparé de la présidence d’Europe 1. Retour sur le parcours de cet héritier atypique.

L’histoire fait un peu penser à celle de Vincent Bolloré, patron de Vivendi, qui l’an dernier avait repris d’une poigne de fer les destinées de sa filiale Canal +. Sans succès jusqu’ici. Arnaud Lagardère, autre capitaine d’industrie hexagonal, a indiqué hier vouloir faire de même à la tête d’Europe 1, une des pépites de son groupe comme l’est Canal+ chez Vivendi. Dans un entretien au Monde, il a annoncé qu’il allait prendre la présidence d’Europe 1, débarquer le patron actuel Denis Olivennes et nommer une nouvelle équipe. C’est que vague après vague de l’étude "Mediamétrie" (le CIM français), les audiences de la mythique radio de la rue François 1er s’effondrent. Au premier trimestre, elles ont encore chuté pour descendre à 7,7%, ce qui impacte ses résultats, la station affichant en 2016 quelque 7 millions de pertes selon Le Monde.

Le profil
  • Né en 1961 à Boulogne-Billancourt.
  • DEA en stratégies des organisations de l’Université Paris Dauphine.
  • n Administrateur du groupe Lagardère depuis 1986.

  • Succède à son père Jean-Luc en 2003 et recentre le groupe sur les médias, le sport, l’édition et la distribution.
  • Prend la présidence d’Europe 1 en avril 2017.

Cette reprise en main marque l’emprise grandissante du fils unique de Jean-Luc Lagardère sur l’empire (7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 26.000 collaborateurs) dont il a hérité en 2003 au décès de son père. Comme le rapportait voici un an le magazine Challenges, il est désormais seul aux commandes, sans chaperon. Allusion à l’ex-directeur financier Dominique d’Hinnin à qui on prêtait une influence majeure sur la stratégie du groupe avant de le quitter l’an dernier. Une stratégie que l’héritier avait cependant mise en place dès son arrivée au pouvoir en recentrant davantage le conglomérat sur la communication au sens large. Lagardère est désormais axé sur quatre activités: l’édition (Hachette…), les médias (Europe 1, Paris Match, Elle, MCM…), la distribution (duty free, librairies dans les gares et les aéroports…), le sport et le divertissement (événements, sponsoring, gestion de salles…).

Un deal à 1,8 milliard

Exit donc – mais progressivement – les activités originelles du groupe, à savoir l’aéronautique et l’armement. En 2013, Arnaud Lagardère coupait définitivement les ponts avec ce secteur en cédant les 7,5% qu’il lui restait dans le groupe aéronautique EADS qui, visiblement, ne le passionnait guère. L’opération permit de faire entrer 1,8 milliard d’euros dans les caisses du groupe. De quoi renflouer son dirigeant après les nombreux emprunts concédés pour assumer sa stratégie.

Si cette stratégie est plus lisible, son patron, le personnage d’Arnaud Lagardère, reste insaisissable aux yeux de biens des observateurs. Très à l’aise en public, souriant, volontiers charmeur et beau parleur, il a souvent été qualifié de dilettante, préférant passer ses journées dans les loges de Roland Garros que dans ses entreprises ou auprès de la communauté financière. Une image entretenue par la presse people qui a fait ses choux gras de sa vie privée agitée (lire ci-contre). Âgé aujourd’hui de 56 ans, l’homme avait, de fait, tout du fils à papa lorsqu’il est entré dans le groupe. Le jeune homme a été biberonné aux us et coutumes des gens bien nés: tennis, virée en boîte de nuit… L’opposé de son père, bosseur invétéré, qui l’envoya faire ses gammes aux Etats-Unis pour s’occuper de l’éditeur Grolier. Il y développa son goût pour les médias et les technologies, ce qui allait sans doute déterminer le virage qu’il allait donner par la suite à ce groupe. Les 8% qu’il en détient, via le holding familial, lui permet de figurer dans le classement annuel des 500 plus grosses fortunes professionnelles françaises du magazine Challenges avec une cassette estimée à quelque 220 millions d’euros.

Sarkozy, "un frère"

Arnaud Lagardère n’est pas un mondain. Il fréquente peu les dîners en ville et encore moins les cercles d’affaires. Il n’en voit pas l’intérêt. Il a par contre lié de solides amitiés, notamment avec Nicolas Sarkozy. "Arnaud est plus qu’un ami, un frère", déclarait en 2005 l’ancien Président de la république qui le poussa à ne pas se débiner lorsqu’il lui fallut reprendre la direction du conglomérat conformément au souhait de son père.

Une histoire belge

Arnaud Lagardère s’est fait connaître du public belge en 2011 dans un reportage du Soir Magazine le montrant roucouler avec Jade Foret, un mannequin belge de près de 30 ans sa cadette qui allait devenir sa 2e épouse. Les clichés kitchissimes firent les délices de la toile et l’intéressé dut bien reconnaître leur côté ridicule. Mais un an plus tard, rebelote. L’émission "Tout ça" sur la RTBF montrait le couple dans la vie de tous les jours: vols en jet privé, repas familiaux, shootings dans la piscine… En 2013 l’ex-Marianne Belgique révélait que Lagardère avait racheté les droits de diffusion du reportage en France. C’était sans compter sur l’effet viral de la toile…

 

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