Ben Affleck, le gendre idéal devenu Batman

Monsieur Tout-le-monde sans étoffe ou créateur génial? Après avoir passé quelques années au purgatoire des stars, l’ancien "gendre idéal" des années 2000 est devenu un incontournable d’Hollywood…

Tout commence à Cambridge. Pas la cité universitaire so british, le faubourg de Boston qui, accessoirement, héberge un autre campus mythique. Mais Harvard n’est pas au programme du jeune Ben. Il préfère passer son temps avec un lointain cousin plus âgé de deux ans, lui aussi fils d’une enseignante divorcée: Matt Damon. Ensemble, ils rêvent de devenir acteurs, grâce à leur bonne tête et à leur bagout. Comme les rôles ne viennent pas à eux, ils partent pour Los Angeles et décident de s’en écrire: ce sera "Good Will Hunting", l’histoire d’un surdoué des maths qui nettoie les couloirs d’une grande université de la région de Boston, le MIT. Le film conquiert le globe, est couronné par neuf nominations et deux Oscars, dont celui de Meilleur Scénario pour les deux bambins de 25 et 27 ans.

Le profil
  • 1972: Naissance à Boston.
  • 1993: Premiers rôles pour Richard Linklater ("Génération Rebelle") et son ami Kevin Smith ("Les Glandeurs").
  • 1998: Oscar du Meilleur Scénario avec Matt Damon pour "Good Will Hunting".
  • 2007: Première réalisation avec "Gone Baby Gone"
  • 2013: Ben Affleck sera le nouveau Batman. Les fans crient au scandale.
  • 2014: Le thriller "Gone Girl" fait un carton international et repositionne Affleck sur la carte des acteurs bankables.

Matt Damon est une star, oui, mais pas Ben Affleck. Il faudra attendre "Armageddon" l’année suivante. Mais "Armageddon" n’est pas un grand film. Le "malentendu Affleck" commence… et il durera presque 10 ans. Condamné par son physique de gendre idéal à incarner les jeunes premiers sans beaucoup de jugeote, Affleck doute et s’embête ferme. Pour passer le temps, il va faire l’idiot avec son ami Kevin Smith ("Dogma"). Les succès s’enchaînent pourtant, mais la critique éreinte Ben Affleck, le décrivant comme une enveloppe vide, un physique au service de personnages mono bloc. Ce sera "Pearl Harbour", "La somme de toutes les peurs"… Suivent même "Dérapages incontrôlés" (2002) ou "Famille à louer" (2004)…

Affleck réalisateur

On croit alors l’ami Ben perdu pour le 7e Art: il enfilera les films de studio jusqu’à prendre du poids et jouer les grands-pères. Mais en 2007 Ben Affleck renaît, sous la forme d’un réalisateur. N’a-t-il pas, comme étudiant, réalisé plusieurs courts-métrages, dont le très évocateur "I Shot my Lesbian Wife"? Ne s’est-il pas rêvé, autrefois, non pas dans le confort de la position de star mais dans celle de créateur? Il adapte un roman du grand Dennis Lehane ("Mystic River") et confie le rôle principal à un quasi inconnu: son petit frère Casey. La critique s’emballe. Ben Affleck est sauvé.

Surtout que le grand (1m92) brun persévère: "The Town" (2010) revisite avec brio le film de casse. "Argo", deux ans plus tard, se permet carrément de lorgner sur le meilleur du cinéma U.S. des années 70, avec ce thriller politique sur fond de prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran. Affleck rejoint ainsi George Clooney dans le cercle très fermé des cinéastes qui "pensent l’Amérique" et qui soutiennent Barack Obama pour son second mandat.

Hélas, la suite est un peu moins excitante, cinématographiquement, avec la sortie aujourd’hui de son quatrième film comme réalisateur: "Live by Night". En avatar d’Al Capone – homme de poigne et homme à femmes – Affleck acteur a bien du mal à convaincre. Peut-être est-il trop gourmand lorsqu’il cumule les casquettes? C’est pourtant ce qu’il compte faire l’année prochaine en incarnant et réalisant "The Batman". Ce qui revient à se prendre à la fois pour Christopher Nolan et pour Christian Bale. Trop gourmand, le kid de Boston? La réponse en 2018…

En bref

Divorce à l’italienne

Après dix ans de vie commune et trois beaux enfants, Ben Affleck et Jennifer Garner divorcent en 2015, l’actrice reprochant à son compagnon sa dépendance à l’alcool, aux cartes et aux virées entre copains. Mais pour ne pas déranger l’harmonie familiale, les parents décident de continuer à vivre sous le même toit: leur immense maison de plus de 800 m². Mais chacun chez soi…

Esclaves, non merci

Affleck accepte en 2015 de faire partie de l’émission de généalogie "Finding Your Roots". Quand il apparaît que l’un de ses ancêtres possédait des esclaves l’acteur, embarrassé, demande qu’il n’en soit pas fait mention. Il a depuis publiquement regretté cet acte sur sa page Facebook, disant qu’il aurait dû plutôt "affronter les faits".

Où est mon trophée?

Pour l’édition 2005 des "Razzies", ces anti-Oscars distribués la veille de la célèbre cérémonie, Affleck cumule trois films ("Gigli", "Daredevil", "Paycheck") et décroche ainsi la statuette de "Pire Acteur". Mais alors que les gagnants évitent habituellement de s’étendre sur le sujet, Affleck, adepte de l’auto dérision, demande à grands cris que le trophée lui soit remis. Ce qui sera fait dans une édition du Larry King Live…

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