Bernard Bayot (président de NewB), l'optimiste financier éthique

Diplômé en droit de l’ULB, Bernard Bayot décide, après 15 ans au barreau, de changer de vie. Il touche alors du doigt la finance éthique, avant de s’y plonger à corps perdu. Il est aujourd'hui le président de NewB, projet de banque citoyenne et durable.

Mais qu’est-ce qui fait courir Bernard Bayot depuis près de 10 ans? Bernard Bayot, ce nom ne vous dit peut-être rien, à moins qu’on vous parle de l’homme qui veut révolutionner le secteur bancaire belge. De l’homme qui veut créer une banque éthique, saine, transparente. Une banque comme à l’époque de nos grands-parents avec pour seules missions de collecter des dépôts et d’offrir des crédits. Une banque qui n’est pas là pour rémunérer l’actionnaire, mais pour financer une économie durable.

Le profil
  • Diplômé en droit de l’ULB.
  • 2004: il prend la direction de Réseau Financité
  • 2011: il devient président de NewB
  • 2013: NewB, après avoir séduit 24 organisations sociétales, se tourne vers le grand public. Ils seront 43.000 particuliers à investir 20 euros dans le projet.
  • 2019: Bernard Bayot prend son bâton de pèlerin et part en quête de 30 millions d’euros.

Ce projet NewB, Bernard Bayot le porte depuis 2011. Après quinze années passées au barreau, il fait son entrée en 2001 au Réseau financement alternatif (une association qui a pour but de promouvoir la finance responsable et solidaire) comme chercheur et, depuis 2004, comme dirigeant.

C’est ensuite qu’explose la crise financière, emportant dans la tempête nos quatre grandes institutions bancaires. "C’est à ce moment-là qu’a germé l’idée de créer une banque coopérative. Nous avons pris le temps de faire les choses correctement en obtenant un large soutien tant au sud qu’au nord du pays."

L’individu collectif

Le "nous" revient souvent dans la bouche de Bernard Bayot. Jamais il ne s’appropriera le projet NewB. "C’est un projet porté par près de 70.000 coopérateurs (ce sera le cas à la fin de l’actuelle période de souscription, NDLR.)."

Son opiniâtreté, il l’attribue aussi au soutien qu’il reçoit dans cette quête. "Je pense qu’il y a chez nombre de citoyens, comme chez moi, un sentiment profond de justice, d’équité et de perception d’évolution positive. Développer une banque avec les caractéristiques de NewB fait partie de cette idée partagée."

Une banque au final

L’homme se caractérise aussi par un extraordinaire optimisme. Et ce n’est pas un vain mot. La route pour faire de NewB une banque a été longue. Le projet a connu de multiples revers jusqu’à cette levée de fonds qui n’est nullement synonyme de fin du voyage.

NewB a lancé fin septembre une vaste campagne pour récolter 30 millions d’euros, condition sine qua non à l’obtention de l’agrément de la BCE, indispensable sésame pour lancer des activités bancaires.

NewB a lancé fin septembre une vaste campagne pour récolter 30 millions d’euros, condition sine qua non à l’obtention de l’agrément de la BCE, indispensable sésame pour lancer des activités bancaires. La campagne prend fin ce mercredi à minuit. Ce mardi en fin de journée, 20 millions d’euros étaient arrivés sur le compte, sans compter les souscriptions encore retenues dans les méandres des procédures. Le décompte final est attendu vendredi midi et il sera "quasi sans appel". "S’il nous manque même 3 centimes d’euros, nous serons obligés de rembourser dans les trois jours nos investisseurs. Le prospectus actuel ne prévoit en effet aucune prolongation de l’offre et à ce stade, rien n’est décidé pour entamer des discussions."

Un remboursement est aussi prévu si, une fois passé le délai du 24 février 2020, NewB n’obtenait pas l’agrément lui permettant de lancer ses activités, un lancement prévu dans les 3 à 4 mois après ce délai. Si l’agrément devait leur échapper, ce serait à l’assemblée générale d’envisager l’avenir. Ici encore, l’optimisme de Bernard Bayot est de mise.

1 euro par scout

La fédération Les Scouts a, il y a quelques jours, décidé d’apporter sa pierre à l’édifice NewB. "Nous voulons encourager la jeunesse à croire à un monde meilleur pour demain", expliquait-on. À raison d’une participation de 1 euro par scout membre de l’association, la fédération a versé 50.000 euros à NewB.

Pourquoi investir dans NewB?

La question faisait la semaine dernière l’objet d’une tribune dans la presse. Parmi les signataires, on retrouvait le climatologue Jean-Pascal van Ypersele ou le juriste Olivier De Schutter. "Nous avons le droit de savoir ce qui est fait avec notre épargne", martelaient-ils. Dans une campagne médiatique, d’autres visages ont surgi: Bruno Coppens, Jean-Pierre Dardenne, Pierre Kroll ou encore la jeune Adelaïde Charlier.

La Région wallonne

Après les 400.000 euros (et 600.000 encore disponibles au cas où…) de finance&Invest. brussels, le bras financier de la Région Bruxelles-Capitale, la réflexion est en cours du côté wallon. La Sowecsom, filiale de la SRIW, pourrait lui emboîter le pas. "Le point est à l’ordre du jour du gouvernement régional cette semaine", explique Willy Borsus, ministre de l’Economie.

 

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