Bernard Majoie, le mécène des chercheurs entrepreneurs

Ancien patron des laboratoires Fournier reconverti en mécène dans la recherche contre le cancer, Bernard Majoie a pris une participation dans la start-up liégeoise Andaman7.

Du neuf chez Andaman7, la jeune pousse liégeoise qui propose une application permettant de gérer et de partager son dossier santé. Elle a levé récemment 850.000 euros, principalement auprès de business angels. Parmi ceux-ci, Bernard Majoie, le créateur de la Fondation Fournier-Majoie, qui accompagne nombre de chercheurs dans le domaine de l’oncologie.

Créée en 2014 par l’ingénieur civil informaticien Vincent Keunen, qui fut lui-même touché de près par le cancer, Andaman7 développe un dossier médical collaboratif sur smartphones et tablettes, ainsi qu’une plateforme d’échanges de données médicales sécurisées. La société avait procédé à une première levée de fonds (1,3 million) en novembre 2015 au travers d’une dizaine d’investisseurs (dont Bernard Delvaux) et d’un invest. Souhaitant s’étendre davantage à l’international, Andaman7 était à la recherche de nouveaux moyens financiers.

à titre personnel

Le profil
  • Belge, né en 1939.
  • Diplômé en pharmacologie, PhD en pharmacie.
  • Fondateur du premier laboratoire de R & D chez Fournier.
  • Ancien CSO, CEO et président des Laboratoires Fournier.
  • Président fondateur de la Fondation Fournier-Majoie.

Bernard Majoie a investi à titre personnel dans l’entreprise et non pas via sa fondation. Ce Belge, docteur en pharmacologie qui approche les 80 ans, a dirigé pendant 10 ans le groupe pharmaceutique Fournier, où il était entré comme chercheur. Après la revente de l’entreprise française à Solvay – qui la cédera en 2009 à Abbott, scellant ainsi sa disparition –, il a créé une fondation, basée et active en Belgique, en y injectant 20 millions d’euros. Le but: offrir du conseil et un soutien financier aux chercheurs aspirants entrepreneurs actifs dans la cancérologie, plus particulièrement dans le diagnostic.

La Fondation Fournier-Majoie a déjà octroyé des financements à 14 lauréats. Seul retour attendu: "Il y a un engagement systématique contractuel, précise Bernard Majoie. En cas de succès de leur projet, les lauréats doivent reverser une partie de leurs bénéfices à la Fondation afin de réalimenter la pompe et de financer d’autres projets. Le but n’est pas d’assurer un enrichissement personnel, mais d’assurer la pérennité de la Fondation."

©Siska Vandecasteele

En plus de la Fondation, désormais dirigée par son fils Jérôme, Bernard Majoie est lui-même investisseur. Après sa carrière chez Fournier et avant même de se lancer dans le mécénat, il a investi dans des sociétés en tant que Bbusiness angel. Aujourd’hui, en sus d’Andaman7, il a d’autres participations actives, dans les biotechs françaises Onxeo et PEP Therapy, ainsi que dans une spin-off de la KUL, reMYND. Il a également un portefeuille de titres dans des biotechs belges et internationales cotées, ainsi que deux fonds spécialisés gérés par Candriam pour l’un, par Lombard Odier pour l’autre.

Qu’est-ce qui, dans le projet Andaman7, a séduit le discret philanthrope? "L’histoire de l’homme et de sa société, répond Bernard Majoie. Sa vocation à favoriser la conscience du patient, selon laquelle son corps et les données qui y sont relatives lui appartiennent. Et également le caractère pluridisciplinnaire du projet."

Andaman7

Le nom Andaman vient des îles Andaman, un archipel du golfe du Bengale situé entre l’Inde et la Birmanie. Les habitants de ces îles vivaient totalement isolés du reste du monde durant plus de 2200 ans. Vincent Keunen, le fondateur de l’entreprise, a pensé qu’il s’agissait d’une belle métaphore pour le problème de communication actuel dans le secteur de la santé.

La Fondation Fournier-Majoie

La Fondation Fournier-Majoie pour l’Innovation (FFMI) a été nommée de la sorte en hommage aux collaborateurs et aux équipes de Fournier, société pharmaceutique française aujourd’hui disparue. Elle fut le quatrième laboratoire français indépendant.

 


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