Brad Parscale, l'expert Facebook dans l'ombre de Trump

Le directeur de campagne de Donald Trump pour 2020 a commencé comme simple web designer au Texas. En 2016, il a tout misé sur le réseau social pour faire gagner le milliardaire.

Son nom ne dit rien au grand public mais Brad Parscale est un élément crucial de la galaxie Trump. Directeur digital de la première campagne présidentielle du milliardaire, il est devenu le directeur tout court de la campagne pour sa réélection à la Maison-Blanche en 2020. C’est dire l’importance accordée à internet pour convaincre les électeurs américains, désormais.

Ce natif du Kansas à la barbe de Viking prépare le terrain depuis trois ans déjà en utilisant des recettes testées et approuvées en 2016: miser sur Facebook et YouTube pour exciter la base pro-Trump à coup de publicités agressives ultra-ciblées. Le but n’est pas tant de convaincre – la recherche montre que cela ne marche pas ou peu – mais d’indigner ceux qui sont déjà convaincus et de les pousser à aller voter.

Le profil
  • 1976: Naissance à Topeka, Kansas.
  • 2005: Il devient développeur de sites web au Texas.
  • 2012: Il commence à travailler avec la famille Trump.
  • 2015: Il débute son travail pour la campagne présidentielle de Donald Trump.
  • 2018: Il devient directeur de la campagne de Trump pour 2020.

Machine à cash

Brad Parscale, 43 ans, a raconté cette année ce qu’il disait à son équipe lors de la campagne précédente: "Des millions d’Américains, des personnes âgées, sont sur Internet, en train de regarder les photos de leurs enfants qui ont tous déménagé vers la ville. Si on arrive à les toucher, alors on peut changer cette élection", rapporte le New York Times. Il compte aussi sur le merchandising avec une panoplie de gadgets – casquettes, t-shirts, etc. – à l’effigie du candidat. Une manière de récolter du cash – déjà 150 millions de dollars pour 2020 – mais aussi des données personnelles sur les électeurs.

En face, les démocrates semblent n’avoir pas appris les leçons de 2016. Certes, ils investissent massivement eux aussi dans le digital. Mais leur approche reste encore très – trop? – vieille école. Un exemple: lorsque l’enquête pour impeachment contre Donald Trump a été lancée en septembre par les élus démocrates, son équipe de campagne a diffusé en boucle une vidéo relayant une théorie du complot sur Joe Biden et son fils. La réaction du camp de l’ex-vice-président? Demander le retrait de cette publicité – Facebook a refusé – et investir davantage dans les spots télévisés classiques… en puisant dans le budget Internet.

Un homme riche

Si la campagne d’Obama avait été pionnière dans l’utilisation des réseaux sociaux, un retournement s’est opéré en 2016. Sûrs de leur victoire, les démocrates ont recruté une armée de spécialistes du digital. Le nouveau venu Donald Trump a dû se contenter d’anonymes avec peu d’expérience. Brad Parscale, webdesigner à San Antonio, au Texas, avait déjà travaillé pour la famille Trump quelques années auparavant. En confiance, méfiant envers l’establishment républicain, le clan Trump a donc fait appel à ses services. Parscale a travaillé de concert avec Jared Kushner, le mari d’Ivanka Trump, pour cibler sur Facebook les électeurs des États susceptibles de basculer.

Le succès de 2016 a fait de lui une star et un homme riche. Il possède désormais une maison à 2,4 millions de dollars en Floride et conduit une Ferrarri et une BMW X6. Alors qu’il se revendiquait politiquement neutre au départ, il est devenu l’un des plus fervents défenseurs du milliardaire, qu’il considère "comme un deuxième père". Le public peut désormais le voir sur scène chauffer la salle lors des meetings de la campagne "Keep America Great".

Un premier job pour Trump à 1.500 dollars

En février 2015, quand Donald Trump demande à Brad Parscale de réaliser une page web pour sa candidature à la présidentielle, ce dernier demande 1.500 dollars et termine le job en un week-end. En juin, il accepte de bâtir le site web de la campagne pour 10.000 dollars.

Sondages confidentiels

Brad Parscale a permis à Donald Trump de verrouiller le clan républicain. En gardant confidentiels les sondages d’opinion locaux sur le président réalisés par le parti, il empêche les élus de savoir si leurs électeurs le soutiennent. Sur le terrain, ils ne peuvent alors plus le désavouer publiquement.

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