Brian Chesky à l'épreuve d'un vote citoyen

Les habitants de San Francisco se prononcent ce mardi sur un durcissement de la réglementation de la plateforme de location entre particuliers Airbnb.

Pour Brian Chesky, le cofondateur et patron d’Airbnb, c’est une journée cruciale qui s’annonce ce 3 novembre. à San Francisco, les électeurs sont invités à se prononcer sur un durcissement de la réglementation de la location immobilière de courte durée. La populaire plateforme américaine est la première visée par cette initiative citoyenne. Elle est accusée d’accentuer la flambée des loyers dans la ville, un sujet brûlant qui alimente les tensions sociales.

Une menace plus stricte

Baptisé Proposition F, le projet de loi prévoit de limiter la location d’un logement à 75 jours par an. Actuellement, aucune limite n’est imposée si l’hôte est présent dans la maison ou l’appartement. Le texte propose également de contraindre les loueurs à fournir aux autorités des rapports trimestriels sur leur activité. Et de permettre aux habitants de poursuivre en justice leurs voisins en infraction avec la réglementation. L’issue du scrutin demeure encore incertaine. Dans un contexte de faible participation électorale, il est toujours plus facile de mobiliser les mécontents.

Avant de fonder Airbnb, Brian Chesky a fait une petite carrière de bodybuilder. Le jeune homme est aussi fanatique de hockey.

Avec son compère Joe Gebbia, il a participé au développement d'une équipe au sein de son équipe de design.

Ce n’est pas la première fois qu’Airbnb fait face à une menace de réglementation plus stricte. Certes, San Francisco ne représente qu’un petit marché. Mais une défaite serait hautement symbolique. D’abord, parce qu’il s’agit de sa ville natale. Ensuite, parce qu’elle serait infligée par les habitants, et non pas des élus ou la justice. Cela remettrait en cause le discours de la start-up, qui se dit soutenue par la population face au lobby hôtelier. Un discours que Brian Chesky répète désormais sur les plateaux télé.

Conscient du danger, Airbnb a dépensé 8 millions de dollars en lobbying et en campagnes d’affichage. Une de ces campagnes a suscité la polémique, fin octobre. Elle proposait, sur un ton condescendant, une série d’améliorations des services publics de la ville grâce aux 12 millions de dollars de taxes payées par les utilisateurs d’Airbnb. Brian Chesky s’est rapidement excusé, mais cet épisode a terni l’image de marque de la société.

"En juin 2010, j'ai quitté mon appartement. Depuis, je vis dans des appartements loués sur Airbnb", assure Brian Chesky. L'entrepreneur fait aussi office d'hôte: il continue de louer l'appartement ayant lancé le concept d'Airbnb.

Une histoire digne de la Silicon Valley

A 34 ans, l’entrepreneur fait partie de cette nouvelle génération qui surfe sur la vague de l’économie du partage. Son parcours est l’une de ces histoires que l’on aime raconter dans la Silicon Valley. Diplômé en design industriel, il se retrouve sans emploi. En 2007, le jeune homme loue un appartement à San Francisco avec Joe Gebbia, un ami rencontré sur les bancs de l’université. Pour joindre les deux bouts, ils profitent de la tenue d’une conférence dans la ville: ils installent trois matelas gonflables dans leur salon et les mettent en location sur internet.

  • Né en 1981 à Niskayuna (New York)
  • 2007 Loue trois matelas gonflables dans son appartement de San Francisco
  • 2008 Fonde Airbed and Breakfast, qui deviendra plus tard Airbnb
  • 2014 Devient le premier milliardaire de l’économie du partage

Le concept d’Airbnb est né. Mais le succès tarde à se dessiner et la société peine à séduire les investisseurs. "Nous n’étions pas préparés pour cela", reconnaît Brian Chesky, qui assure les fonctions de directeur général depuis le lancement de la société en 2008. La roue finit par tourner. La plateforme est aujourd’hui présente dans près de 35.000 villes dans le monde, offrant plus d’un million et demi de logements. Selon l’agence Reuters, elle mise sur 80 millions de nuitées réservées cette année, deux fois plus qu’en 2014.

L’entreprise est désormais valorisée à 25 milliards de dollars. Selon le magazine "Forbes," Brian Chesky est à la tête d’une fortune de 3,3 milliards. "Ce n’est pas naturel pour quelqu’un comme moi, sorti d’une école d’art puis sans-emploi, de se retrouver là cinq ou six plus tard", concède-t-il.

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