Bruno Venanzi, l'aventurier qui a appris à gérer le risque

Des perquisitions ont été effectuées ce mercredi au domicile du président du Standard, Bruno Venanzi. Si le foot coule dans son sang, il n’en est pas moins conscient des dérives du sport.

"Le sens de l’aventure, c’est savoir gérer les risques, cela s’apprend", déclarait dans une interview Bruno Venanzi. Aujourd’hui, le risque passe par la case "perquisitions" de son domicile et des locaux du Standard de Liège à Sclessin.

LE PROFIL
  • Né à Liège en 1970, Bruno Venanzi est père de deux enfants.
  • Licencié en histoire de l’Université de Liège, diplômé en économie de la V.U. Amsterdam
  • Il aura comme employeurs: Belgacom, MCI WorldCom et Certipost.
  • En 2003, il crée Lampiris avec Bruno Vanderschueren.
  • En 2015, il devient président propriétaire du Standard de Liège et vend Lampiris.

 

Ces perquisitions sont menées dans le cadre d’une enquête impliquant l’agent de joueurs et ami Christophe Henrotay sur des soupçons de malversations lors de transferts de différents joueurs comme les anciens anderlechtois Alexsandar Mitrovic, Chancel Mbemba et Youri Tielemans ainsi que du standardman Collins Fai et des ex-joueurs du club de Sclessin Sambou Yatabaré et Christian Luyindama.

"On m’a souvent demandé ce que je venais faire au Standard", indiquait récemment Bruno Venanzi dans les colonnes du Vif. "Tout d’abord, j’aime ça. Ensuite, le foot est-il davantage pourri que d’autres secteurs? Je réponds toujours: ouvrez les yeux, malheureusement, notre monde est pourri, en général." Le ton est donné!

Piqué par le virus

À 8 ans, le père d’un ami m’a proposé d’aller voir le Standard contre le Cercle de Bruges. C’était un des plus beaux jours de ma jeune vie.
Bruno Venanzi

Mais comment est-il tombé dans la marmite du football, lui dont le père et les deux frères ne semblent pas avoir été piqués par ce virus.

"À 8 ans, le père d’un ami m’a proposé d’aller voir le Standard contre le Cercle de Bruges. C’était un des plus beaux jours de ma jeune vie. Je compare le football à une catharsis. C’est un moyen de se libérer de ses mauvaises énergies."

C’est sa passion pour le football qui en 2014 le pousse à accepter la proposition de Roland Duchâtelet, alors propriétaire et président du Standard de Liège, de prendre la vice-présidence du club.

Depuis juin 2015, il est seul aux commandes. Il aurait payé 17 millions d’euros (assortis de 10 millions de réduction de capital octroyée par Duchâtelet et remboursée par semestre) son titre de président propriétaire du Standard de Liège… et quelques millions en sus pour armer le club pour l’avenir.

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De l’énergie verte au foot

Mais si le foot et le Standard sont une histoire de cœur, ce licencié en histoire de l’Université de Liège et en économie de la V.U. d’Amsterdam, est avant tout un homme d’affaires.

©Thierry du Bois

Après avoir fait ses armes au service commercial de Belgacom et chez MCI WorldCom, il crée en 2003 un acteur énergétique vert: Lampiris. Avec le cofondateur Bruno Vanderschueren, il connaît un succès croissant jusqu’à la revente au groupe Total en 2016. Montant de la transaction: 180 millions d’euros. Et que faire de cette fortune quand on est comme beaucoup d’Italiens, un est accro du foot? Eh bien, on l’injecte dans le Standard! La boucle est bouclée. Le petit garçon qui écoutait à la radio les commentaires de Luc Varenne, s’offre le club de son cœur.

"Pour un club comme le Standard, qui compte beaucoup à Liège, avoir une telle personnalité dans son organigramme c’est un énorme atout", lançait alors son ami, l’Ecolo Jean-Michel Javaux, ex-administrateur de Lampiris, président de Noshaq (ex-Meusinvest) et fan des "Rouches".

Ce qui est certain, c’est qu’avec ces perquisitions c’est davantage qu’une personnalité liégeoise qui est touchée par la justice, c’est surtout un nouveau haut site de la Principauté.

Venanzi le marathonien

Bruno Venanzi n’est pas qu’un sportif de salon. Il a déjà couru trois marathons (record personnel: 3H55 au Maasmarathon entre Liège et Maastricht) et a déjà pris part au Polar Price Marathon du Groënland: "J’ai mis plus de 5 heures, mais parfois on avait de la neige jusqu’au genou. Une expérience extraordinaire!"

Des livres et du vin

Si le foot remplit la vie de Bruno Venanzi, l’homme est aussi féru de livres et d’œnologie. "Pour moi, les livres sont, avec mes vins, les biens matériels les plus importants. Chaque livre laisse une trace, nous marque, construit notre personnalité."

La fratrie Venanzi

Les Venanzi, ce sont trois frères, pas tous fans de foot. Marco, le dessinateur a contribué à la série Alix et a été primé en 2003 au Festival de la BD d’Angoulême. Luca, qui dirige les Éditions de la Chambre de Commerce et d’Industrie, a un faible pour les ouvrages de vulgarisation pour les managers de PME. Bruno est donc l’homme d’affaires.

 

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