Carly Fiorina, l'autre candidate à la Maison-Blanche

L’ex-pdg de HP est candidate à la présidentielle US de 2016. Carly Fiorina veut s’attaquer à Hillary Clinton. Mais elle devra d’abord convaincre les électeurs républicains, et ce n’est pas gagné.

Depuis hier, les républicains ont leur première candidate à l’élection présidentielle américaine de 2016. Et Hillary Clinton a sa rivale. L’ex-pdg de HP, Carly Fiorina, a en effet annoncé dans la matinée qu’elle briguait l’investiture du parti républicain. Cela faisait des semaines qu’elle multipliait les critiques acerbes envers la candidate démocrate. "J’ai beaucoup d’admiration pour Hillary Clinton, mais on ne peut clairement pas lui faire confiance", a-t-elle encore lancé hier sur la chaîne ABC.

Fiorina compte faire campagne en jouant la carte féminine. Elle ne pourra en tout cas pas jouer celle de la success story.

Née le 6 septembre 1954 à Austin (Texas).

Diplômée en philosophie et histoire médiévale de Stanford. Abandonne le droit. Fait ensuite des études commerciales, notamment au MIT.

Engagée chez AT & T en 1980. Contribue à la création de Lucent en 1995. Nommée CEO de HP en 1999. Licenciée en 2005.

Conseille le candidat républicain John McCain à la présidentielle de 2008. Perd les élections sénatoriales de 2010.

Même si son parcours professionnel peut impressionner – elle a gravi les échelons d’AT & T jusqu’au sommet, contribué à créer Lucent et dirigé HP, alors numéro un de l’informatique aux États-Unis – c’est surtout de son licenciement en 2005 (avec un parachute doré de 20 millions de dollars) qu’il risque d’être question pendant la campagne.

Comme en 2010, lorsqu’elle a été battue par Barbara Boxer, la sénatrice démocrate de Californie dont elle briguait le siège.

À l’époque, le camp démocrate l’avait violemment attaquée sur son bilan chez HP en le résumant à des licenciements collectifs, une fusion désastreuse avec Compaq et une chute des cours boursiers de la société.

S’il est vrai que l’annonce du licenciement de Fiorina avait immédiatement été saluée par les marchés, il s’avéra plus tard que la fusion avec Compaq n’était pas une si mauvaise chose et que certains des problèmes rencontrés par la société sous l’ère Fiorina étaient le résultat d’anciennes décisions et de l’éclatement de la bulle internet.

Échecs politiques

Mais ses rivaux n’auront pas de difficultés à trouver d’autres angles d’attaque. Car, si la candidate républicaine se targue de ne pas être un pur produit politique, ce n’est pas faute d’avoir essayé. En 2008, elle avait conseillé John McCain dans sa campagne contre Barack Obama.

De secrétaire à CEO de HP, l’ascension de Fiorina aura été fulgurante. Sa chute sera douloureuse. Après avoir été virée en 2005 par HP, celle qui fut la première femme à diriger une entreprise du classement Fortune 20 et fut encensée par les médias, sera qualifiée d’anti-Steve Jobs. Du Capitole à la Roche Tarpéienne, il n’y a décidément vraiment pas loin.

Chauve et candidate

En 2009, Carly Fiorina apprend qu’elle a le cancer du sein. La même année, sa belle-fille décède à 35 ans suite à la drogue. Qu’à cela ne tienne, la campagne pour l’élection sénatoriale de 2010 n’attendra pas et Fiorina décide de tenter le coup. La chimiothérapie qu’elle doit suivre lui fait perdre ses cheveux. Elle refuse de porter une perruque et c’est chauve qu’elle entame sa campagne. Fiorina est aujourd’hui en rémission complète.

Elle avait à l’époque embarrassé tout le camp McCain en s’interrogeant ouvertement sur les capacités de Sarah Palin, la gouverneur d’Alaska qui avait été choisie pour figurer à ses côtés sur le ticket républicain.

Sa défaite aux élections sénatoriales de 2010, une année où les observateurs estimaient qu’une victoire républicaine face à la sénatrice démocrate sortante était inévitable, sera également exploitée. À l’époque, elle avait heurté l’électorat californien avec ses positions ultra-conservatrices, notamment contre l’avortement. Opposée au mariage homosexuel (mais pour des unions civiles gays) et à la lutte contre le réchauffement climatique, elle pourrait séduire certains électeurs conservateurs lors des primaires. Mais les sondages ne lui donnent pas l’ombre d’une chance de s’y imposer. Elle n’est généralement créditée que de 1 à 3% des intentions de vote, loin derrière Jeb Bush (même si ce frère et fils de présidents n’a pas encore officialisé sa candidature) et la plupart des autres candidats.

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