Catherine De Bolle, une Belge première policière d'Europe

Catherine De Bolle dirige Europol depuis mardi. Ses adversaires sont sortis du bois pour tenter de la déstabiliser. C’est mal connaître l’ancienne patronne de la police fédérale.

La Belge Catherine De Bolle est à peine arrivée à la tête d’Europol, l’agence de coopération policière européenne, que les critiques fusent. Certaines voix dans la bulle européenne s’inquiètent de voir accéder à ce poste celle qui dirigeait la police fédérale pendant les attentats de Bruxelles et de Paris. Le site américain Politico étalait hier ses doutes quant à sa capacité à coordonner la lutte européenne contre le terrorisme, citant des sources internes d’Europol et des services de renseignement.

Le profil
  • Née à Alost en 1970, Catherine De Bolle a fait des études de droit à l’Université de Gand. Avocate à la gendarmerie, elle participe à la réforme des polices.
  • En 2012, elle devient commissaire général de la police fédérale belge.
  • En 2015, elle est représentante au comité exécutif d’Interpol.
  • Elle est élue à la présidence d’Europol fin 2017.

Catherine De Bolle en a vu d’autres. Depuis qu’elle rêve d’endosser l’uniforme de la police, cette femme de poigne s’est heurtée à des obstacles physiques et humains qu’elle a éliminés les uns après les autres avec la plus grande patience.

À 18 ans, lorsqu’elle veut entrer à la gendarmerie, sa petite taille l’arrête. Elle mesure 1,64 mètre alors qu’il faut quatre centimètres de plus pour passer la rampe.

Qu’à cela ne tienne, elle entre en faculté de droit à l’Université de Gand. En 1994, après l’obtention de son diplôme, le seuil minimum est abaissé à 1,63 m.

Toujours la première

Catherine De Bolle entre illico à la gendarmerie, comme avocate. Elle participe à la réforme des polices. Quelques années plus tard, elle dirige la police de Ninove.

En 2012, elle réussit haut la main l’examen de commissaire général de la police fédérale, et devient la première femme – et la plus jeune – à atteindre un tel niveau au sein des forces de police. Plus de 12.000 employés sont sous ses ordres, contre une centaine auparavant. Elle reverra de fond en comble l’organisation de la police, tant son prédécesseur Fernand Koekelberg, emporté par le scandale, avait laissé le terrain en friche. L’une ou l’autre plainte fut déposée contre sa nomination par des candidats évincés. Sans aucun lendemain.

Catherine de Bolle prête serment lors de sa nomination en tant que commissaire générale de la police fédérale, le 29 février 2012. Elle est la première femme et la plus jeune personne à accéder à ce poste. ©BELGA

En 2015, Catherine De Bolle est à nouveau la première femme à prendre des responsabilités policières de haut niveau, en l’occurrence représentante européenne au comité exécutif d’Interpol.

Reconduite comme chef de la police fédérale en 2017, elle se prépare alors à un tout autre destin, diriger Europol.

Sa nomination fera l’objet d’une bataille rangée entre certains États européens. Que lui reprochent ses adversaires? Sa gestion des attentats de Paris et Bruxelles perpétrés par des terroristes basés dans la capitale. Selon un rapport du Comité permanent de contrôle des services de renseignements (Comité P) connu de longue date, des informations alarmantes sur les frères Abdeslam circulaient depuis 2014. Certaines pièces, comme une clé USB, n’auraient pas été pleinement étudiées par l’antiterrorisme. On lui reproche aussi son manque de coordination avec les polices d’autres pays européens.

Catherine De Bolle a déjà répondu point pas point aux conclusions du Comité P. Elle a tenu bon, et n’a jamais été remise en question. Elle reçut même la Légion d’honneur pour sa gestion de la crise.

Sa candidature est passée sans contestation devant le jury, le Conseil européen et le Parlement. "Je n’ai pas entendu la moindre critique à son encontre. Elle a été impressionnante de qualité devant le Conseil européen", dit Gérard Deprez, eurodéputé libéral membre de la commission parlementaire chargée de l’auditionner.

En 2016, Catherine De Bolle a obtenu un recul de la criminalité de 5% dans le pays.

Elle succède au sommet d’Europol au Britannique Rob Wainwright, un ancien agent analyste du MI5.

Appuyée par 18 États

La candidature de Catherine De Bolle à la présidence d’Europol a reçu le soutien de 18 États européens sur les 28. Contre elle, le Tchèque Oldrich Martinu, directeur général adjoint d’Europol.

Soutenue par Charles Michel

Le Premier ministre Charles Michel a soutenu sa candidature auprès de ses pairs, en particulier lors du sommet de Göteborg fin 2017. Catherine De Bolle est l’une des seules belge à occuper un poste de haut niveau au sein de l’Union européenne.

Criminalité en chute

Depuis l’arrivée de Catherine De Bolle, la criminalité a reculé sans discontinuer, de 1,04 million de faits répertoriés en 2012 à 886.000 en 2016. Aux trois premiers trimestres de 2017, ils étaient à 641.000.

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