Charlene de Carvalho-Heineken, une patronne qui ne se fait pas mousser

Héritière de la fortune familiale, Charlene de Carvalho a fini par être reconnue comme patronne à part entière au sein d’Heineken. Elle est aujourd’hui la personne la plus riche des Pays-Bas.

À l’image de son regard fuyant l’objectif lorsqu’elle est photographiée, Charlene de Carvalho est une femme d’affaires de l’ombre. Loin de se faire mousser comme son père Freddy Heineken, patron emblématique qui a fait sa renommée en propulsant le groupe brassicole néerlandais au rang de multinationale dans les années de l’après-guerre, cette sexagénaire riche comme Crésus est une femme plutôt sobre.

Les rares apparitions en public de Charlene de Carvalho montre une silhouette un peu empotée souvent vêtue d’un tailleur-pantalon de couleur neutre. Seul un foulard apporte parfois une touche de couleur à son allure générale grise. Malgré tout, elle est un sujet médiatique de prédilection depuis nombre d’années.

Pas forcément pour ses états de service de longue date en tant que membre du conseil d’administration d’Heineken aux yeux du grand public mais parce qu’elle est "le" milliardaire le plus riche des Pays-Bas et l’une des femmes les plus nanties de la planète. Des titres qu’elle ravit régulièrement depuis plus d’une dizaine d’années.

Selon le dernier classement du magazine néerlandais Quote, son patrimoine s’est étoffé de près de 11% en un an, à 14,2 milliards d’euros en 2019. Pour sa part, le magazine américain Forbes estime sa fortune actuelle à 16,3 milliards de dollars (14,7 milliards d’euros).

Même si elle réside à Londres et dispose aussi de la nationalité britannique, son destin reste lié à Amsterdam. Non pour y être née mais parce que le siège social d’Heineken s’y trouve, donc forcément ses intérêts financiers.

À la tête de 25% du capital d’Heineken

Elle est en effet à la tête d’une participation de contrôle de 25% au capital du géant brassicole néerlandais Heineken Holding composée initialement de 100 millions d’actions. Un pactole hérité en 2002 suite au décès de son père et évalué à l’époque 3,7 milliards d’euros.

Depuis, cette femme qui a eu cinq enfants en sept ans et a vu sa fortune plus que tripler, fait preuve d’un esprit familial ressemblant à celui d’un clan écossais. Outre son mari qui siège au conseil de surveillance d’Heineken. Son fils Alexandre a aussi fait son entrée dans cette instance du groupe en 2013.

"Ce n’est pas mon entreprise. Il s’agit de quelque chose qui m’est tombé dans les mains et j’espère un jour le transmettre moi-même. Ce n’est pas quelque chose qui m’appartient en propre. Heineken appartient aux gens qui ont construit l’entreprise et à ceux qui y travaillent", assure-t-elle dans la presse.

Reste que les années qu’elle a passées en occupant un siège au sein de la grande instance décisionnelle d’Heineken ont été couronnées de succès. Le géant batave a pris pied dans plus d’une trentaine de nouveaux pays et mené des acquisitions tambours battant aux quatre coins du monde. Au niveau financier, le chiffre d’affaires a été multiplié par trois.

On prête aujourd’hui à Charlene de Carvalho la réputation d’être plus agressive que son père. Il est clair aussi qu’elle connaît de A à Z les préoccupations des actionnaires. Adolescente, elle se rendait volontiers aux assemblées générales, comme son père l’y encourageait.

3 anecdotes

Méfiance de la direction

"Devant la méfiance et l’inquiétude de la direction lorsque j’ai décidé de rejoindre le conseil d’administration, j’ai d’abord écouté pour apprendre, me gardant de toute décision", se souvient Charlene de Carvalho.

Le décès du père a tout déclenché

"Quelques jours après la mort de mon père, j’ai discuté avec mon mari pour savoir si nous allions seulement envoyer une carte à Noël aux dirigeants d’Heineken pour les remercier des dividendes, ou nous investir dans la société", a raconté Charlene de Carvalho lors d’une interview télévisée.

Saint-Moritz mon amour

C’est lors d’un séjour dans la station de sports d’hiver helvétique de Saint-Moritz que Charlene Heineken a rencontré son mari, Michel de Carvalho, un financier de haut vol directeur au sein de la banque d’investissement américaine Citigroup. Depuis, il est aussi devenu membre du conseil de surveillance d’Heineken.

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