Chez Ginette, nouvelle reine des nuits bruxelloises

©Kristof Vadino

Deux mois après son éviction éhontée du Havana Club, dans le quartier des Marolles, Ginette signe son grand retour au You, boîte de nuit mythique mais délaissée du centre-ville bruxellois.

Ginette, elle aurait pu s’appeler bobonne, mais "d’autres gens en avaient décidé autrement". Les fans de Jean-Jacques Goldman auront tout de suite reconnu cette phrase tirée de son titre à succès "Comme toi". Et c’est certainement les mêmes zievereirs qui, par centaines, ont pendant près de trois ans investi le Havana Club alias la maison de Ginette. Pour ceux qui ne connaissent pas ou se sentent un peu perdus, la vieille dame n’est pas réelle, mais le concept, lui, l’est bien, et il cartonne.

Reine du zwanze systeem

Les organisateurs
  • Les Organisateurs, c’est 4 kets (Mathieu Botta, Miguel Perez, Leopoldo Profili et Thomas Trothen) qui développent des concepts pour relancer les nuits bruxelloises.
  • Ils ont relancé le Havana Club avec les soirées Chez Ginette.
  • Ils ont bâti la réputation du Jam Hotel avec les événements "J’peux pas, j’ai piscine", puis avec le "Bar perché".
  • Ils ont changé l’image du casino de Bruxelles avec leur bar "Là-Haut Viage".
  • Ils ont rendu branchée la Coupe du monde avec leur concept "Casa Mundial".

"Ginette, c’est l’histoire d’une bonne vieille grand-mère, d’une 'Meike' des Marolles, qui s’ennuie un peu et qui décide d’ouvrir les portes de sa maison tous les vendredis soirs", explique Mathieu Botta, l’un des quatre kets qui se cache derrière "Les Organisateurs", sorte de machine à concepts pour l’événementiel. Le public de ces soirées est jeune, compris entre 20 et 30 ans. La musique, nostalgique. "C’est pas mal de chansons françaises, de gros hits passés ou actuels. Ça se veut sans prise de tête, décontracté", ajoute Mathieu Botta.

Mais surtout, les soirées chez Ginette sont une manière de célébrer un art de vivre à la brusseleir. Autoproclamée reine du "Zwanze systeem", la bonne dame n’a pas son pareil pour aligner les expressions bruxelloises et conjuguer humour gouailleur et autodérision. Et visiblement, la formule plaît puisqu’elle attire entre 500 et 800 personnes tous les vendredis soirs depuis l’été 2015.

Réveiller les nuits bruxelloises

©Chez Ginette

L’originalité du concept des soirées "Chez Ginette" se traduit aussi à travers la volonté de relancer des lieux oubliés de la nuit bruxelloise. Ainsi, Ginette a d’abord accueilli ses premiers noctambules au Havana Club, situé rue de l’Epée. "C’était un lieu qui n’avait pas une très bonne réputation et il était difficile d’accès. C’était d’autant plus un défi que le marché de la nuit n’est pas gigantesque à Bruxelles et que les Bruxellois se lassent très vite", nous avait expliqué Leopoldo Profili il y a un an.

La fête durera trois ans. À l’été 2018, Ginette se fait brutalement expulser de sa maison. "Le propriétaire du Havana Club a décidé en juillet de changer l’affectation des lieux", commente Mathieu Botta. La bonne dame a bien cru que son heure avait sonné et que c’en était fini pour de bon. Mais plutôt que de pleurer sur son triste sort, elle a cherché des alternatives. Et elle a trouvé.

Vous vous rappelez, le Garage, ancien temple de la fête dans les années 80/90, devenu depuis le You? Eh bien, Ginette a décidé de se le réapproprier. "C’est un endroit un peu oublié, délaissé. Nous n’avons pas racheté le fonds de commerce, mais nous avons désormais un accord d’exploitation pour relancer les soirées du vendredi", se réjouit Mathieu Botta. La fête reprend dès ce 31 août.

Le You n’est plus, vive le You

Pendant 15 ans, de 1982 à 1998, le Garage fut un lieu phare pour les noctambules bruxellois. Brièvement transformé en bar jusqu’en 2001, il devient le You en 2003. Aujourd’hui, il tire sa révérence pour renaître en prêtant ses murs à des soirées conceptuelles.

Machine à concepts

Les soirées "Chez Ginette" ont marqué le point de départ d’une série d’autres concepts plus éphémères comme les soirées "J’peux pas, j’ai piscine", "Casa Mundial"… "On est plus ouvert aujourd’hui à faire du fixe mais ça ne veut pas dire qu’on va laisser tomber l’éphémère", commente Mathieu Botta.

 

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