Christian Van Thillo, le roi flamand des médias jamais rassasié

Le groupe médiatique flamand DPG Media a annoncé le rachat de l’activité de Sanoma aux Pays-Bas. Le groupe mené par Christian Van Thillo prend encore un peu plus d’ampleur.

Christian Van Thillo est un homme de parole. Lors de la dernière interview qu’il avait accordée fin mars à L’Echo, le grand patron du groupe flamand DPG Media ponctuait la rencontre sur sa stratégie. Ce n’est désormais plus un secret, l’homme apprécie les acquisitions. À l’époque il avait été assez clair sur ce qu’il fallait attendre de sa société, encore occupée à digérer la fusion avec Medialaan. "Pour un éventuel nouveau rachat dans les médias, tout dépendra de ce qu’il y a à vendre et de la taille, avait-il lancé. Nous privilégierions, le cas échéant, une grosse acquisition qui nous ouvre des portes sur un nouveau marché et qui soit complémentaire à nos activités."

Le profil
  • 1962: Naissance à Anvers.
  • 1989: Master en business administration à l’Université Duke.
  • 2003: Membre du conseil d’administration de Bertelsmann durant trois ans.
  • 2005: Membre du board de la Banque nationale de Belgique durant quatre ans.
  • 2015: Président de l’European Publishers Council.

L’annonce lancée, le candidat idéal n’a finalement pas tardé à se montrer. Ce dernier se nomme Sanoma Media Netherlands et remplit visiblement tous les critères pour séduire le patron. Christian Van Thillo va donc mettre 460 millions d’euros sur la table pour acquérir l’activité de son concurrent aux Pays-Bas (lire page 5).

Au fil du temps, les rachats conséquents sont presque devenus la marque de fabrique du businessman. S’il est très actif sur le marché, l’Anversois Christian Van Thillo est en revanche plutôt du genre discret quand il s’agit de parler de lui et ne s’exprime que rarement dans les médias (qu’ils appartiennent à la concurrence ou à son large portefeuille d’activités).

Diplômé en droit de l’université de Louvain, il a effectué un master en Business Administration à l’Université Duke en Caroline du Nord. Sa famille étant propriétaire du groupe flamand Persgroep, son avenir était tracé. Afin de s’y préparer, Christian Van Thillo a complété sa formation en réalisant une série de stages chez les pointures américaines qui se nomment USA Today, Chicago Tribune et Miami Herald, comme il l’expliquait au journal De Tijd.

Une seule expérience pro

Passée la case formation, son CV tient en une ligne: CEO du groupe familial. Il faut dire que l’homme a repris les rênes de la société à seulement 27 ans, en 1990, pour ne plus jamais les lâcher. Son groupe, renommé DPG Media depuis la fusion avec Medialaan, est aujourd’hui un mastodonte des médias belges et ne cesse de prendre de l’ampleur. L’an dernier, le chiffre d’affaires pointait à un peu plus de 1,5 milliard d’euros pour un ebidta de 240 millions d’euros.

"Hubert, shut up"

À seulement 27 ans, Christian Van Thillo a rejoint l’European Publisher Council, aux côtés des plus grands patrons de médias européens. Sa première expérience l’a visiblement marqué, comme le relataient en 2017 nos confrères du Tijd. À l’époque, le magnat des médias Hubert Burda l’a accueilli sur une plaisanterie: "Je pensais que c’était réservé aux CEO", avait-il lancé à Frank Roger du Telegraph. "Hubert, shut up,he is a CEO", luia-t-il répondu.

Amour de l’architecture

Christian Van Thillo est marié à Nathalie Van Reeth, une célèbre architecte d’intérieur anversoise, à la tête du bureau d’architectes 9.

Le patron a le nez fin pour repérer les pistes de croissance dans un secteur où les courbes ont pourtant plutôt tendance à s’orienter vers le bas. Sous sa direction, l’entreprise familiale a pris un sacré envol. En 2007, les revenus n’étaient que de 500 millions d’euros.

L’homme est reconnu à l’échelon européen. Dès son arrivée à la tête du groupe familial, il a rejoint l’association de lobbying European Publishers Council, regroupant les plus grands patrons du secteur médiatique. L’EPC réunit notamment les patrons d’Axel Springer, du Telegraph Group, de Pearson ou encore du Guardian.

Si le patron est entièrement dévoué à son groupe, ses connaissances du milieu ont aussi forcément suscité l’intérêt d’autres acteurs. Entre 2003 et 2006, il fut, en parallèle de son activité, administrateur pour le groupe allemand Bertlesman AG, notamment propriétaire de RTL.

Son expertise n’intéresse visiblement pas que le monde des médias. Entre 2005 et 2008, il fut également membre du board de la Banque nationale de Belgique. Il est aussi membre du conseil d’administration du Concours de musique Reine Elisabeth. Le style est toutefois un poil différent de ses radios QMusic et Joe FM.

Lire également

Publicité
Publicité