Christophe Weber, un gaijin qui réussit tout ce qu'il tente

Avec l’offre de rachat du laboratoire pharmaceutique irlandais Shire, estimé à 52,6 milliards d’euros, Christophe Weber, le patron français de Takeda, s’apprête à effectuer la plus importante opération jamais réalisée par un groupe japonais.

Lors de son arrivée au Japon comme COO de Takeda en 2014, sa nomination avait suscité la colère de certains actionnaires. Comme souvent avec les étrangers, les gaijins, les Japonais ont été méfiants.

Mais cela n’a pas empêché Christophe Weber, du haut de sa carrure d’athlète et ses yeux perçants, de prendre, un an plus tard, la tête de l’entreprise japonaise qui emploie plus de 30.000 personnes. "J’ai beaucoup d’écoute et une capacité à observer pour m’adapter à une culture. C’est peut-être la raison pour laquelle on m’a choisi pour jouer ce rôle. Il faut apprendre le code de fonctionnement du Japon", avait déclaré le français lors de sa désignation comme CEO.

L’Alsacien a dû s’immerger dans une nouvelle culture mais aussi dans une entreprise ancestrale dont l’épopée a commencé à Osaka en 1781, lorsque Chobei Takeda a ouvert un magasin de médicaments traditionnels à destination des médecins et pharmaciens locaux. Près de deux siècles et demi plus tard, le groupe est toujours focalisé sur la pharmacie. Au point d’en devenir un des leaders mondiaux.

Le profil
  • Né en 1966 à Strasbourg.
  • Débute sa carrière chez Rhône-Poulenc Australie, puis chez SmithKline Beecham France.
  • En 2002, il est vice-président de GSK Corporate.
  • Dix ans plus tard, il devient président de GSK Vaccines, avant d’être nommé COO de Takedaen 2014.
  • En avril 2015, il est choisi pour diriger Takeda.

Modeste et secret

Christophe Weber, que sa famille a rejoint dans la capitale nippone, est sans doute plus proche de la culture japonaise qu’il n’y paraît. "Il est très courtois, de rapport facile", raconte son entourage professionnel. On a le sentiment que rien ne le démonte, ce qui peut le faire paraître un peu froid et impressionnant. On aimerait savoir ce qu’il pense".

L’homme serait en effet "plutôt secret", confirme Christian Lajoux, ancien patron de Sanofi France, qui a connu Christophe Weber lorsqu’il était à la tête de la filiale française de GSK, de 2003 à 2008, et administrateur du Leem, le puissant syndicat des fabricants de médicaments. "C’est surtout une personnalité modeste, pas du tout dans le paraître. D’ailleurs, il n’était pas très à l’aise dans la communication en public", se souvient un collaborateur.

En tout cas, adhérer à une culture d’entreprise et partir au bout du monde, Christophe Weber a osé le faire. Ce docteur en pharmacie, titulaire d’un master en Finance, a passé plus de vingt ans chez GSK dans plusieurs pays européens, dont la Belgique, les États-Unis ou encore Singapour. Il a aussi multiplié les voyages en Afrique pour vérifier sur le terrain les actions de la fondation GSK.

Sens de l’équipe

D’origine savoyarde et fils de deux médecins, cet industriel accompli, passionné de sport, s’était destiné dans un premier temps à devenir guide en montagne. Mais il choisit une autre voie. Il décide de poursuivre une double formation, décrochant un doctorat en pharmacie et un master en comptabilité.

"C’est un grand sportif, toujours prêt à partager sa passion du tennis, de la course à pied et de la course de fond. Je l’ai vu se lancer sans prévenir un soir, avec deux ou trois collaborateurs, dans la longue balade Paris Rollers qui réunit une fois par semaine des milliers de Parisiens", relate Jean-Yves Lecoq, directeur de communication lorsque Christophe Weber dirigeait GSK France.

"Il a le sens de l’équipe. Il était très engagé dans la sphère publique à sa façon. C’est-à-dire loin des dîners mondains mais plutôt avec un dossier étoffé devant lui. Il était très ouvert et il voulait faire bouger les lignes", se souvient, de son côté, Christian Lajoux.

Homme de pharma

Master en marketing pharmaceutique et docteur en pharmacie, Christophe Weber a effectué toute sa carrière dans le secteur. Seule exception: un diplôme en finance à l’université de Lyon.

Sportif

Le savoyard aime autant se balader en montagne qu’en roller. Il pratique aussi le tennis, la course à pied et la course de fond.

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