Clara Gaymard, la femme qui tutoie les grands patrons

L’ancienne présidente de General Electric France devrait très vite intégrer les conseils d’administration de Danone, LVMH et Bouygues.

"Madame 100 000 volts" comme la surnomme la presse française est décidément très sollicitée. Moins d’un mois après avoir quitté la direction de General Electric France, trois grands groupes français, Danone, LVMH et Bouygues ouvrent la porte de leur conseil d’administration à Clara Gaymard. Déjà membre du conseil d’administration de Veolia, la dirigeante d’entreprises de 56 ans devrait, sans mal, être désignée administratrice indépendante de LVMH lors de sa prochaine assemblée générale prévue le 14 avril, avant que les conseils de Bouygues et Danone ne lui emboîtent le pas, les 21 et 28 avril prochains. La très influente Clara Gaymard avait prévenu en quittant la présidence de GE France le 1er février, vouloir "préparer une nouvelle étape" de sa vie professionnelle et "connaître une nouvelle aventure (…) dans le monde entrepreneurial". Ce devrait être très rapidement chose faite.

  • 27 janvier 1960 Naissance à Paris
  • 1984 Entrée à l’ENA
  • 1986 Mariage avec Hervé Gaymard, ancien ministre de l’Économie et soutien d’Alain Juppé à la primaire des Républicains
  • 1987 Entrée à la Cour des comptes
  • 2006-2016 Présidente de General Electric France (GE France)
  • 2014 Vente de la branche Énergie d’Alstom à GE

Femme de réseaux

Hyperactive, cette "wonder woman" devrait ainsi côtoyer Bernadette Chirac, Hubert Védrine, ancien conseiller diplomatique de François Mitterrand, chez le numéro un mondial du luxe au même titre que la famille Bouygues et Riboud au sein du groupe de BTP et de Danone. Autant d’amis et de relations qu’elle fréquente depuis des années. Car la femme de l’ancien ministre de l’Économie Hervé Gaymard (démissionnaire suite à un article du Canard Enchaîné révélant qu’il occupait un appartement de 600 m2 aux frais de l’État!) est d’abord une insatiable femme de réseaux. Diplômée de Science-Po et de l’Ena (promotion Diderot), elle commence sa carrière à la Cour des comptes avant de partir au Caire comme conseillère commerciale. Elle y arrive avec trois enfants et revient en France avec cinq. Quatre autres suivront (dont un adopté). "J’ai été élevée dans un milieu très ouvert, par une mère danoise pour qui rien n’a jamais été compliqué et un père médecin, un scientifique et un poète plein de vie et de joie." (le Professeur de génétique Jérôme Lejeune, NDLR.)

Elle "aide à grandir"

Lors d’une interview accordée en novembre 2008 au Financial Times, Clara Gaymard a souligné les qualités à ses yeux essentielles dans son travail: l’écoute, le travail d’équipe et enfin "aimer les gens avec qui vous travaillez. (…) Cela veut dire les aider à grandir."

Fan des Rolling Stones

Malgré un agenda ultra-chargé, elle ne refuse pas d’aller assister à un concert des Rolling Stones à Paris. Invitée par Total, elle ira même à se laisser aller à quelques pas de danse dans la loge du groupe en "swiggant comme une gamine" selon ses mots.

 

Proche du CAC 40

Elle entre ensuite au ministère des Finances puis dirige pendant trois ans l’Agence Française pour les investissements internationaux (AFII, entre 2003 et 2006). C’est à cette période qu’elle se fait remarquer. Son job? Séduire les grands groupes internationaux. Le carnet d’adresses de son mari à Bercy l’aide certainement mais elle réussit également à faire son trou et même à se démarquer de lui et de ses déboires politiques. L’ambassadrice de la France se prend au jeu. Elle voyage aux quatre coins du monde, accumule les contacts et se voit ouvrir les portes de firmes internationales… jusqu’à prendre les rênes de General Electric France en 2006.

Si elle aime mettre en avant son statut de chef d’entreprise, elle ne joue guère de rôle opérationnel dans GE France (10.000 salariés). Ce qui intéresse GE, ce sont davantage ses connexions et son carnet d’adresses où l’on retrouve tout le CAC 40. "Clara est une excellente intermédiaire puisqu’elle connaît bien le monde des finances, les hauts fonctionnaires de l’administration et le monde politique français", dit d’elle l’ancienne présidente du patronat, Laurence Parisot. Exactement ce que recherchent les groupes qui la sollicitent aujourd’hui.

©antoinedoyen.net

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