Colin Kaepernick, l'icône protestataire de Nike, le visage de la contestation anti-Trump

©AFP

Le quarterback de San Fransisco avait lancé un mouvement de protestation contre les violences policières envers les noirs américains.

En pleine tourmente après la publication du livre de Bob Woodward sur sa "gestion" de la Maison Blanche, suivie de la parution d’un article incendiaire d’un collaborateur anonyme dans les colonnes du New York Times, Donald Trump est aussi et depuis plus longtemps, la cible de personnalités culturelles et sportives.

Parmi eux Colin Kaepernick, l’un des meilleurs quarterbacks de la NFL avant de devenir à 30 ans un paria du football américain en boycottant l’hymne national pour dénoncer les violences policières et la discrimination raciale.

Nouveau pied de nez à la présidence, Nike vient d’en faire l’une de ses icônes pour célébrer les 30 ans de son slogan "Just do it".

"Just Do It"

Dès 2013, le jeune métis aux cheveux ras à l’époque, se fait remarquer au sein des San Francisco 49ers jusqu’au Superbowl. Les observateurs prédisent un avenir brillant à ce robuste meneur de jeu polyvalent (1,93 m pour 104 kg) et l’équipe californienne prolonge son contrat jusqu’en 2020.

Mais aujourd’hui, il est sans équipe depuis janvier 2017 et il poursuit la NFL, accusant les propriétaires d’équipes de s’être entendus pour le laisser au chômage. Une partie des fans de football américain brûle son ancien maillot siglé du numéro 7.

CV Express
  • 1987: Naissance à Milwaukee de  parents noirs  avant d’être adopté par une famille blanche de San Fransisco.
  • 2007: Première sélection dans le championnat universitaire. Désigné meilleur jeune de la compétition.
  • 2012: Première titularisation au sein des 49ers de San Fransisco qu’il emmènera en finale du Super Bowl.
  • 2014: Son contrat est renouvelé jusqu’en 2020 pour une valeur de 126 millions de dollars.
  • 2016: Pose un genou à terre durant l’hymne américain en signe de protestation contre les violences policières contre les noirs. Son contrat sera interrompu en fin de saison.
  • 2018: Devient l’icône de Nike dans une campagne célébrant les 30 ans du slogan "Just do it".

C’est qu’entre-temps, il a lancé un mouvement de boycott de l’hymne américain en mettant un genou à terre lorsque le "Star-Spangled Banner" (La Bannière étoilée) est chanté avant chaque rencontre. "Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs", justifiait en 2016 le quarterback qui arbore aujourd’hui une coiffure afro.

Son geste de défiance, d’abord passé inaperçu, se propage en 2017 dans les rangs de la NFL, déclenchant les foudres des propriétaires de franchises, des conservateurs et du président républicain Donald Trump. Accusé de bafouer l’armée et ses militaires tués au combat, il se fait traiter de "fils de pute" par Trump.

Soutiens

Le joueur a aussi reçu de nombreux soutiens: les artistes Eminem, Jay-Z, Snoop Dogg, Chris Rock et Stevie Wonder, les vedettes de la NBA LeBron James et Kobe Bryant, l’internationale américaine de football Megan Rapinoe, et même des membres de la police de New York ou l’ex-président démocrate Barack Obama.

Colin Kaepernick, récompensé en avril par Amnesty International pour son action, a aussi créé une fondation qui a levé un million de dollars pour financer des associations de lutte contre les discriminations, et lancé la campagne "Know your rights" (Connais tes droits) à destination des jeunes.

Lundi, le géant Nike lui a donné une occasion de rebondir en le choisissant pour célébrer dans une publicité les 30 ans du slogan "Just do it". Le visuel, en noir et blanc, montre son visage en gros plan barré d’un message sans équivoque: "Croyez dans quelque chose. Même si cela signifie tout sacrifier".

Kaepernick s’inscrit ainsi dans une lignée d’athlètes protestataires noirs qui ont marqué les Etats-Unis et ont connu la controverse, voire la déchéance.

La légende de la boxe Mohamed Ali avait refusé d’aller combattre au Vietnam. En 1968, Tommie Smith et John Carlos avaient levé un poing ganté, marque des Black Panthers, sur le podium du 200 mètres des JO de Mexico.

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