David Malpass, le choix de Trump pour la Banque mondiale

David Malpass ©AFP

David Malpass, le candidat américain pour diriger la Banque mondiale, s’est montré très critique à l’égard de celle-ci et envers les prêts qu’elle accorde à la Chine.

En nommant mercredi David Malpass candidat au poste de président de la Banque mondiale, Donald Trump espère-t-il parvenir à transformer l’institution internationale à sa guise et jeter une nouvelle pierre dans le jardin chinois? C’est "la" question qui se pose depuis que le Président a présenté la candidature de celui qui l’avait conseillé sur les questions économiques pendant la campagne présidentielle de 2016.

Il faut dire que David Malpass, actuellement sous-secrétaire au Trésor pour les questions internationales, n’est pas tendre envers la Banque mondiale et ses collaborateurs. "Ils dépensent beaucoup d’argent, ils ne sont pas très efficaces. (…) Ils sont souvent corrompus dans leurs pratiques de prêts", avait-il lâché devant le Congrès en 2017.

Le profil
  • Né en 1956 (Michigan)
  • A décroché un MBA à l’université de Denver et fait des études d’économie internationales à l’université de Georgetown
  • Economiste de chef de la banque d’investissement Bear Stearns (1993-2008)
  • Brigue sans succès l’investiture républicaine pour l’élection de sénateur de New York (2010)
  • Rejoint l’équipe de campagne de Donald Trump comme conseiller économique dès mai 2016
  • Sous-secrétaire au Trésor pour les questions internationales depuis septembre 2017
  • Candidat à la présidence de la Banque mondiale depuis le 6 février 2019

Alors que les rumeurs de sa nomination en inquiétaient plus d’uns depuis le début de la semaine, David Malpass s’est voulu rassurant en rappelant mercredi que ses critiques remontaient à avant les réformes adoptées en avril dernier par la Banque mondiale. Des réformes allant, selon lui, dans le bon sens. Dans le même temps, il a tout de même dénoncé le fait que "des pays à plus hauts revenus obtiennent des ressources de la banque quand des pays plus pauvres pourraient en faire meilleur usage", une critique maintes fois exprimée par l’administration Trump. Et dont la Chine est la première cible. "Pourquoi la Chine, la deuxième économie du monde, emprunte à la Banque mondiale quand il y a des marchés de capitaux robustes en Chine", a-t-il d’ailleurs également lancé.

La Banque mondiale a entamé un processus de réformes internes (devant notamment mener à un réexamen des conditions auxquelles elle accorde des prêts aux pays à revenus intermédiaires) après avoir décroché une hausse de capital de 13 milliards de dollars en avril dernier. C’était une condition fixée par Washington en échange de son accord pour cette hausse de capital. À l’époque, les experts avaient cependant estimé que tout changement prendrait beaucoup de temps à se concrétiser et que Pékin n’était sans doute pas prête à se voir imposer des prêts à des taux moins favorables. Mais, avec David Malpass aux commandes, les choses pourraient aller plus vite.

D’autres candidats?

Reste à voir s’il prendra effectivement la tête de la Banque mondiale. En vertu d’un arrangement remontant aux accords de Bretton Woods (1944), la présidence de la Banque mondiale va aux Etats-Unis et celle du Fonds monétaire international à l’Europe. Mais plusieurs pays émergents remettent ce partage de pouvoir en question depuis plusieurs années et ils pourraient proposer d’autres candidats, comme ils l’ont déjà fait dans le passé.

Sans le soutien des pays européens, ils n’auront pas la moindre chance de s’imposer. Or, même si une grande partie de l’Europe a tendance à se méfier de l’administration Trump, elle hésitera sérieusement à mettre des bâtons dans les roues de David Malpass de peur que Washington ne soutienne plus ses candidats au FMI. En outre, David Malpass a une certaine expérience des questions financières et internationales à faire valoir, lui qui a travaillé au sein des administrations Reagan et Bush père.

En plus, il n’y a pas qu’à Washington que l’on se demande si la Banque mondiale doit continuer à aider la Chine alors que cette dernière est devenue, elle-même, l’un des principaux bailleurs de fonds de nombreux pays pauvres, notamment en Afrique.

 

Madame Malpass
Adele, l’épouse de Malpass, est journaliste au site d’informations politiques RealClearPolitics. Elle a également travaillé pour la chaîne d’informations économiques CNBC dans les années 90. Mais, en tant que présidente du parti républicain de Manhattan (de 2014 à 2017), elle a surtout travaillé à la campagne de Donald Trump en 2016.

Pas un prévisionniste
On ne peut pas dire que Malpass soit un as des prévisions économiques. Quelques mois avant l’effondrement du marché immobilier américain, qui allait déclencher la crise financière de 2008, il écrivait dans les colonnes du Wall Street Journal qu’il y avait plus de chance de voir l’économie américaine "continuer à croître vigoureusement dans les prochains mois" que d’assister à une grave crise économique. Malpass était alors économiste en chef de la banque d’investissement Bear Stearns qui fera faillite début 2008 et sera vendue pour une bouchée de pain à JPMorgan Chase.

 

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