David Solomon, un DJ aux platines de Goldman Sachs dès le 1er octobre

Fin gourmet et DJ à ses nuits perdues, David Solomon va devenir, le lundi 1er octobre, directeur général de Goldman Sachs, probablement la banque d’investissement la plus puissante du monde. Un grand gaillard atypique au crâne chauve dans le milieu feutré des "Golden Boys" américains.

Costume-cravate et t-shirt noir snapback sont donc compatibles.

David Solomon, 56 ans, banquier d’affaires chez Goldman Sachs le jour et DJ la nuit, va s’installer dans le fauteuil de directeur général de la banque new-yorkaise le 1er octobre prochain. Il succédera à Lloyd Blankfein, 63 ans, après douze années de règne.

David Solomon a rejoint Goldman Sachs comme associé en 1999. Un fait rare. Car il est coutumier de faire ses preuves avant d’accéder à une telle promotion. Il a écrit le chapitre des "Junk Bonds" (obligations pourries) avant d’être promu, en 2006, codirigeant de Goldman.

Lloyd Blankfein, l'actuel dirigeant. Il quittera ses fonctions, 12 ans après sa nomination. ©DR

Il est actuellement président et directeur général délégué de la banque d'affaires. Il avait en effet gravi les échelons après le départ de Gary Cohn, appelé comme conseiller économique de Donald Trump. Sagace et discret, il a forgé sa réputation dans ses qualités de managers et dans son engagement auprès de sa clientèle.

"L’homme de la culture", son surnom

À sa promotion, il y a douze ans, lui incombait aussi la lourde tâche d’insuffler un nouveau souffle à Goldman Sachs. Le chiffre d’affaires des activités de marchés, incluant les actions, a été divisé par trois depuis 2009, soit 8,9 milliards d’euros.

L’établissement a aussi reconnu que les activités spéculatives ne rapporteront plus autant qu’auparavant. Solomon pourra néanmoins compter sur un plan de relance de 5 milliards de dollars d’ici 2020, axé sur la croissance des activités de prêts et un développement de la banque d’investissement. 

Dans les couloirs de "The Firm", Solomon a déjà cultivé une nouvelle culture d’entreprise. Il est, entre autres, à l’initiative de codes vestimentaires plus souples, d’un système informatique modernisé, d’une révision du système de performance des nouveaux salariés ou d’un allègement des heures de travail. Aussi, il milite pour plus de diversité comme plus d’embauches de femmes et une meilleure promotion pour elles.

• Né en 1962 à Hartsdale (New-York).

• En 1999, il rejoint la Goldman Sachs comme « associé », après un début de carrière chez Bear Stearns.

• Il est promu, en 2006, codirigeant de la banque d’investissement.

• Il devient directeur financier de la banque en 2013.

• Le 9 janvier dernier, il sort un remix de « Do not Stop » de Fleetwood Mac.

"DJ D-Sol", son deuxième nom

Ce mordu de ski est aussi un fin gourmet. En mai 2017, l’agence Bloomberg a rédigé un long format sur ses restaurants fétiches de Manhattan, des adresses populaires aux endroits sélects et branchés. Il affectionne aussi les grands vins, surtout les Bourgogne.

Wall Street n’a pas fait de lui une superstar, mais la musique et les réseaux sociaux s’en sont chargés, lorsque récemment, le New York Times a révélé au grand jour la deuxième passion de Solomon: au clair de lune, sous les lumières stroboscopiques colorant son crâne dénudé, on le voit mixer pour des corps presque dénudés sous un ciel azur. Solomon a commencé à expérimenter la musique avec le vinyle, qu'il décrit comme "old school but very cool".

De New York à Miami, il s’est ensuite essayé aux platines. "DJ D-Sol", son nom de scène, a défrayé malgré lui la chronique people plutôt que les chroniques boursières, à son insu. Cette nouvelle célébrité sera pour lui comme un sparadrap qui colle et que l’on trimballe malgré soi.  

Cette nouvelle célébrité illustre aussi que l’argent ne fait pas toujours le bonheur, même des plus grands.   

3,7
3,7
En 2017, les profits de Goldman Sachs s'établissaient à 3,7 milliards de dollars.

Son assistant lui a volé des centaines de bouteilles de vin

Son assistant, Nicolas De Meyer, est accusé de lui avoir volé des centaines de bouteille de vin, entre 2014 et 2016, pour un montant total d’au moins 1,2 million de dollars. Parmi les bouteilles subtilisées, sept étaient des grands vins de Bourgogne rares. L’assistant encourt dix ans de prison.

5.000 dollars pour Bush et Clinton

Lors de la dernière campagne présidentielle américaine de 2016, David Solomon a fait un don de 5.000 dollars à Hillary Clinton. Jeb Bush a lui aussi reçu le même montant, lors de sa présentation, sans succès, aux primaires présidentielles du Parti républicain.

 

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