Davy Kestens, le Limbourgeois aux 37 millions

Face à la croissance de la plateforme de gestion de relation client qu’il a créée en 2011, le fondateur de Sparkcentral passe désormais le relai de CEO à l’Américain Joe Gagnon. Au total, il aura réussi à lever plus de 37 millions de dollars pour son aventure américaine et vise désormais le statut de licorne.

"Après des mois de délibération, j’ai le plaisir de vous annoncer que je quitte le poste de CEO de Sparkcentral", c’est en ces mots que le fondateur de la plateforme à succès de gestion de relation client, Davy Kestens, a décidé en milieu de semaine de laisser sa place à l’Américain Joe Gagnon, haut profil du spécialiste en technologie pour call center Aspect Software, après sept années de bons et loyaux services.

Un départ motivé par la mue rapide de l’entreprise qu’il a créée, passée en quelques années à peine du rang de petite start-up à celui de scale-up bien installée, aux 100 employés et aux antennes à Hasselt, New York, San Francisco, Austin et Philadelphie. Dans la pratique, la firme a conquis les cœurs de grands noms tels que Delta Air Lines, Dropbox, Emirates, Engie, Netflix, Slack ou encore Western Union.

Dire que l’aventure a été une montagne russe est un euphémisme
Davy Kestens
Fondateur de Sparkcentral

D’Hasselt à la Valley

Un monde de différence dès lors que l’on se penche sur la mission des débuts du service. "Dire que l’aventure a été une montagne russe est un euphémisme", sourit Davy.

Profil
  • Né en 1988 à Herck-la-Ville (Hasselt), il étudie le webdesign à Courtrai.
  • Rapidement, il abandonne cette voie pour fonder, en 2011, la plateforme GhostBloggers, censée connecter animateurs de blogs et écrivains du monde entier.
  • Désireux d’en étudier la notoriété sur Twitter, il découvre un marché de niche et lance la même année Twitspark, devenu plus tard Sparkcentral.
  • En janvier 2012, il lève 1,125 million de dollars, puis 4,5 millions en octobre 2013, avant deux plus importantes levées de fonds en 2015 et 2016, respectivement de 12 et 20 millions d’euros.
  • Le 8 mai 2018, il passe la barre de CEO de Sparkcentral à l’Américain Joe Gagnon. Il reste pour sa part au conseil d’administration. 

Au départ, tout vient de la plateforme visant à connecter animateurs de blogs et écrivains du monde entier GhostBloggers, fondée en 2011 dans son Limbourg natal, dont il cherche à connaître la notoriété sur le célèbre réseau social Twitter. Après, une brève recherche, il reste sur sa faim et décide donc de mettre sur pied sa propre solution... qui va jusqu’à attirer l’agence publicitaire DDB pour une de ses campagnes. "C’est là que je me suis rendu compte que ce système pour suivre et classer les messages qui pullulent sur le web pouvait rencontrer un réel succès", témoigne-t-il en 2012 dans L’Echo.

Convaincu du potentiel de son idée, Davy Kestens décide alors d’abandonner ses études en webdesign à Courtrai pour se dédier à "quelque chose de plus sérieux". Il se lance pleinement dans l’aventure et fonde Twitspark, qui deviendra plus tard Sparkcentral. On est en août 2011.

Prochaine licorne?

Une décision qui semble aujourd’hui lointaine, mais qui l’a amené à présent à mener un train de vie particulièrement agréable, ce que l’homme reconnaît volontiers même s’il dit ne pas compter ses heures et devoir subir un jet-lag quasi permanent.

C’est que Sparkcentral a enchaîné levée de fonds après levée de fonds. Au total, l’homme a rassemblé quelque 37 millions de dollars à travers les années, entre autres auprès de la Limburgse Investeringsmaatschappij (LRM), important actionnaire de la firme.

©Dominic Verhulst

Désormais, sa prochaine mission en tant que membre du conseil d’administration – où il continuera de siéger –, sera d’accompagner les dernières étapes de la transformation de l’entreprise. L’objectif? D’arriver à une valorisation supérieure à un milliard de dollars d’ici 2020, soit de décrocher le statut tant convoité de "licorne", comme on dit dans le jargon. En 2015, le jeune patron se donnait cinq ans, confiant que "cela devrait marcher", avant d’évoquer l’idée d’après: une entrée en Bourse. "Cela me semble bien sympa. Et, en plus, je ne l’ai jamais fait."

Bref, si l’entreprise a changé de visage, elle n’en perd pas sa tête.

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