Earvin "Magic" Johnson Jr., la "magic touch", même en affaires

Les LA Dodgers de Magic Johnson vont disputer la phase finale du championnat de baseball. Tout ce que touche l’ancienne star du basket-ball se transforme en or, y compris dans les affaires.

Jeudi dernier, Magic Johnson avait décidé de passer la soirée au match des Los Angeles Lakers, l’équipe où il avait fait toute sa carrière et dont il est devenu conseiller sportif. Lonzo Balls, l’étoile montante que les Lakers venaient d’acquérir, jouait son premier match et il ne voulait pas manquer ça. Un match finalement perdu contre les Clippers (de LA, eux aussi). Johnson affichera pourtant un sourire jusqu’aux oreilles toute la soirée. C’est qu’à plus de 3.000 km de là, son équipe de baseball, les Los Angeles Dodgers, venait de battre les Chicago Cubs et de décrocher son ticket pour la "world series", la phase finale du championnat national qui s’ouvre ce mardi soir contre les Houston Astros.

Reconversion réussie

"Cela signifie beaucoup pour un gosse de Lansing, Michigan. (…) Je n’aurais jamais pensé que je serais le propriétaire d’une équipe de baseball et encore moins qu’elle jouerait la world series", exultait Johnson jeudi dernier alors que les Lakers étaient en train de perdre leur match. Drôle de soirée. Drôle d’homme qui s’émerveille encore d’une victoire alors que tout semble lui réussir. C’est que du haut de ses 2,06 mètres, Magic Johnson a toujours eu les pieds sur terre. Contrairement aux autres grands sportifs de son époque, il avait commencé sa reconversion en créant son entreprise alors qu’il brillait encore sur les parquets.

Le profil
  • Naît à Lansing (Michigan) en 1959.
  • Intègre en 1977 l’équipe de basket-ball de l’université Michigan State.
  • Embauché par les Los Angeles Lakers en 1979.
  • Crée Magic Johnson Enterprises en 1987.
  • Diagnostiqué séropositif en 1991, il quitte la NBA (et devient un ambassadeur de la prévention du sida). Il décroche néanmoins une médaille d’or aux JO de Barcelone avec l’équipe de basket américaine en 1992.
  • Il rejoue avec les Lakers en 1995-1996 avant de décrocher pour de bon.
  • Devenu multimillionnaire, il rachète les Los Angeles Dodgers en 2012.

On était en 1987 et Magic Johnson Enterprises voyait le jour. En 1990, la société décrochait une franchise auprès de Pepsi et en 1995, elle lançait une chaîne de cinémas, les Magic Johnson Theaters dans les quartiers défavorisés des grandes villes américaines. Le succès sera fulgurant. Et permettra à Magic Johnson de convaincre Howard Schultz, le patron de la chaîne Starbucks, de s’associer à lui pour ouvrir des cafés dans les mêmes quartiers défavorisés. Ici aussi, c’est une réussite.

Heureux en affaires, mais pas comblé, Johnson vendra ses cinémas en 2004. Il se défait en 2010 de ses parts dans la chaîne Starbucks et des actions qu’il détient dans le club des Lakers, empochant 100 millions de dollars. Il a des projets à la pelle et il veut les concrétiser. Pour ça, il faut des fonds. En 2012, il s’associe au fonds d’investissement Guggenheim Partners pour racheter les Dodgers. Coût de l’opération: 2,15 milliards de dollars, dont 50 millions de sa poche.

La fortune de Magic Johnson est désormais estimée à 500 millions de dollars et son entreprise à un milliard. Cette réussite, il veut en faire profiter les minorités. En 2013, il lançait le programme "Friends of Magic" aidant les jeunes en décrochage scolaire. Deux ans plus tard, il investissait dans Jopewell, une plateforme d’embauche aidant les Afro-Américains, les Latinos et les Amérindiens à trouver un emploi dans les nouvelles technologies.

Les techs et le sport

Son nouveau dada, c’est d’ailleurs les techs. En 2016, il investissait dans Uncharted Play, une start-up fabricant des ballons de foot et des cordes à sauter dont les mouvements permettent de charger des batteries en lithium, et dans ShotTracker, un fabricant de capteurs permettant de contrôler les mouvements des joueurs de basket en temps réel. On le voit, le sport reste au cœur de ses préoccupations. Outre les Dodgers, il est d’ailleurs également copropriétaire d’une équipe de basket-ball féminin, les Los Angeles Sparks (championnes nationales en 2016), et d’une nouvelle équipe de football (soccer) qui évoluera dans le championnat US à partir de 2018, le Los Angeles Football Club. Le Los Angeles Galaxy n’a qu’à bien se tenir…

L’origine du "Magic"

Adolescent, Earvin Johnson espérait pouvoir aller à la Sexton High School, un lycée de Lansing fréquenté par de nombreux Afro-Américains et qui avait une très bonne équipe de basket. Sauf que c’est à la Everett High School, une école majoritairement blanche, qu’il fut inscrit à 15 ans. Confronté à un racisme latent, il fit néanmoins des merveilles dans l’équipe de basket du lycée. Son surnom "Magic" lui vient de cette époque.

Son "non" à Nike

Cette erreur le hante encore aujourd’hui, Magic Johnson l’a avoué il y a quelques mois sur un plateau de télévision. En 1979, le fondateur de la marque Nike, Phil Knight, lui avait proposé des parts dans la société qu’il venait de créer. Déjà courtisé par tous les grands équipementiers sportifs, Johnson avait refusé. "Dès que je suis dans un magasin Nike, je m’énerve. J’aurais pu me faire de l’argent à chaque paire de Nike achetée", reconnaît-il aujourd’hui.

Le match avec Obama

En janvier dernier, Magic Johnson écrivait une lettre à son "ami" Barack Obama qui s’apprêtait à quitter la Maison-Blanche. Une lettre dans laquelle il le remercie pour avoir redressé l’économie américaine et aidé la communauté noire. Il y fait aussi référence au match qu’ils ont joué en 2010 lors d’un événement organisé en l’honneur de soldats blessés au combat. "Je n’oublierai jamais le moment où vous avez marqué le point gagnant du match", y écrit-il.

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