Ennemi public n°1 des bandits européens

Ancienne spécialiste de la lutte anti-terroriste, la magistrate belge a été reconduite à la présidence d’Eurojust qui traque les grands criminels opérant dans l’Union européenne.

En dépit de son look Chanel et de son titre de baronne, le milieu des gangsters de haut vol et le grand banditisme font partie de son lot quotidien. Super magistrate qui vient d’être reconduite pour trois ans à la tête d’Eurojust, la Belge Michèle Coninsx va demeurer l’ennemi public numéro des criminels de tout poil opérant dans l’Union européenne.

Avec vingt d’ans d’expérience derrière elle en tant que procureur général en Belgique, Michèle Coninsx (56 ans) siège depuis 2012 dans le fauteuil de président d’Eurojust, une institution européenne de premier plan basée à La Haye et chargée de coordonner les enquêtes judiciaires au niveau de l’Union européenne. En gros, Eurojust est, dans le domaine de la justice l’équivalent, d’Europol dans celui de la police.

Michèle Coninsx est née en 1959

1990-1997 Procureur général adjoint au parquet de Bruxelles

1997-2002 Procureur général au parquet national de Belgique

2002 Représentante officielle de la Belgique au sein d’Eurojust

2007 Vice-présidente d’Eurojust

2012 Élue à la présidence d’Eurojust, reconduite en avril 2015

Ses galons européens, Mademoiselle Coninsx les a gagnés à l’aune de son impressionnant "tableau de chasse" collectionné du temps de ses bons et loyaux services à la tête du parquet général de Belgique. La liste des d’affaires judiciaires dénouées à mettre au compte de la sagacité de cette magistrate hors pair est longue.

Pour les affaires ayant alimenté la chronique: la mise à jour d’une cellule du GIA islamique, la mise à mal du cartel des drogues de Cali, l’arrestation du "serial killer" András Pándy, le démantèlement d’un réseau d’activistes de la cause animale prêts à tout…

Lutte anti-terroriste

Pour les dossiers de fond, elle s’est illustrée dans la lutte contre des fraudes dans le secteur des carburants ou sa traque sans relâche des "carrousels" organisés pour échapper à la TVA….

Juriste et criminologue de formation, Michèle Coninsx s’est passionnée pendant des années pour la lutte anti-terroriste. Une vocation qu’elle s’est découverte à l’occasion d’études spécialisées sur le droit aérien. Et qu’elle a cultivée ensuite au sein de l’organisation internationale de l’aviation civile (ICAO).

Pendant neuf ans, elle a ainsi été chargée de la politique de lutte contre le terrorisme dans les avions, notamment les prises d’otages et le sabotage.

Aujourd’hui, elle est à la tête de la "tour de contrôle" assurant la coopération judiciaire entre tous les États membres de l’Union européenne dans la lutte de toutes les formes de criminalité organisée. "Combattre l’immigration illégale, le trafic de drogue, la cybercriminalité et le terrorisme nécessite une organisation forte et une réponse judiciaire transfrontalière", a estimé hier l’élégante magistrate suite à sa reconduction au poste de présidente d’Eurojust.

Un tiers des affaires traitées par Eurojust concerne des fraudes (33%), suivies par le crime organisé (19%) et le trafic de stupéfiants (17,6%), devant le blanchiment d’argent sale (14,2%) et le trafic d’êtres humains (6,2%). Les affaires de corruption, de cybercriminalité et celles liées à l’immigration illégale ou au terrorisme restent marginales.

Poigne de fer dans un gant de velours, Michèle Coninsx a, de fait, les compétences d’un "super-flic" à l’échelon européen. Ses services forts de 350 employés, dont 80 magistrats, peuvent déclencher une enquête ou demander aux États membres d’engager des poursuites sur des faits précis.

Mais la plus-value d’Eurojust, qui dispose d’un budget annuel de 32 millions d’euros, réside essentiellement dans les réunions de coordination "face à face" entre les services nationaux de justice et de police. Donnant lieu à des analyses très concrètes au cas par cas, cette méthode travail fait ses preuves.

Fondé voici 13 ans, Eurojust a aujourd’hui étendu ses activités à la lutte contre la cybercriminalité, les trafics d’êtres humains ou les atteintes à l’environnement à grande échelle. Du coup, quelque mille trois cents nouvelles affaires à démêler atterrissent chaque année sur le bureau de Michèle Coninsx.

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