François de Rugy, un écologiste à suivre

©Blondet Eliot/ABACA

Au contraire d’un Nicolas Hulot qui lui a transmis hier les clés du ministère de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy a davantage le cuir tanné par l’expérience politique.

On ne verra probablement pas le visage agité de tics nerveux et ému aux larmes le jour où il aura à annoncer en direct une décision importante. François de Rugy, l’ex-candidat à la présidentielle de 2017, a en effet perfectionné son sens de l’autorité et son flegme sur le fauteuil très envié de la présidence de l’Assemblée nationale face à des députés souvent chahuteurs. Sa fonction en faisait rien moins que le quatrième personnage de l’Etat au creux des lambris dorés du bel hôtel de Lassay dont la cave a par ailleurs forte réputation.

François de Rugy a quitté le perchoir de l'Assemblée nationale. Une position privilégiée dans la Ve République française. ©AFP

Contactée hier par L’Echo, une bonne connaisseuse des rouages gouvernementaux s’étonnait en ces termes: "Quels arguments lui a-t-on servis pour qu’il abandonne le perchoir, un domicile exceptionnel et des avantages élevés, c’est pour le moins bizarre."

François Goullet de Rugy, de son vrai nom, pourrait laisser la place à Richard Ferrand, actuel président de la majorité à l’Assemblée. C’est peut-être une raison mais il était hier difficile de spéculer davantage sur son départ. Son patronyme à l’élégance surannée, il le doit à une vieille noblesse française de l’est de l’Hexagone. Mais une famille ruinée. Ce qui lui a fait dire au magazine en ligne Slate que son patrimoine n’a été constitué qu’avec son travail et ses émoluments.

Le profil

• 1973: Naissance le 6 décembre à Nantes

• 1991: Adhère à Génération Ecologie

• 1997: Adhère aux Verts

• 2001: Elu conseiller municipal de Nantes

• 2007: Premier mandat de député

• 2017: Accède au perchoir de l’Assemblée nationale

• Septembre 2018: Remplace Nicolas Hulot à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire

Le souci de la transparence

Né en 1975, c’est un fils de deux enseignants. Lesquels ont soutenu Michel Rocard puis René Dumont, l’un des premiers chefs de file écologistes. Son histoire politique, tout ancrée dans l’écologie, est faite de ruptures. "Opportuniste et veste réversible" traduisait hier en grinçant et pour L’Echo une fine observatrice.

Toujours est-il que ce diplômé de Sciences Po commence par adhérer à Génération Ecologie en 1991, puis rejoint les Verts avant d’être nommé à l’orée de l’an 2000 secrétaire général adjoint du Groupe radical, citoyen et vert (RCV) à l’Assemblée nationale où il devient l’un des plus jeunes députés. L’histoire dit que c’est un des rares parlementaires à avoir publié sur internet l’intégralité de ses revenus et ressources.

En désaccord avec la "dérive gauchiste" des Verts qu’il juge par ailleurs trop durs avec le président Hollande, il finit par créer son parti. Et c’est sur cette base qu’il se présente aux primaires de la gauche aux présidentielles de 2017 en enregistrant au passage  un échec remarquable  avec moins de 5% des voix. Au lieu de soutenir le vainqueur Benoît Hamon comme il s’y était engagé (imitant en cela un certain Manuel Valls), il se déporte sans états d’âme vers Emmanuel Macron dont il avait pourtant critiqué le programme écologiste.

Pour autant, l’homme ne cache pas une forte inclination pour François Mitterrand dont il a lu la plupart des biographies. Au mois de janvier dernier, il a d’ailleurs été déposer une rose sur la tombe de l’ancien Président, comme le rappelait hier France Info. François Mitterrand était connu comme un expert pour se jouer des talents et des faiblesses des hommes. À ce titre, son admirateur, qui vient d’entrer au gouvernement, est sans aucun doute une personnalité à suivre sur l’échiquier politique français.

©REUTERS

L’affaire Zapatero

Un jour de 2009, François de Rugy est invité à participer à une réunion sur la crise financière à l’Elysée par Nicolas Sarkozy qui dit ce jour-là à propos du président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Zapatero, qu’il n’est peut-être pas "très intelligent". François de Rugy vend la mèche à la presse et maintiendra sur son blog ces propos qui déclencheront une vive polémique.

Vie privée

La journaliste Séverine Servat de Rugy, épouse du désormais ex-président de l’Assemblée nationale François de Rugy (LREM), a obtenu au mois d’août l’insertion d’un encart dans un roman de la rentrée littéraire ("Vivre Ensemble" d’Emilie Frèche), "qu’elle accuse de porter atteinte à sa vie privée et à celle de son fils". Fils issu d’une première union avec le socialiste Jérôme Guedj aujourd’hui compagnon d’Emilie Frèche. Elle a obtenu satisfaction dans un souci selon l’auteur "d’apaisement et dans l’intérêt de l’enfant".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content