François-Melchior de Polignac, le retour de "FM" chez Carrefour Belgique

©L'Echo / De Tijd

Carrefour Belgique retrouve à sa tête une vieille connaissance. Patron de la filiale belge de 2013 à 2017, il revient chez nous comme directeur exécutif Europe du Nord et de l’Est. Le retour d’un homme de terrain.

Son débit verbal colle parfaitement à son surnom. Ses collaborateurs l’appelaient "FM" lors de son premier passage en Belgique. François-Melchior de Polignac parle effectivement comme une mitraillette. Mais son style "speedé" passait bien: il a laissé le souvenir d’un patron soucieux de s’immerger dans son pays d’accueil et ouvert au dialogue.

Son entregent sera bien nécessaire à l’heure où l’enseigne au C caché dans une hallebarde sort d’une restructuration qui s’est traduite par 1.000 départs. Car la situation est délicate: le marché belge s’est dégradé, dans un contexte d’inflation basse et de forte concurrence et il reste des problèmes d’organisation à régler.

 

Concurrence féroce
"La Belgique est un marché très complexe car il est très mature, très compétitif et multilingue", nous disait François-Melchior de Polignac en 2015. Question concurrence, il sera servi. Quatre ans plus tard, le hard discount (Aldi, Lidl) est monté en puissance et les enseignes néerlandaises Albert Heijn et Jumbo se sont installées.

Immersion linguistique
Dès son arrivée en Belgique en 2013, François-Melchior de Polignac s’est lancé dans l’étude et la pratique du néerlandais. "Il se forçait à parler néerlandais avec son assistante", dit un ex-Carrefour. "Une interview en néerlandais, ce sera pour la prochaine fois", a-t-il dit en 2015 à nos confrères du Tijd. Parti assumer d’autres fonctions, il n’a sans doute pas eu le temps de parfaire sa pratique. Patience donc…

Un homme de terrain
Lors de son premier passage chez nous, le nouveau patron de Carrefour Belgique s’est fait une réputation d’homme de terrain. "Il lui arrivait d’aller ‘en stoemelings’ en magasin pour discuter", dit un connaisseur de la maison. "C’est avant tout un épicier, pas un banquier", renchérit un ancien de Carrefour Belgique.

 

"Dans les magasins intégrés, on ne peut pas dire que la nouvelle organisation fonctionne de manière optimale. Il y a des problèmes notamment dans la gestion des stocks", souligne Myriam Delmée, présidente du SETCa (FGTB) et permanente pour le commerce de détail.

Les syndicats ne regretteront sans doute guère Guillaume de Colonges, parti assumer d’autres fonctions au sein du groupe (directeur exécutif marchandises, Flux et Formats et CEO de Carrefour Taïwan). Resté deux ans à la tête de Carrefour Belgique, celui-ci se voit reprocher son manque d’implication dans la restructuration de 2018.

Une distance justifiée, en interne, par le fait que le plan de transformation appliqué en Belgique était déjà dans les cartons avant l’arrivée de Guillaume de Colonges. "Ce plan a été élaboré par quatre personnes, sous la houlette de la directrice des ressources humaines (Sonia Frey, partie depuis lors) et du secrétaire général Geoffroy Gersdorf. Il a été présenté à Alexandre Bompard (le CEO du groupe) quelques mois avant l’annonce officielle de janvier 2018", dit une source bien informée.

Ouvert au dialogue

Avec François-Melchior de Polignac, les syndicats retrouvent un interlocuteur qu’ils jugent plus ouvert au dialogue. "On ne l’a pas beaucoup vu parce que le dialogue social était laissé au DRH, mais il prenait le temps de dresser une fois par an un état des lieux avec les syndicats et d’écouter leurs remarques", dit Delphine Latawiec, permanente du secteur commerce à la CNE (CSC).

Le nouveau patron de Carrefour Belgique ne débarque en tout cas pas en terre inconnue. À 46 ans, François-Melchior de Polignac a en outre derrière lui une carrière déjà bien remplie.

Arrivé chez Carrefour en 2000, il s’y est forgé une solide expérience, occupant d’abord des fonctions telles que responsable des fusions et acquisitions ou chef de projet avant de se tourner vers l’opérationnel. Directeur des hypermarchés, directeur opérationnel, il a aussi dirigé la division supermarchés, tantôt en France, tantôt en Pologne, avant de devenir CEO de Carrefour Roumanie puis de diriger la filiale belge.

Aujourd’hui, le contexte est différent. En 2013, il était appelé à succéder au "sauveur de Carrefour Belgique", Gérard Lavinay. Mais aujourd’hui, sa fonction ne s’arrête pas aux frontières du pays. Comme son prédécesseur, François-Melchior de Polignac est désormais directeur exécutif pour l’Europe du Nord et de l’Est (Belgique, Pologne, Roumanie) et est membre du comité exécutif du groupe. Une fonction qu’il exerce depuis Bruxelles, où il s’est réinstallé.

 

Concurrence féroce
"La Belgique est un marché très complexe car il est très mature, très compétitif et multilingue", nous disait François-Melchior de Polignac en 2015. Question concurrence, il sera servi. Quatre ans plus tard, le hard discount (Aldi, Lidl) est monté en puissance et les enseignes néerlandaises Albert Heijn et Jumbo se sont installées.

Immersion linguistique
Dès son arrivée en Belgique en 2013, François-Melchior de Polignac s’est lancé dans l’étude et la pratique du néerlandais. "Il se forçait à parler néerlandais avec son assistante", dit un ex-Carrefour. "Une interview en néerlandais, ce sera pour la prochaine fois", a-t-il dit en 2015 à nos confrères du Tijd. Parti assumer d’autres fonctions, il n’a sans doute pas eu le temps de parfaire sa pratique. Patience donc…

Un homme de terrain
Lors de son premier passage chez nous, le nouveau patron de Carrefour Belgique s’est fait une réputation d’homme de terrain. "Il lui arrivait d’aller ‘en stoemelings’ en magasin pour discuter", dit un connaisseur de la maison. "C’est avant tout un épicier, pas un banquier", renchérit un ancien de Carrefour Belgique.

 

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