Gary Cohn, le favori de Trump pour diriger la Fed

Gary Cohn, conseiller économique de Donald Trump, est pressenti pour remplacer Janet Yellen à la tête de la Réserve fédérale américaine, selon des informations de Politico.

La banque centrale américaine pourrait bientôt changer de visage. Et prendre celui de Gary Cohn, l’actuel chef du Conseil économique national (NEC) à la Maison-Blanche. Selon le journal Politico, Donald Trump n’envisagerait pas de reconduire Janet Yellen à la tête de la Réserve fédérale. Son mandat court jusqu’en 2018, mais d’après les informations du site américain, le président lui préférerait l’ancien numéro deux de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Le profil
  • Né en 1960, il a grandi à Cleveland dans l’Ohio
  • Diplômé de l’American University en 1982, il commence par vendre des fenêtres et par travailler dans la sidérurgie
  • En 1990, il rentre chez Goldman Sachs. Il y dirige la division de courtage des obligations, des devises et des matières premières
  • Il est nommé directeur général délégué de la banque d’affaires en 2006
  • Fin 2016, il prend la tête du Conseil économique national à la Maison Blanche

Janet Yellen, partisane d’une régulation financière solide et plutôt proche des démocrates, a souvent servi de cible au candidat Donald Trump. S’il l’a d’abord accusée de conserver des taux d’intérêt trop bas pour servir les démocrates, il est ensuite revenu sur ses déclarations, pour dire qu’il "l’appréciait et la respectait". Mais depuis, le président a semble-t-il encore changé d’avis. "Ça sera Gary s’il le veut, et je crois qu’il le veut", a déclaré à Politico un républicain qui participe au processus de sélection du futur patron de la Fed.

Vétéran de Wall Street

Issu d’un milieu modeste, ce grand gaillard aux épaules carrées et au crâne dégarni, a pour l’instant les faveurs du président. Mais sa nomination, comme le rappelle Politico, pourrait vite être remise en question si Gary Cohn ne parvient pas à mener correctement les réformes de Donald Trump. Il doit notamment, aux côtés du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, lui aussi un ancien de Goldman Sachs, mettre en place la réforme fiscale et les baisses d’impôts promises par le président.

Ce vétéran de Wall Street, marié et père de trois enfants, apparaît régulièrement sur les plateaux de télévision pour s’exprimer sur la santé des marchés financiers et de l’économie. Ce trader, décrit par certains de ses collègues comme agressif, à la fois son plus gros défaut et sa plus grande qualité de son propre aveu, a gravi les échelons rapidement chez Goldman Sachs, pour accéder au poste de numéro deux de la banque d’affaires. Adepte de la dérégulation et des taux bas, "sur le papier, Cohn possède les deux qualités dont Trump a besoin pour la présidence de la Fed", explique dans une note le cabinet Beacon Policy Advisor. Si Gary Cohn veut accéder à la tête de la Réserve fédérale, il devra partager la vision économique du président. Ce qui n’est pas vraiment le cas de l’actuelle présidente de la Fed. Car si Donald Trump est convaincu que les baisses d’impôts entraîneront une croissance suffisante pour financer le déficit, Janet Yellen, elle, reste sceptique face à un tel pari.

Mais les positions de Gary Cohn pourraient se heurter aux républicains les plus conservateurs, avec en première ligne Steve Bannon, conseiller du président. Pourtant, selon un assistant parlementaire républicain cité anonymement dans Politico, sa nomination ne devrait pas provoquer de trop fortes résistances. "Il serait facilement confirmé, explique l’assistant parlementaire. La plupart des élus républicains l’apprécient." Peut-être parce qu’il compte dans son cercle d’amis Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, et Ivanka Trump, sa fille.

Il rêvait de Wall Street

Pour obtenir son premier poste à Wall Street, il a dû mentir. Il a repéré un trader dans la rue, a partagé un taxi avec lui, et lui a fait croire qu’il connaissait le métier. Il a réussi à le convaincre de lui donner du travail.

Un parcours scolaire compliqué

Gary Cohn a souffert de dyslexie dans sa jeunesse, un trouble de la lecture qui a rendu ses années d’étude difficiles. À l’école, ses professeurs et camarades de classe le décrivaient comme un "idiot".

 

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