Giuseppe Conte: un CV de douze pages à la tête de l'Italie

Un professeur de droit, avocat à la Cour de cassation, a été désigné par le M5S et la Ligue pour être le prochain Premier ministre italien.

"Giuseppe Conte aura un rôle très ambitieux à jouer. Celui de lutter contre l’hypertrophie normative de l’État et de réorganiser l’existant." Ainsi Luigi Di Maio présentait-il, au mois de mars dernier, au cours d’un rassemblement du M5S, le Professeur Conte.

Pas encore candidat officiel au poste de président du Conseil, cet universitaire de 54 ans, considéré comme un homme réfléchi, prudent et rationnel, savait toutefois déjà qu’il allait jouer, en cas de victoire électorale, un rôle significatif dans l’exécutif à venir du M5S.

Le profil
  • Giuseppe Conte est né en 1964 à Volturara Appula, dans la province de Foggia.
  • En 1988, il obtient son diplôme de droit, à l’université La Sapienza.
  • En 2013, il est nommé membre du prestigieux Conseil de présidence de la justice administrative.
  • En 2014, il refuse la proposition d’adhérer au M5S.
  • En mars 2018, il est présenté par le M5S comme étant, en cas de victoire électorale, un possible ministre du futur gouvernement.

Enfant du Sud, Conte est né en 1964 à Volturara Appula, une petite ville dans la partie rurale des Pouilles. De sa terre natale, il a conservé le langage, sévère et solennel à la fois. Même avant les élections législatives du 4 mars dernier, Conte expliquait, de sa voix chaude et légèrement éraillée, qu’en cas de participation au gouvernement, il aurait "collaboré dans une logique d’esprit de service pour, notamment, diffuser une culture de la légalité". Et il avait souligné que "tous ceux auxquels une responsabilité publique a été confiée ont le devoir de l’exercer avec discipline et honneur".

Or, Conte, qui aime se définir comme "un juriste indépendant", n’a aucune expérience en politique. Contacté il y a quatre ans par le M5S, qui le priait de faire partie du Mouvement, il avait initialement refusé. Sa carrière, sa profonde sensibilité de gauche et "son honnêteté intellectuelle" (n’ayant, alors, encore jamais voté pour le Mouvement), n’ont pourtant que retardé son allégeance à cette nouvelle formation, que Conte considère comme "un merveilleux et incroyable laboratoire politique".

Dans son domaine – le droit privé –, Conte est considéré comme un véritable expert, dont le CV, de douze pages, s’articule autour d’innombrables expériences nationales et internationales.

Yale, Sorbonne...

10€ le message

Maître de la synthèse, Conte suggérerait à tous ses interlocuteurs, notamment à ses étudiants, de lui écrire "comme si un message coûtait dix euros: ça vous aidera à canaliser votre pensée."

Profil libéral

Selon la presse italienne, le profil "libéral" de Conte serait déjà évident sur son compte WhatsApp, où figure la célèbre phrase de l’ancien président américain J. F. Kennedy: "Tout accomplissement commence par la décision d’essayer."

Diplômé en 1988 de la prestigieuse université romaine, La Sapienza, Conte est aujourd’hui professeur à Florence et dans la capitale, à l’université Luiss.

Il a étudié à la fois aux États-Unis, dans le temple de l’excellence universitaire, Yale; en France, à l’université Paris-Sorbonne, à Vienne, New York et Cambridge. Après avoir bénéficié d’une bourse du Conseil national de la recherche, il a œuvré au sein de l’Agence spatiale italienne.

Conte est aussi considéré comme un "intellectuel du droit". Il codirige la collection de la maison d’édition Laterza, consacrée aux grands "Maîtres du droit", et fait partie de la Commission "Culture" de Confindustria (la Confédération générale de l’industrie italienne).

En 2013, il fait un autre grand bond en avant dans sa carrière de juriste: nommé par le Parlement, il devient membre du Conseil de présidence de la justice administrative de la péninsule, organisme dont l’actuel Président italien, Sergio Mattarella, a aussi fait partie.

Cette expérience commune a probablement fait tomber les dernières réticences du chef de l’État qui, selon les indiscrétions, lui aurait préféré un candidat "politique", avec une solide expérience au gouvernement, et jouissant d’une légitimité forgée par la confrontation directe avec les urnes.

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