Herman Van Holsbeeck, un après-Anderlecht en eaux troubles

Interpellé ce jeudi matin dans le cadre d’une instruction ouverte pour blanchiment et association de malfaiteurs au cabinet du juge Claise, l’ancien manager général d’Anderlecht sera fixé sur son sort ce vendredi.

Déjà entendu puis laissé libre il y a moins d’un an, en octobre 2018, dans le cadre du "Footballgate", cette enquête tentaculaire qui visait particulièrement les agents de footballeurs Mogi Bayat et Dejan Veljkovic, Herman Van Holsbeeck passe à nouveau par la case commissariat. Interpellé ce jeudi matin à son domicile, l’ancien manager du Sporting Anderlecht, 64 ans, a, pour la première fois, passé une nuit en garde à vue. C’est ce vendredi qu’il connaîtra son sort et saura s’il est inculpé ou non par le juge d’instruction Michel Claise, dans le cadre d’un tout autre dossier. Jusqu’ici, l’homme est hors de cause. Mais les enquêteurs ont de nombreuses questions à lui poser autour de transferts suspects aux yeux du parquet fédéral.

Le profil
  • 1954: Naissance à Bruxelles.
  • 1983: Fin de sa carrière de joueur à Bierbeek.
  • 1995: Après 12 années comme entraîneur, il devient secrétaire au RWD Molenbeek.
  • 2003: Il devient manager général du RSC Anderlecht.
  • 2015: Il orchestre le transfert d’Alexsandar Mitrovic d’Anderlecht à Newcastle.
  • 2018: Il est démis de ses fonctions par le nouveau patron Marc Coucke.
  • Septembre 2019: Interpellé dans le cadre de l’enquête sur le transfert de plusieurs joueurs.

Difficile retraite pour celui qui a régné sur la politique sportive du principal club du pays durant quinze ans, de 2003 à 2018, succédant au mythique Michel Verschueren. Bruxellois de naissance, il a connu une besogneuse carrière de footballeur puis d’entraîneur, évoluant dans de modestes clubs bruxellois, à Louvain ou Ostende. C’est au mitan des années 1990 qu’il passe du terrain aux bureaux, devenant avec succès le manager du RWD Molenbeek puis du KSK Lierse. C’est en 2003 que Roger Vanden Stock le débauche pour en faire l’architecte de sa politique sportive. Désormais au volant d’une Ferrari, Van Holsbeeck saura éviter la sortie de route malgré quelques dérapages pas toujours maîtrisés. Il est aussi celui qui poussera le Sporting vers une fièvre acheteuse – et vendeuse –, faisant évoluer ses effectifs à toute vitesse dans ce monde du football post-arrêt Bosman, devenu pré carré des tout puissants agents.

Un certain succès sportif

Interrogé ce jeudi, Étienne Davignon, membre du conseil d’administration du club, ne mâche pas ses mots. "Il y a l’Herman Van Holsbeeck régulier et puis tout ce qu’on apprend aujourd’hui. Il avait tous les signes extérieurs d’un fidèle du club, d’un homme rationnel. Il avait plutôt bonne réputation, dévoué au club et à la famille. Son crédit était plutôt élevé. Mais maintenant, on ne sait plus", tranche l’homme d’État et homme d’affaires. Concernant l’agent Christophe Henrotay, aujourd’hui écroué, dont Van Holsbeeck était réputé proche? "On sait quelle part du gâteau prenaient les agents, on trouvait qu’elle était considérablement élevée mais on nous disait qu’on ne pouvait pas faire autrement. Compte tenu du coût pour le club, ces agents ne nous étaient pas forcément agréables", tance Étienne Davignon.

Il est devenu… agent

Depuis mars 2019, près d’un an après son licenciement, Herman Van Holsbeeck s’est enregistré comme agent de joueurs auprès de l’Union belge, derrière sa firme MMEL Sports Company. "Je n’ai pas encore de clients, car je ne fais que commencer", expliquait-il alors au Nieuwsblad.

Malgré quelques transferts malheureux, la politique sportive de Van Holsbeeck a été couronnée d’un certain succès avec huit titres de champion de Belgique en quinze ans. Certaines de ses opérations se sont même révélées juteuses pour le club – mais pas que, estime la Justice –, comme les ventes de Mitrovic ou Tielemans, transferts aujourd’hui scrutés de près.

Des coups fumants…

Durant ses quinze années comme manager général du club anderlechtois, Van Holsbeeck a su réussir de fameux coups sportifs et financiers. Hormis les cas Mitrovic et Tielemans, on retiendra les recrutements réussis de Nicolas Frutos, Lucas Biglia, Mbark Boussoufa ou Dieumerci Mbokani.

 

Depuis 2018, les soucis s’accumulent pour le sexagénaire. Mis à la porte par le nouveau patron Marc Coucke, il est en procédure d’arbitrage contre son ex-club après avoir demandé, sans l’obtenir, une prime de départ. Contacté, le porte-parole du club n’a pas voulu faire de commentaire. Étienne Davignon résume: "Cette affaire est née avec l’ancienne administration et ne concerne pas la nouvelle." Herman Van Holsbeeck est maintenant seul avec ses questions – et celles des enquêteurs.

… et des échecs fumeux

 C’est le jeu, dira-t-on, Herman Van Holsbeeck a aussi connu de gros échecs de recrutement.On listera ainsi le Roumain Nicolae Stanciu, flop à 9,8 millions d’euros (record du club) parti la queue entre les jambes.Mais aussi Marko Marin ouRonald Vargas. 

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