Hope Hicks, la protégée de Trump, quitte le navire

La directrice de la communication de la Maison-Blanche part. Le président Trump perd ainsi une alliée proche et fiable à un très mauvais moment.

En dehors du cercle familial, c’était la personne la plus proche de Donald Trump. Mais le président américain, qui considérait Hope Hicks un peu comme sa fille, devra bientôt se passer de ses précieux services. La directrice de la communication de la Maison-Blanche a en effet annoncé mercredi qu’elle quitterait bientôt ses fonctions.

Hicks sera le cinquième pilote de la communication du président Trump à quitter le navire. Jason Miller, premier directeur de la communication, avait démissionné en décembre 2016, en pleine transition entre l’administration Obama et celle du président élu, Donald Trump. Suivirent Sean Spicer, Mike Dubke, Anthony Scaramucci, puis Hicks.

Le profil
  • Née le 21 octobre 1988, a grandi à Greenwich (Connecticut).
  • Fait des études d’anglais à la Southern Methodist University de Dallas.
  • Engagée par l’agence de communication new-yorkaise Hiltzik Strategies.
  • Embauchée en 2014 par la Trump Organization.
  • Rejoint l’équipe de campagne de Donald Trump au printemps 2015.
  • Débute à la Maison-Blanche comme directrice de la communication stratégique. Devient directrice de la communication en juillet 2017.

Ce départ est différent toutefois. Hicks avait une réelle influence sur Trump. Tantôt conseillère, tantôt confidente, elle défendait le président bec et ongles, mais savait aussi lui dire quand il allait trop loin. En plus, ce départ intervient au moment où plusieurs proches conseillers de Trump, dont son beau-fils Jared Kushner, se sont vu retirer leur accréditation spéciale à la Maison-Blanche et ont ainsi perdu l’accès aux documents classés top secrets. Il tombe également alors que l’étau de l’enquête de Bob Mueller sur les soupçons de collusion entre Moscou et la campagne Trump se resserre autour du président. Enfin, le voilà obligé de se reposer sur quelqu’un d’autre pour gérer ses relations avec les médias alors que les élections de mi-mandat approchent à grand pas (novembre).

Russiagate

Pourquoi, dès lors, Hicks a-t-elle décidé d’annoncer maintenant son départ? À la Maison-Blanche, on dit que cela n’a rien à voir avec son témoignage de mardi devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants dans le cadre de l’une des enquêtes parlementaires sur le "Russiagate". La jeune femme a été mise sur le gril pendant quasi 9 heures et aurait refusé de répondre à plusieurs questions au sujet de l’administration Trump. Elle aurait toutefois admis avoir, à l’occasion, dit de "petits mensonges", mais pas concernant l’enquête du FBI…

Elle est cependant bien dans le collimateur de Mueller pour le rôle qu’elle aurait joué dans l’élaboration d’un projet de communiqué visant à masquer la vraie raison d’une réunion entre un des fils Trump et une avocate proche du Kremlin à l’été 2016.

Hicks a également été mouillée dans l’affaire Rob Porter, cet ancien conseiller de Trump poussé le mois dernier à la démission après que ses deux ex-femmes l’eurent accusé de maltraitances. Hicks, qui a eu une relation avec Porter, aurait orchestré le soutien que la Maison-Blanche lui avait témoigné dans un premier temps.

Mais la presse américaine rapportait également jeudi que la jeune femme se plaignait d’être épuisée depuis quelques semaines et aurait dit avoir fait le tour du sujet à Washington. Quoi qu’il en soit, la presse traditionnelle américaine se montrait inhabituellement conciliante à l’égard d’une proche de Trump dans sa couverture du départ de Hicks. C’est surtout l’image d’une bosseuse discrète et fidèle qui transparaissait, même si le Washington Post lui reprochait de "laisser accéder ses journalistes préférés au bureau ovale". Le Post écrit aussi qu’elle tentait d’influencer certains journalistes dans leur couverture du président. Un reproche qui pourrait être fait à beaucoup d’autres directeurs de communication dans le monde de la politique…

D’abord Ivanka

Hope Hicks avait d’abord été remarquée par Ivanka Trump pour qui elle travaillait par l’intermédiaire de l’agence de communication Hiltzik Strategies. En 2014, Ivanka Trump décide de l’embaucher pour vanter sa ligne de vêtements. Hicks s’occupe alors également de communication au niveau des activités immobilières de la Trump Organization. Quelques mois plus tard, elle rejoignait sa campagne.

Successions

Hicks n’est pas encore partie que les rumeurs vont bon train sur sa succession. Mercedes Schlapp aurait la cote. C’est elle qui avait succédé à Hicks au poste de directrice de la communication stratégique de la Maison Blanche l’été dernier. Cette quadragénaire, fille d’immigré cubain, avait participé aux campagnes présidentielles de George W. Bush en 2000 et 2004.

Mannequinat

Adolescente, Hope Hicks a fait un passage éclair dans le monde du mannequinat. Elle pose à 14 ans pour une publicité Ralph Lauren aux côtés de sa grande sœur et signe peu après un contrat avec la Ford Modeling Agency. Elle sort du métier au moment de ses études universitaires.

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