Howard Schultz, un patron engagé

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Howard Schultz, le président exécutif du conseil d’administration de Starbucks, quitte l’aventure des macchiato et latte. Il a décidé d’écrire un livre sur l’impact social de Starbucks et donner une autre direction à sa carrière… politique peut-être.

De Starbucks à la Maison Blanche? Le président exécutif du conseil d’administration de Starbucks, Howard Schultz, a annoncé son départ de l’entreprise. Si le patron de 64 ans ne dit pas qu’il va se présenter à la présidentielle américaine, certains lui prêtent pourtant des ambitions politiques et voient en lui un potentiel candidat démocrate pour 2020. Car le patron a laissé planer le doute pour justifier son départ, qui sera effectif le 26 juin. "L’une des choses que j’ai envie de faire dans le prochain chapitre de ma vie est de déterminer s’il y a un moyen pour moi de rendre à la communauté ce qui m’a été donné", a-t-il déclaré au New York Times, puis d’ajouter:

J’ai l’intention d’examiner diverses options et ceci peut inclure le service public. Je suis encore loin d’avoir pris une décision sur l’avenir.

Fibre sociale

CV Express
CV Express
  • Né en 1953 à New York.
  • Sort diplômé de l’université du Michigan en 1975.
  • Rejoint Starbucks en 1982 en tant que directeur commercial.
  • En 1983, il découvre les cafés italiens lors d’un voyage à Milan et souhaite exporter le concept aux Etats-Unis.
  • Quitte brièvement l’entreprise en 1986 à cause d’un désaccord avec les propriétaires puis monte sa propre entreprise Il Giornale.
  • En 1987, il rachète les parts des propriétaires de Starbucks.
  • En 2008, il ferme 600 cafés Starbucks aux Etats-Unis et supprime 12.000 emplois.
  • Élu "Business Person of the Year" par le magazine américain Fortune en 2011.
  • Le 3 avril 2017, il cède les rênes opérationnelles du groupe Starbucks à Kevin Johnson, son numéro 2, et ne garde que le titre de président exécutif du conseil d’administration.

Mais les spéculations vont bon train dans la presse américaine, car Howard Schultz est reconnu pour ses prises de position engagées, aussi bien politiques qu’économiques. Celui qui a transformé la simple épicerie locale de Seattle en une multinationale de 28.000 cafés présents dans près de 77 pays à travers le monde, n’abandonne jamais ses principes ou ses idées. Il n’a d’ailleurs pas hésité à démissionner de Starbucks dans les années 80 – avant de racheter l’entreprise en 1987 – incapable de convaincre les patrons de l’époque de transformer les cafés en "espresso bars", un concept découvert lors d’un voyage à Milan.

En 2011, alors sacré "homme d’affaires de l’année" par Fortune, Howard Schultz s’affiche en couverture, dans une pose décontractée en jean et pull, avec un bracelet en tissu bleu, blanc et rouge au poignet. Ce bracelet est en fait l’emblème de son initiative "Créer des emplois aux Etats-Unis" lancée la même année. Pour protester contre les dysfonctionnements récurrents à Washington et l’inaction politique face à la dette publique, il appelle à l’été 2011 les patrons américains à suspendre leur soutien financier aux campagnes électorales. Environ 150 managers participent au mouvement.

28.000
cafés
Starbucks, c'est 28.000 cafés dans 77 pays

♦ Parmi ses autres faits d’armes philanthropiques, on peut citer pêle-mêle: son soutien apporté aux salariés américains réclamant une augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure; la création d’un programme visant à partager les bénéfices de cafés de quartiers défavorisés avec la population locale; sa promesse de recruter 10.000 réfugiés dans les cinq prochaines années, pour protester contre le décret anti-immigration de Donald Trump; ou encore la formation antiracisme organisée cette année pour ses employés après l’arrestation injustifiée de deux noirs dans un café Starbucks.

Enfance modeste

L’enfant modeste de Brooklyn – il a dû vendre son sang pour payer ses études dans une université du Michigan – rappelle aussi volontiers ses origines. Il en joue même devant la télévision américaine et raconte que son père, chauffeur-livreur, s’est fait licencier sans indemnités après un accident de travail. Une des raisons pour lesquelles les 200.000 salariés de Starbucks bénéficient d’une assurance-maladie, un avantage plutôt rarissime aux Etats-Unis. Et certainement pour toutes ces raisons, malgré son départ de Starbucks, Howard Schultz sera fait président honorifique du groupe.

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